Marc, Thomas, Eugène de Goulard

1808 - 1874

Informations générales
  • Né le 28 novembre 1808 à Versailles (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 4 juillet 1874 à Versailles (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 2 août 1845 au 6 juillet 1846
Département
Hautes-Pyrénées
Groupe
Centre
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 1er août 1846 au 24 février 1848
Département
Hautes-Pyrénées
Groupe
Centre
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 10 mars 1850 au 2 décembre 1851
Département
Hautes-Pyrénées
Groupe
Droite orléaniste
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 4 juillet 1874
Département
Hautes-Pyrénées
Groupe
Centre droit

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1845 à 1848, représentant en 1850-51 et en 1871, ministre, né à Versailles (Seine-et-Oise) le 28 novembre 1808, mort à Versailles le 4 juillet 1874, il étudia le droit et s'inscrivit en 1830 au barreau de Paris.

Propriétaire dans les Hautes-Pyrénées, il obtint (2 août 1845), du 3e collège de ce département (Bagnères), la succession à la Chambre des députés de M. Gauthier d'Hauteserve, démissionnaire, par 121 voix (131 votants). Il siégea au centre, dans la majorité conservatrice, fut réélu le 1er août 1846, par 114 voix (115 votants, 165 inscrits), et soutint jusqu'au bout le gouvernement de Louis-Philippe. Un début très brillant à la tribune lui valut de figurer dans le Livre des orateurs de M. de Cormenin.

Rentré momentanément dans la vie privée à la révolution de février, il fut élu à l'Assemblée législative, le 10 mars 1850, en remplacement du représentant Deville, condamné pour l'affaire du 13 juin 1849, et comme représentant des Hautes-Pyrénées, par 27,391 voix sur 50,351 votants et 69,361 inscrits, contre 22,291 voix à M. Deville fils: il prit place à droite, demeura attaché à l'ancien parti orléaniste, et se montra, dans les derniers temps de la législature, très opposé à la politique particulière du prince-président.

Il protesta contre le coup d'Etat, subit au 2 décembre 1851 une courte détention à Mazas, et se tint durant tout l'Empire à l'écart de la politique. Il y rentra, le 8 février 1871, les conservateurs des Hautes-Pyrénées l'ayant choisi le 1er sur 5, par 32,720 voix (42,776 votants, 67,003 inscrits), pour leur représentant à l'Assemblée nationale. Il s'inscrivit d'abord au centre droit. Ami de Thiers, il mit à la disposition du chef du pouvoir exécutif sa compétence dans les questions commerciales, et fut chargé de diverses négociations diplomatiques avec l'Allemagne, notamment de résoudre, comme plénipotentiaire, les difficultés relatives aux tarifs douaniers, qui entravaient la signature du traité de Francfort. Il s'acquitta de cette tâche à la satisfaction du gouvernement, et bientôt fut nommé au poste de ministre de France à Rome, auprès du roi Victor-Emmanuel (10 novembre 1871).

Mais cette nomination fut à peine suivie d'effet, car M. de Goulard fut presque aussitôt rappelé à Paris pour succéder (6 février 1872) à M. Victor Lefranc comme ministre de l'Agriculture et du Commerce; M. Victor Lefranc passait à l'Intérieur. Lorsque les incidents du procès Janvier de la Motte eurent amené la démission de M. Pouyer-Quertier, ministre des Finances, M. de Goulard fut choisi (5 mars) pour remplir l'intérim de ce département, dont il devint peu après le titulaire (23 avril- 6 décembre 1872). C'est sous son administration (fin juillet 1872) qu'eurent lieu les opérations de l'emprunt national de trois milliards qui fut couvert plus de quatorze fois.

Membre et président du conseil général des Hautes-Pyrénées pour le canton d'Arreau, M. de Goulard déclara, en cette qualité, lors de l'ouverture de la session d'août 1872, qu'il était du devoir de tout bon citoyen de travailler à la consolidation de la République conservatrice, « à laquelle, dit-il, nous devons tous appartenir. » A l'Assemblée nationale, M. de Goulard oscilla entre le centre droit et le centre gauche. Malgré son adhésion d'ailleurs timide à la forme républicaine, il accepta, le 7 décembre 1872, de succéder, comme ministre de l'Intérieur, à M. Victor Lefranc, dont la démission avait été imposée à Thiers par la commission des Trente. M. de Goulard conserva ce portefeuille jusqu'au 17 mai 1873, et, soucieux avant tout de désarmer, en la satisfaisant dans la plus large mesure, la majorité monarchiste de l'Assemblée, il prit à l'égard des républicains des mesures sévères telles que la destitution de plusieurs fonctionnaires, l'interdiction du pétitionnement pour la dissolution, etc. Quelques jours avant sa chute, Thiers ayant essayé de former avec des membres du centre gauche un nouveau cabinet, M. de Goulard ne le suivit pas dans cette voie et céda la place à M. Casimir Périer.

Il avait été élu, puis réélu vice-président de l'Assemblée nationale. Il soutint le gouvernement du 24 mai, vota pour l'état de siège, pour la loi des maires, et, après le renversement de M. de Broglie (16 mai 1874), fut un moment chargé par le maréchal de Mac-Mahon de constituer un ministère; mais il ne put y parvenir. Quelques semaines plus tard, il mourut à Versailles, d'une maladie de cœur.

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