Marc dit Saint-Marc-Girardin

1804 - 1873

Informations générales
  • Né le 22 février 1804 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 11 avril 1873 à Morsang-sur-seine (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Haute-Vienne
Groupe
Centre
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Haute-Vienne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846
Département
Haute-Vienne
Groupe
Majorité conservatrice
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 1er août 1846 au 24 février 1848
Département
Haute-Vienne
Groupe
Majorité conservatrice
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 11 avril 1873
Département
Haute-Vienne
Groupe
Centre droit

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1834 à 1839 et de 1842 à 1848, représentant en 1871, né à Paris le 22 février 1801, mort à Morsang-sur-Seine (Seine-et-Oise) le 11 avril 1873, « fils d'Antoine-Barthélemy Girardin, marchand de draps, et de Thérèse-Julie Réverard », il fut un brillant élève du collège Napoléon, se destina de bonne heure à l'enseignement, et fit son droit, en même temps qu'il obtenait, au concours de 1823, le grade d'agrégé des classes supérieures.

Déjà un Eloge de Lesage, récompensé en 1822 par l'Académie française, l'avait fait avantageusement connaître, lorsque son Eloge de Bossuet lui valut le prix d'éloquence (1827). La même année, il fut chargé de la classe de seconde au collège Louis-le-Grand, et débuta comme journaliste dans les Débats par un article non signé sur les troubles de la rue Saint-Denis : cet article fit du bruit et M. Saint-Marc Girardin dut s'en avouer l'auteur.

En 1828, il partagea avec Philarète Chasles une nouvelle récompense académique pour son Tableau de la littérature française au XVIe siècle.

Il voyagea en Italie, puis en Allemagne, passa trois mois à Berlin, où il connut Hegel, et revint à Paris au moment de la révolution de Juillet. Le nouveau gouvernement l'appela bientôt à la Sorbonne. Chargé d'abord de remplacer Guizot comme professeur d'histoire à la faculté des lettres, et nommé maître des requêtes au conseil d'Etat, il se vit confier, en 1834, la chaire de poésie française à la faculté des lettres. « Sa parole facile, épigrammatique et vibrante, dit un contemporain, fut attentivement écoutée et applaudie avec transport par la jeunesse ». L'année précédente, il avait reçu du pouvoir la mission de parcourir l'Allemagne méridionale : « Je vous prie, disait la lettre du ministre, de visiter spécialement les gymnases ou écoles intermédiaires destinés à donner une instruction qui tient le milieu entre celle des écoles primaires et celle des collèges. »

Le rapport qu'il rédigea sous ce titre : De l'instruction intermédiaire et de son état dans le midi de l'Allemagne, fut publié en deux volumes. La description et l'analyse, l'histoire et l'appréciation y sont intimement mêlées. Quant à l'opinion personnelle de l'auteur, elle se résumait dans ces lignes : « Le défaut de notre éducation actuelle, c'est qu'elle est trop spéciale, trop exclusive. Elle est bonne pour faire des savants, des hommes de lettres, des professeurs qui ne soient pas des théologiens : c'est ce qu'il fallait faire au quinzième et au seizième siècle. Mais aujourd'hui il nous faut aussi des marchands, des manufacturiers, des agriculteurs : notre éducation ne semble point propre à en faire. » Et M. Saint Marc Girardin concluait à la nécessité d'une instruction intermédiaire, « quelque chose de plus que l'éducation primaire, et quelque chose pourtant qui ne fût pas l'éducation classique ».

Elu, le 21 juin 1834, député du 4e collège de la Haute-Vienne (Saint-Yrieix) par 97 voix (167 votants, 185 inscrits), contre 61 à M. Gondinet, il prit place au centre et vota constamment avec la majorité gouvernementale.

Sa compétence spéciale l'indiqua au choix de la majorité comme rapporteur de la commission chargée d'examiner le projet de loi officiel sur l'enseignement secondaire. Ce projet, qui devait servir de complément à la loi du 28 juin 1833 sur l'enseignement primaire, donnait la liberté d'enseigner, mais en l'entourant de restrictions propres à sauvegarder l'indépendance de la société civile. Saint-Marc-Girardin lut son rapport à la séance du 14 juin 1836. Il s'efforçait de tenir la balance égale entre les partisans de l'Université telle que Napoléon l'avait conçue, et les avocats de la liberté telle que l'Eglise la réclamait. Sur un point important, la commission et le rapporteur se trouvaient en désaccord avec le gouvernement, à savoir sur le caractère qu'il convenait d'attribuer aux petits séminaires. Le ministre entendait leur maintenir le rang d'établissements publics, soumis au contrôle de l'Etat ; le projet de la commission en faisait au contraire des établissements d'éducation privée. La discussion sur la loi proposée occupa douze séances du 14 au 29 mars 1837 ; MM. de Tracy, Lambert, Guizot, Saint-Marc Girardin y prirent une part active. Le paragraphe 26 du titre II qui maintenait les bourses dans les collèges royaux, autorisant et les départements et les communes à en instituer dans les collèges communaux, valut au rapporteur un succès de tribune assez vif. Enfin la Chambre adopta, mais à une majorité de 29 voix seulement, l'ensemble du projet de loi, qui, d'ailleurs, ne survécut point au cabinet et ne fut pas soumis à la Chambre haute.

Réélu député, le 4 novembre 1837, par 118 voix (192 votants, 229 inscrits), Saint-Marc-Girardin fut nommé, vers la même époque, membre du conseil royal de l'instruction publique, et conseiller d'Etat en service extraordinaire. Il combattit la coalition, cessa, en 1839, de faire partie de la Chambre, et y rentra le 9 juillet 1842, avec 131 voix (227 votants, 251 inscrits), contre 92 à M. Coralli, député sortant.

Il obtint encore le renouvellement de son mandat, le 1er août 1846, par 174 voix (202 votants, 271 inscrits).

Dévoué jusqu'au bout à la politique conservatrice, il fut plusieurs années de suite rapporteur de l'Adresse, rédigea celle qui « flétrissait » les pèlerins légitimistes de Belgrave-Square, et prit fréquemment la parole sur la question d'Orient. Aux journées de février 1848, le Journal des Débats annonça que parmi les membres du gouvernement projeté in extremis par Louis-Philippe, figurait M. Saint-Marc-Girardin comme titulaire du portefeuille de l'Instruction publique ; mais l'avortement de cette combinaison éloigna M. Saint-Marc-Girardin de la vie politique.

Il garda son influence au Journal des Débats et ses fonctions dans l'Université, échoua, le 1er juin 1863, comme candidat indépendant au Corps législatif dans la 2e circonscription de la Haute-Vienne, avec 3 255 voix, contre 25 411 à l'élu officiel, M. Calley-Saint-Paul, et fit avec quelque succès à Paris des conférences littéraires (1869).

Il reparut sur la scène politique le 8 février 1871, comme représentant de la Haute-Vienne à l'Assemblée nationale, élu, le 1er sur 7, par 413 850 voix (62 174 votants, 87 375 inscrits). Il siégea au centre droit, fut nommé vice-président de l'Assemblée (août 1871), prit la direction d'un groupe, fraction du centre droit, qui, dans le but de constituer le parti conservateur, joua un rôle des plus actifs dans le renversement de Thiers, fit partie de la commission chargée de rester en rapport avec les négociateurs des préliminaires de paix, et figura au nombre des délégués de la droite qui invitèrent Thiers à se rallier à une politique conforme aux vues de la majorité (20 juin 1872). À propos de cette manifestation, baptisée irrévérencieusement du nom de « manifestation des bonnets à poil » dans le Journal des Débats, il se sépara de ce journal (28 juin 1872) pour entrer au Journal de Paris, vota :

- pour la paix,
- pour les prières publiques,
- pour l'abrogation des lois d'exil,
- pour le pouvoir constituant de l'Assemblée,
- contre la dissolution.

Il mourut à Morsang-sur-Seine d'une attaque d'apoplexie. Il fut remplacé le 11 mai suivant, comme représentant de la Haute-Vienne, par M. Georges Périn.

Saint-Marc-Girardin était entré à l'Académie française en 1844, à la place de Campenon. Il collaborait depuis 1869 au Journal des Savants, où il avait remplacé Sainte-Beuve.

On a de lui, outre les ouvrages cités et un grand nombre d'articles donnés à la Revue des Deux-mondes :

- des Notices politiques et littéraires sur l'Allemagne (1834) ;
- un Cours de littérature dramatique, ou de l'Usage des passions dans le drame (1843) ;
- Essais de littérature et de morale (1844) ;
- Souvenirs et voyages (1862) ;
- La Fontaine et les fabulistes (1867) ;
- Jean-Jacques Rousseau, sa vie et ses ouvrages (1875), etc.