Marie, Edmond Valentin

1822 - 1879

Informations générales
  • Né le 27 avril 1822 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 31 octobre 1879 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 10 mars 1850 au 2 décembre 1851
Département
Bas-Rhin
Groupe
Montagne
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 7 février 1875 au 7 mars 1876
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche républicaine

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 30 janvier 1876 au 31 octobre 1879

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1850 et en 1875, sénateur de 1876 à 1879, né à Strasbourg (Bas-Rhin) le 27 avril 1822, mort à Paris le 31 octobre 1879, il suivit la carrière militaire.

Sergent-major en février 1848, il parvint au grade de sous-lieutenant. Il servait, en cette qualité, au 6e bataillon de chasseurs à pied, lorsqu'il dut à ses opinions nettement républicaines d'être élu par les démocrates du Bas-Rhin le 10 mars 1850, représentant du peuple à la Législative, le 3e sur 5, par 55,161 voix (97,491 votants, 137,531 inscrits) ; il s'agissait de remplacer cinq représentants de ce département condamnés par la haute cour de Versailles pour l'affaire du 13 juin.

M. Valentin prit place à la Montagne, vota avec la minorité démocratique, se prononça énergiquement contre la politique de l'Elysée, fut arrêté dans la nuit du 2 décembre 1851, et inscrit en tête de la première liste de représentants bannis. Il se retira en Angleterre, devint professeur à l'Ecole d'application d'artillerie et de génie de Woolwich, et rentra en France au mois de mai 1870.

Le 4 septembre 1870, au soir, il accompagna M. Floquet pour mettre les scellés sur les portes de la salle des séances du Sénat, et fut nommé préfet du Bas-Rhin par le gouvernement de la Défense nationale, qui « s’en rapportait à son énergie et à son patriotisme pour aller occuper son poste. » Il arriva le 7 septembre dans le Bas-Rhin, où il organisa des expéditions de francs-tireurs, parvint à franchir les lignes ennemies, et pénétra le 19 septembre à Strasbourg, après avoir franchi à la nage, sous le feu croisé de l'ennemi et de la place, la rivière de l'Ill et les fossés des fortifications. Il proclama la République, et prit possession de son poste. Il ne put empêcher le général Uhrich de capituler le 27 au soir, fut arrêté par ordre du général de Werder, au mépris des conditions stipulées, et détenu pendant trois mois et demi en Allemagne dans les casemates de la forteresse d'Ehrenbreitstein.

Rendu à la liberté au moment de l'armistice, il fut nommé, le 6 février 1871, préfet du Rhône et commissaire extraordinaire de la République, en remplacement de M. Challemel-Lacour démissionnaire. Aux élections du surlendemain pour l'Assemblée nationale, il fut candidat républicain dans le Bas-Rhin, mais il n'obtint que 45,106 voix (101,741 votants). Comme préfet du Rhône, il soutint la politique républicaine modérée de Thiers, et contribua, à la tête des troupes, à réprimer (mars et avril) l'insurrection communaliste de la Guillotière. Toutefois la presse monarchique l'attaqua avec une grande vivacité, lui reprochant d'avoir usé trop modérément de la victoire. Le 24 janvier 1872, il fut remplacé comme préfet de Lyon par M. Pascal. M. Valentin refusa la place de trésorier-payeur que lui offrait, à titre de compensation, le gouvernement de Thiers, fut nommé, le 10 février suivant, commandeur de la Légion d'honneur, reçut peu après, au conseil de l'Ecole d'application de Woolwich, une pension de retraite exceptionnelle, et se fixa à Versailles.

Le 7 février 1875, les électeurs de Seine-et-Oise appelés à nommer un représentant en remplacement de M. de Pourtales, décédé, élurent M. Valentin, comme candidat républicain, par 56,226 voix (103,910 votants, 142,152 inscrits), contre 42,227 à M. Arrighi de Padoue. La lutte avait été des plus vives. M. Valentin siégea à gauche, et vota pour les amendements Wallon et Pascal Duprat et pour l'ensemble des lois constitutionnelles.

Le 30 janvier 1876, il fut élu sénateur du Rhône par 175 voix sur 329 votants. Il suivit au Sénat la même ligne politique qu'à l'Assemblée nationale, vota avec le groupe de la gauche républicaine, notamment contre la dissolution de la Chambre (juin 1877), pour le ministère Dufaure, et mourut le 31 octobre 1879.

Date de mise à jour: septembre 2017