Amédée, Jérôme Langlois

1819 - 1902

Informations générales
  • Né le 7 janvier 1819 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 25 septembre 1902 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Seine
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 5 mars 1876 au 25 juin 1877
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche républicaine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871, député de 1876 à 1885, né Paris le 7 janvier 1819, fils du peintre d'histoire Jérôme-Marie Langlois (1789-1838), il se destina à la marine, entra à l'Ecole navale, et fut nommé aspirant en 1838 et enseigne de vaisseau en 1841.

En 1847, il fut appelé dans les bureaux du ministère de la Marine comme secrétaire de la commission de révision du règlement général des bâtiments de la flotte; il donna sa démission en 1848 pour s'occuper de journalisme politique et surtout d'économie sociale. Très lié avec Proudhon, il collabora à son journal le Peuple du 1er septembre 1848 au 13 juin 1849, et partagea les opinions du célèbre polémiste. M. Langlois, qui se déclarait alors partisan d'une République démocratique et sociale, fut porté, en mai 1849, à Paris, sur la liste du parti avancé comme candidat à l'Assemblée législative : il réunit, sans être élu, 105,000 voix.

Compromis, comme publiciste, dans l'affaire du Conservatoire des Arts et Métiers, il fut arrêté le 13 juin, aux bureaux du Peuple, traduit devant la Haute-Cour de Versailles, et condamné, le 13 novembre, à la déportation. Rendu à la liberté, il assista Proudhon à ses derniers moments (26 janvier 1865), et se chargea de la publication de ses livres posthumes en qualité d'exécuteur testamentaire. Dans les dernières années de l'Empire, il fréquenta assidûment les réunions publiques électorales, où sa parole saccadée et son allure fougueuse lui valurent une bruyante notoriété, fit partie de l'Association internationale des travailleurs, et se distingua au Congrès de Bâle, en 1869, par son ardeur à combattre le communisme, conformément aux théories individualistes de Proudhon. Le 12 juillet 1870, il protesta contre la guerre contre la Prusse, à la tête d'une manifestation que la police dut disperser par la force.

Au 4 septembre, il fut aussi des premiers à réclamer dans les rues la déchéance de l'empereur. Devenu aussitôt chef du 116e bataillon de la garde nationale, il prit une part active à la défense de Paris, fut cité à l'ordre du jour de l'armée, et, promu lieutenant-colonel du 18e régiment de marche, reçut une blessure grave à l'attaque de Buzenval (janvier 1871); il fut, pour sa conduite dans cette journée, décoré de la Légion d'honneur.

Aux élections du 8 février 1871, le « colonel Langlois », porté sur plusieurs listes républicaines, fut élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le 25e sur 43, par 95,851 voix (328,970 votants, 547,858 inscrits). Il prit parti contre l'insurrection communaliste du 18 mars, et ce fut lui que les maires et députés de Paris désignèrent comme commandant des gardes nationales de la Seine, pour tenir tête aux forces du comité central. Mais jugeant la résistance impossible, M. Langlois donna sa démission dès le 19 au matin, et se rendit à Versailles, où il remplit, auprès de l'amiral Saisset, les fonctions de chef d'état-major.

A l'Assemblée, il siégea à gauche, repoussa les préliminaires de paix, vota contre les Prières publiques, contre l'abrogation des lois d'exil, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée et parut plusieurs fois à la tribune : son discours contre la loi sur l'Internationale fut particulièrement remarqué. Mais l'influence de M. Thiers, dont il fréquentait assidûment la maison, atténua de plus en plus la « nuance » politique de M. Langlois, qui mit dès lors son emportement habituel au service des idées les plus modérées. Il fit partie de plusieurs commissions, entre autres de celle du budget, préconisa en matière financière le système d'un impôt « sur tous les revenus » que la majorité repoussa, et parla sur les impôts nouveaux, sur la loi de recrutement, etc. Il se prononça avec beaucoup de vivacité contre le ministère du 24 mai 1873, contre le septennat, la loi des maires, l'état de siège, et, à la fin de la législature, adopta l'amendement Wallon et l'ensemble des lois constitutionnelles.

Après avoir refusé la candidature dans le département de Seine-et-Marne, M. Langlois se porta simultanément, aux élections législatives du 20 février 1876, dans le 7e arrondissement de Paris et dans la 2e circonscription de Pontoise. Il obtint à Paris 3,068 voix et se désista en faveur de M. Frébault, candidat radical; à Pontoise, il fut élu au second tour de scrutin, le 5 mars, par 5,628 (10,729 votants, 13,627 inscrits), contre 4,961 voix à M. Brincard, bonapartiste. Inscrit aux deux groupes de la gauche et de l'Union républicaine, il appartint à la majorité et fut des 363.

Réélu, comme tel, le 14 octobre 1877, par 7,522 voix (12,427 votants, 14,303 inscrits), contre 4,794 à M. Brincard, candidat officiel, M. Langlois reprit sa place à gauche, s'associa à tous les votes de la majorité, fut presque chaque année membre de la commission du budget qui lui confia plusieurs fois la rédaction et la défense du rapport sur le budget de la guerre, et parla sur la loi concernant les aumôniers militaires, sur la proposition du service de trois ans, sur la création d'un port à la Réunion, sur le service hospitalier militaire, etc.

Les élections du 21 août 1881 le renvoyèrent à la Chambre, avec. 8,558 voix (10,754 votants, 15,142 inscrits), contre 256 à M. Brincard. M. Langlois soutint la politique opportuniste, vota pour les ministères Gambetta et J. Ferry, contre le ministère Freycinet, dont il critiqua à la tribune la politique extérieure, et adopta les crédits du Tonkin. Membre de la majorité qui avait voté les conventions avec les chemins de fer, il protesta en séance (juillet 1883) contre les imputations de M. Laisant, de l'extrême gauche, qui avait accusé plusieurs députés d'avoir accepté des pots-de-vin.La carrière parlementaire de M. Langlois prit fin avec cette législature.

Porté, le 4 octobre 1885, sur la liste opportuniste de Seine-et-Oise, il échoua avec 25,974 voix (119,995 votants), et reçut en compensation (décembre 1885) le titre et les fonctions de percepteur du 18e arrondissement de Paris.