Jacques Chevallier

1911 - 1971

Informations générales
  • Né le 15 novembre 1911 à Bordeaux (Gironde - France)
  • Décédé le 13 avril 1971 à El-biar (Algérie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 23 janvier 1951
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 27 janvier 1952 au 1er décembre 1955
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 15 décembre 1911 à Bordeaux (Gironde)
Décédé le 13 avril 1971 à Alger-el-Biar (Algérie)

Député d'Alger de 1946 à 1951 et de 1952 à 1955
Secrétaire d'Etat à la Guerre du 19 juin 1954 au 20 janvier 1955
Ministre de la Défense nationale du 30 janvier au 23 février 1955

Jacques Chevallier, né le 15 décembre 1911 à Bordeaux, fait ses études à la Faculté de droit d'Alger. Après sa licence en droit il fait comme son père carrière dans l'industrie. De 1941 à 1943 il est le jeune maire d'El-Biar. Le débarquement en Afrique du Nord permet à l'ancien élève d'un collège de la Nouvelle-Orléans de nouer des relations avec les Américains. Il devient, pour deux ans, le chef des services de liaison du contre-espionnage français en Amérique. En 1945, les responsabilités politiques le rappellent en Algérie où il est élu Conseiller général d'Alger. En novembre 1946, il est le cinquième de la liste du Rassemblement républicain et d'union algérienne qui regroupe tous les candidats modérés du département d'Alger. 103 668 voix sur 156 571 suffrages exprimés se portent sur le Rassemblement qui obtient cinq sièges, le sixième revenant au candidat communiste (37 293 voix). Il est nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches, de la Commission du travail et de la Sécurité sociale, de la Commission des moyens de communication et du tourisme, de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, de la Commission supérieure des allocations familiales, de la Commission chargée de proposer des mesures de grâce amnistiante en Algérie en 1947 et de la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France entre 1933 et 1945. Il figure sur la liste des jurés à la Haute Cour de justice. Jacques Chevallier dépose plusieurs propositions de loi tendant à favoriser les régimes des pensions des officiers invalides, des veuves et des cadres de l'administration. Il demande que les condamnations des enfants délinquants ne figurent pas au casier judiciaire.

Se définissant comme « Algérien », Jacques Chevallier intervient surtout sur les questions relatives à l'Afrique du Nord, montrant les problèmes spécifiques des propriétaires de logements, rapidement dégradés dans ces régions et sous ce climat, dont les droits devraient être respectés dans la nouvelle législation sur la répartition des charges. Il tente de protéger les musulmans d'Algérie qui ont pris parti pour la France. Aussi, en 1947, lui semble-t-il inutile d'annuler les élections du second collège ou de rendre obligatoire l'enseignement de l'arabe. Il se félicite de l'extension de la protection et de la Sécurité sociale à l'Algérie. Il n'hésite pas en 1950 à mettre en garde contre la propagande de l'U.R.S.S. Hostile en 1947 au statut adopté pour l'Algérie, il donne sa démission de député le 23 janvier 1951, pour siéger à l'Assemblée algérienne sous l'étiquette R.P.F. Le 27 janvier 1952, une élection partielle consécutive à la démission de Colonna d'Istria, un député R.P.F. lui permet de revenir à l'Assemblée. En dépit d'un fort pourcentage d'abstentions (52 %) il est brillamment élu sous l'étiquette de Républicain indépendant (72 337 voix contre 16 876 à son adversaire communiste).

Jacques Chevallier est nommé membre de la Commission de l'Intérieur puis de la Commission de la marine marchande. Rapporteur pour avis du budget de l'Intérieur de 1953, il se prononce pour la municipalisation des fonctionnaires de police lorsque la situation locale le permet. Intervenant sur la question tunisienne en avril 1952, il en appelle à la confiance des deux communautés qui se manifesterait dans une assemblée à caractère paritaire, regrette aussi les interventions extérieures et rend hommage au président Baccouche, chef du gouvernement tunisien. Il rappelle l'importance des réformes sociales dans un pays pauvre où « les masses préfèrent voir leurs jarres pleines de froment plutôt que les urnes pleines de bulletins de vote ». C'est pourquoi la volonté de promotion sociale devrait se traduire par des subventions importantes de la métropole. Il souhaite une harmonisation des législations métropolitaine et algérienne des allocations familiales présentement défavorables aux travailleurs algériens. Maire d'Alger en mai 1953, il y expérimente une politique sociale avec un soin particulier pour le logement qui lui fait confier à l'architecte Fernand Pouillon la construction de H.L.M. de qualité. En 1954, il se prononce pour une parité des deux collèges aux conseils généraux mais il ne souhaite pas qu'elle constitue un préalable pour les conseils municipaux.

Le 19 juin 1954, Jacques Chevallier est nommé Secrétaire d'Etat aux forces armées dans le cabinet de Pierre Mendès-France et il sera ministre de la défense nationale lors du remaniement de 20 janvier 1955. Il répond à ce titre à quelques questions sur l'équipement de l'armée et sur la libération anticipée des hommes mariés du contingent. Il précise que le nom de la nouvelle promotion de l'Ecole de Saint-Cyr ne sera pas « Dien-Biên-Phû » comme il avait été annoncé dans un premier temps, mais « Ceux de Diên-Bien-Phû » en « reconnaissance de la vaillance des troupes de la garnison ».

Peu de temps reste au député d'Alger pour convaincre l'Assemblée de soutenir le combat militaire et de renforcer la vie politique qui devrait rétablir le circuit de confiance entre les deux communautés. Le 13 mai 1958 devait le priver de la mairie d'Alger.



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