Louis, Prosper Desabes

1784 - 1863

Informations générales
  • Né le 20 juin 1784 à Laon (Aisne - France)
  • Décédé le 18 mars 1863 à Azay-le-rideau (Indre-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Aisne
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Aisne
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 12 juin 1842
Département
Aisne
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846
Département
Aisne
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Aisne
Groupe
Centre droit

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1834 à 1846, représentant en 1848, né à Laon (Aisne), le 20 juin 1784, mort à Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire), le 18 mars 1863, il fut notaire à Rozoy-sur-Serre (Aisne), s'occupa aussi de littérature et de poésie, et fut même lauréat de l'Académie.

Conseiller général de l'Aisne, il fut élu, le 14 mai 1834, comme député de l'opposition, dans le 1er collège électoral de l'Aisne (Laon), par 217 voix sur 390 votants et 456 inscrits, contre 78 voix à M. Tribalet et 52 à M. Souef. Son mandat lui fut successivement renouvelé le 4 novembre 1837, par 293 voix sur 450 votants et 569 inscrits; le 2 mars 1839, par 303 voix sur 445 votants et 571 inscrits; le 9 juillet 1842, par 436 voix sur 572 votants et 743 inscrits, contre 108 voix à M. Forquenot.

Il suivit les inspirations de M. Odilon Barrot, et vota avec l'opposition dynastique. Un biographe mentionne de la façon suivante, une intervention de M. Desabes à la tribune en 1835 : « C'était le 1er avril; depuis quinze jours la Chambre s'occupait de la loi sur la responsabilité des ministres et des autres agents du pouvoir; trois séances avaient déjà été employées à la discussion de l'art. 39 de la loi qui devait remplacer l'art. 75 de la Constitution de l'an VIII; la majorité était pressée d'en finir et de faire dire à la Charte un mensonge de plus. Tout à coup un monsieur entre deux âges, à habit bleu aux larges basques, au pantalon de nankin flottant sur des bas de coton blanc, et le nez orné de grosses lunettes à branches d'or, descendit du sommet de la gauche et monta gravement les degrés de la tribune. Un vif étonnement se manifesta sur tous les bancs et chacun demanda à son voisin quel est ce monsieur et que veut-il: Lorsque le président eut dit : M. Desabes a la parole; on ne devina pas davantage de quoi il allait entretenir l'Assemblée. L'honorable représentant de la ville de Laon tira alors de sa poche un tout petit papier, à l'aide duquel il fit connaître à la Chambre qu'il s'était chargé de présenter la réclamation de 95 électeurs de Vervins qui trouvent mauvais de la part de M. le général Horace Sébastiani, à la santé duquel ils s'intéressent beaucoup, d'avoir quitté Naples pour Londres sans les prévenir; il fit part à l'Assemblée que les commettants du général avaient eu la bonhommie de croire sur sa parole de diplomate qu'il était très facile d'être ambassadeur à Naples et en même temps de siéger à la Chambre des députés. Le sang-froid de l'orateur, en faisant cette déclaration fit naître une hilarité sans exemple. » Il obtint un résultat plus pratique : le général Sébastiani, soumis à la réélection ne rentra pas à la Chambre. M. Desabes intervint particulièrement dans les questions de finances.

Il ne se représenta pas aux élections de 1846, mais, en raison de ses antécédents politiques, il fut élu, le 23 avril 1848, représentant de l'Aisne à l'Assemblée constituante, le 12e sur 14, par 53,635 voix sur 130,363 votants et 154,878 inscrits. Il siégea au centre droit, fit partie du comité des finances, et, après l'élection présidentielle du prince L.-Napoléon, se rallia à sa politique. Il vota pour le décret sur les clubs, pour le rétablissement du cautionnement des journaux, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, contre le rétablissement de la contrainte par corps, pour l'abolition de la peine de mort, contre l'amendement Grévy sur la présidence, contre le droit au travail, contre la suppression de l'impôt du sel, pour la proposition Rateau, pour le renvoi des accusés du 15 mai devant la Haute-Cour, pour l'ordre du jour Oudinot, pour l'interdiction des clubs, contre l'amnistie des transportés. Il ne fit pas partie d'autres législatures.

On a de lui un projet de péréquation de l'impôt, et quelques publications sur le revenu foncier, sur la réforme électorale, etc.