Achille, Arthur, Armand Testelin

1814 - 1891

Informations générales
  • Né le 6 janvier 1814 à Lille (Nord - France)
  • Décédé le 21 août 1891 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Nord
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 2 juillet 1871 au 7 mars 1876
Département
Nord
Groupe
Union républicaine

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 15 décembre 1875 au 21 août 1891

Biographies

Représentant en 1849, en 1871, et membre du Sénat, né à Lille (Nord) le 6 janvier 1814, il servit d'abord comme chirurgien militaire, puis se fit recevoir docteur à Paris en 1837, et alla exercer sa profession dans sa ville natale.

Républicain militant sous le règne de Louis-Philippe, et lié avec Delescluze, il fut nommé, après février 1848, commissaire de la République dans le Nord, devint conseiller général, et se présenta, le 13 mai 1849, comme candidat du parti républicain avancé à l'Assemblée législative dans ce département; il fut élu, le 24e et dernier, par 76,755 voix (183,521 votants, 290,196 inscrits). Il prit place à gauche, dans les rangs de la minorité démocratique, et vota avec la Montagne, contre l'expédition romaine, contre la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, contre la loi restrictive du suffrage universel. Il combattit énergiquement la politique de l'Elysée, protesta contre le coup d'Etat du 2 décembre 1851, et fut alors expulsé de France.

Réfugié à Bruxelles, il s'y établit comme médecin, rentra à Lille à l'amnistie de 1859, reprit l'exercice de sa profession, collabora aux journaux de l'opposition, et fut réélu conseiller général du Nord en 1867. Nommé, le 6 septembre 1870, préfet du Nord, puis, le 30 septembre, commissaire de la Défense nationale dans les départements de l'Aisne, du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, il déploya dans ce poste de réelles qualités administratives et seconda utilement les opérations militaires du général Faidherbe.

Pendant la Commune, le gouvernement de Thiers utilisa les anciennes relations de M. Testelin avec Delescluze pour essayer de détacher ce dernier du parti communaliste; M. Testelin échoua dans cette mission, dont il fut question à l'Assemblée lors de la vérification des pouvoirs du nouveau représentant du Nord; en effet, après avoir obtenu, le 8 février 1871, 64,438 voix seulement, sur 262,927 votants, M. Testelin fut élu, le 2 juillet suivant, représentant du Nord, en remplacement de Thiers optant pour la Seine, par 137,146 voix (208,885 votants, 325,463 inscrits). Il s'inscrivit au groupe de l'Union républicaine et prit plusieurs fois la parole à l'Assemblée : la vivacité de ses discours et surtout de ses interruptions provoqua parfois d'orageux incidents. Il se mêla notamment aux débats sur la loi pour la répression de l'ivresse, sur celle du recrutement de l'armée, sur celle du monopole des allumettes, sur le projet relatif à l'enseignement de la médecine, sur le travail des enfants dans les manufactures, sur les facultés de médecine, sur la loi électorale, et vota:

- contre la pétition des évêques,
- contre le pouvoir constituant de l'Assemblée,
- contre le service de trois ans,
- contre la démission de Thiers,
- contre le septennat,
- contre le ministère de Broglie,
- pour l'amendement Wallon,
- pour les lois constitutionnelles;

il s'était abstenu sur l'admission à titre définitif des princes d'Orléans dans l'armée.

Le 15 décembre 1875, il fut élu sénateur inamovible par l'Assemblée nationale, le 60e sur 75, avec 339 voix (676 votants). Il suivit à la Chambre haute la même ligne politique que précédemment, et parut encore plusieurs fois à la tribune, où il continua de se distinguer par l'ardeur de ses polémiques et de ses reparties. On remarqua particulièrement son intervention dans la discussion du projet de loi sur les insectes nuisibles et la protection des oiseaux utiles (février 1878). Adversaire du gouvernement du 16 mai, il se prononça contre la dissolution de la Chambre des députés, prit une part active aux mesures de résistance prises par les gauches sénatoriales, repoussa l'ordre du jour Kerdrel, et soutint le cabinet Dufaure. Il appuya et vota les lois relatives à l'état de siège, au colportage, à l'amnistie des délits de presse, opina pour l'article 7 de la loi Ferry sur l'enseignement supérieur, eut, au cours de la discussion, une altercation assez violente avec M. Jules Simon, et vota encore:

- pour les ministères Gambetta et J. Ferry,
- pour la réforme du personnel judiciaire,
- pour le rétablissement du divorce,
- pour les crédits de l'expédition du Tonkin,
- pour l'expulsion des princes,
- pour la nouvelle loi militaire.

En janvier 1887, il fut membre du comité fondateur de l'Association de propagande républicaine, et se prononça en dernier lieu,

- pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889),
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- pour la procédure de la haute cour contre le général Boulanger.

Membre, pour le canton sud-ouest de Lille, et président du conseil général du Nord, membre de plusieurs sociétés savantes, M. Testelin a collaboré aux Annales d'oculistique, au Bulletin médical du Nord, et a traduit de l'anglais le Traité pratique des maladies des yeux de Mackenzie (1843).


Né le 6 janvier 1814 à Lille (Nord), mort le 21 août 1891 à Paris.

Représentant du Nord en 1849.

Représentant du Nord en 1871.

Sénateur inamovible de 1875 à 1891.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V p. 387.)

Le 15 juillet 1889, Armand Testelin intervenait sur la proposition de loi concernant les candidatures multiples. Nommé membre suppléant de la commission d'instruction de la Haute Cour le 27 janvier 1890, il prenait la parole sur le projet de loi concernant le code rural ainsi que sur le projet de loi portant création d'une école du service de santé de la marine et, en mars de la même année, sur le régime des raisins secs et des raisins frais.

Ce fut sa dernière intervention à la tribune. Il se rendit encore au Sénat la veille de sa mort, le 21 août 1891. Il avait 77 ans.