Paul, Emile Lenglé

1836 - 1906

Informations générales
  • Né le 19 décembre 1836 à Fresnes-sur-escaut (Nord - France)
  • Décédé le 15 octobre 1906 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 25 juin 1877
Département
Haute-Garonne
Groupe
Appel au peuple
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Haute-Garonne
Groupe
Appel au peuple

Biographies

Député de 1876 à 1881, né à Fresnes (Nord) le 19 décembre 1836, fils d'un ancien préfet de l'Empire, il débuta dans la carrière administrative comme chef du cabinet de son père, puis fut successivement auditeur au conseil d' Etat, sous-préfet de Commercy, secrétaire général de la préfecture d'Indre-et-Loire et sous-préfet de Saint-Gaudens.

Il occupait ce dernier poste à la révolution du 4 septembre ; il donna immédiatement sa démission, pour se consacrer à des travaux politiques et littéraires. Bonapartiste militant, il publia, en 1871, sous ce titre : Lettres à un député, une brochure où il contestait à l'Assemblée le pouvoir constituant : « Reportez-vous, disait-il, comme je l'ai fait, aux circonstances qui ont précédé les élections du 8 février, et vous reconnaîtrez que ces élections ont été dominées par deux seuls sentiments : le besoin de paix qui s'imposait à tous, et qui, malgré les difficultés créées aux électeurs par le vote au chef-lieu de canton, a fait affluer au scrutin tous les habitants de nos campagnes; le désir de rendre la France à elle-même, en l'arrachant aux périls à travers lesquels l'avaient jetée les ambitions impuissantes qui, sous un prétexte de défense nationale, s'étaient arrogé le pouvoir. » Il y affirmait aussi le principe de l'appel au peuple. La même année il publiait un poème intitulé: Nos pères ! (1792-1804). En 1872, il faisait paraître sous ce titre : De la République à l'Empire, trajet direct en 20 heures, une nouvelle brochure, ou il s'efforçait de répondre, sous une forme originale, aux griefs formulés contre l'Empire.

Candidat impérialiste aux élections du 20 février 1876, dans la 1re circonscription de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), il fut élu député par 8,234 voix (15,664 votants, 20,208 inscrits), contre 7,101 à M. Thévenin, républicain. Il s'était déclaré favorable à « la politique conservatrice du maréchal de Mac-Mahon, notre meilleure sauvegarde contre les passions anti-sociales dont le triomphe entraînerait la perte des deux plus précieux de nos biens : l'ordre et la paix. » Il ajoutait : « Vous savez que je ne suis pas républicain », et indiquait encore l'Appel au peuple comme le seul moyen propre à fonder un « pouvoir fort et durable ». M. Lenglé siégea dans le groupe bonapartiste de la chambre, et soutint, contre les 363, le gouvernement du Seize-Mai.

Réélu, avec l'appui de ce gouvernement, le 14 octobre 1877, par 9,320 voix (17,077 votants, 20,370 Inscrits), contre 7,630 à M. Thévenin, républicain, il reprit sa place dans la minorité impérialiste, avec laquelle il opina, jusqu'à la fin de la législature:

- contre les ministère Dufaure et J. Ferry,
- contre l'amnistie,
- contre l'élection de .M. J. Grévy à la présidence de la République, etc.

Il parut plusieurs fois à la tribune, intervint dans la discussion de l'élection de M. de Biliotti à Orange, posa une question au garde des sceaux sur la révocation de M. Godelle, avocat général à la cour de Cassation, parla encore sur les chemins de fer, sur l'enseignement supérieur, sur les pensions des officiers, sur le budget, développa (1880) une interpellation relative à la conversion de la rente 5 p. 100, combattit les vues de M. de Freycinet, président du conseil, relativement à l'amnistie, se rallia à la politique particulière du prince Jérôme Napoléon, donna (novembre 1880) sa démission de membre du groupe de l'Appel au peuple, déposa (janvier 1881) une proposition de révision de la Constitution avec ce programme : responsabilité du président de la République, ministres pris en dehors des Chambres, élection des sénateurs par le suffrage universel, ratification des lois constitutionnelles par le peuple, et se montra, en toute occasion, l'adversaire du gouvernement.

Le 21 août 1881, il échoua avec 6,077 voix contre 9,969 à l'élu républicain, M. Bougues. M. Lenglé s'est occupé activement depuis, en dehors du parlement, de propagande bonapartiste, dans l'intérêt du prince Jérôme-Napoléon, dont il est un des familiers. Il adhéra en 1888 au mouvement boulangiste, au nom d'un groupe de « bonapartistes républicains » qui le considèrent comme leur chef.


Né le 19 décembre 1836 à Fresnes (Nord), mort à Paris le 15 octobre 1906.

Député de la Haute-Garonne de 1876 à 1881. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 95.)

Au moment de la crise boulangiste, Lenglé qui est un des chefs du parti bonapartiste s'enrôle sous la bannière du général. En décembre 1888, une partie du comité qui soutient celui-ci craint que Boulanger ne se soit trop compromis avec les orléanistes : Lenglé suggère alors de s'adresser au prétendant bonapartiste. Ce projet n'aboutit pas. Curieusement d'ailleurs, c'est avec l'aide de Dillon, le trésorier d'opinion royaliste de Boulanger, que Lenglé, au début de 1889, acquiert Le Pays et La Souveraineté nationale, tous deux journaux bonapartistes.

Le 27 janvier 1889, au soir de l'élection triomphale de Boulanger dans la Seine (245.236 voix contre 162.875 à Jacques, le candidat du gouvernement) Lenglé avec Déroulède et Thiebaud presse en vain le général de s'emparer de l'Elysée.

L'aventure boulangiste marqua la fin de l'activité de Lenglé qui disparut de la scène politique. Il devait décéder à Paris le 15 octobre 1906.

Date de mise à jour: décembre 2017