Joseph, Guillaume, Fortuné de Laidet

1780 - 1854

Informations générales
  • Né le 6 mars 1780 à Sisteron (Basses-Alpes - France)
  • Décédé le 28 novembre 1854 à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 31 mai 1831
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 25 décembre 1840
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 26 décembre 1840 au 12 juin 1842
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846
Département
Basses-Alpes
Groupe
Opposition dynastique
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Basses-Alpes
Groupe
Gauche modérée
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Basses-Alpes
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1827 à 1846, représentant en 1848 et 1849, né à Sisteron (Basses-Alpes) le 6 mars 1780 « fils légitime de Messire Jean Antoine de Laidet chevalier capitaine d'infanterie chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de dame Marie Anne Françoise des Guisiers des Tourres », mort à Sisteron le 28 novembre 1854, enrôlé volontaire en 1802, il partit avec son bataillon pour Saint-Domingue, courut des dangers dans cette expédition, revint en France en 1804, et fut nommé capitaine dans l'infanterie légère.

En 1812, en Espagne, il devint aide-de-camp du général Dubreton. Sa conduite au siège de Burgos le fit nommer chef de bataillon. Après l'abdication de l'empereur, il se rallia à la Restauration, au point de suivre le roi à Gand en 1815 ; il refusa toutefois de servir contre la France.

Promu lieutenant-colonel en 1816 et colonel du 57e de ligne en 1823, il sollicita bientôt, comme ami du pouvoir, les suffrages des électeurs des Basses-Alpes : le 17 novembre 1827, le grand collège de ce département le nomma député par 90 voix (159 votants, 190 inscrits). « Il avait savouré, écrit un biographe, toutes les sensations du dévouement royaliste ; esprit éminemment mobile, il voulut goûter aux fruits du libéralisme, céda à la tentation, mordit à la grappe, d'une façon peu gourmande d'abord, puis avec un vif appétit, si bien qu'en 1830 il en était au gâteau des 221. »

En effet, M. de Laidet vota le plus souvent avec l'opposition constitutionnelle, il demanda même la suppression des aumôniers des régiments, ce qui le fit tomber en disgrâce. Envoyé à la Martinique, il revint voter, en mars 1830, contre le cabinet Polignac et prit part à l'expédition de Morée : il s'y trouvait lors de la révolution de juillet.

Le 28 octobre 1830, il fut réélu député par 120 voix (161 votants, 225 inscrits), après avoir été fait, le 17 septembre, maréchal-de-camp par le nouveau gouvernement, auquel il s'était rallié. Tout dévoué au ministère, dans les premières années du règne de Louis Philippe, il se fit remarquer lors de l'insurrection républicaine du mois de juin 1832, en enlevant les barricades de la rue Saint-Merri à la tête de gardes nationaux et de soldats réunis près de la rue Grenéta. Plus tard, dans une profession de foi en 1848, M. de Laidet expliquait ainsi cet épisode de sa vie politique : «Je reçus l'ordre de me porter en toute hâte dans la rue Saint-Martin. En y arrivant par les boulevards, mon premier soin fut de renvoyer l'artillerie. Vers quatre heures du soir, je me trouvai au coin de la rue Grenéta, à la hauteur de la mairie du 6e arrondissement, en face des barricades et des autres obstacles que présentait cette rue, de ce point jusqu'à son extrémité, c'est-à-dire jusqu'au quai de Gesvres. Marchant en tête de ma colonne, j'abordai, le premier, les barricades, après avoir, au préalable, ordonné aux soldats qui me suivaient de ne pas tirer un coup de fusil. J'eus le bonheur de terminer sans effusion de sang une lutte inégale, et que le pouvoir avait peut-être trouvée trop courte. Si l'on veut lire les journaux de l'opposition de cette époque, on n'y verra aucun blâme de ma conduite. Le pouvoir, au contraire, fut fort mécontent.»

Le mécontentement du pouvoir ne fut pas éternel. Bien que M. de Laidet, successivement réélu député :

- le 5 juillet 1831, par le 2e collège des Basses-Alpes (Sisteron) avec 93 voix (122 votants, 172 inscrits), contre 25 à M. Gravier ;
- le 21 juin 1834, par 100 voix (172 votants, 202 inscrits), contre 39 à M. Pascalis;
- le 4 novembre 1837, par 129 voix (143 votants, 222 inscrits),
- et le 2 mars 1839, par 119 voix (129 votants),

eût parfois voté avec l'opposition dynastique, il obtint en 1839 une mission en Algérie, et reçut à son retour, le 16 novembre 1840, le brevet de lieutenant-général.

Le général de Laidet fut questeur de la Chambre des députés de 1839 à 1846, ayant encore vu renouveler son mandat législatif, le 26 décembre 1840, à la suite de sa promotion comme divisionnaire, par 142 voix (145 votants), et, le 9 juillet 1842, par 138 voix (144 votants, 230 inscrits). Mais il échoua aux élections du 1er août 1846 et n'obtint que 114 voix contre 172 à l'élu, M. de Laplane. Il avait été admis à la retraite comme général en 1845.

Après la révolution de 1848, le général de Laidet, se déclarant républicain, se fit élire, le 23 avril, représentant des Basses-Alpes à l'Assemblée constituante, le 1er sur 4, par 22,847 voix (38,425 votants, 45,994 inscrits). « Il y a, observait à ce propos le biographe déjà cité, autant de différence entre ses idées et ses actes de 1814, et ses idées et ses actes de 1830 et de 1848, qu'entre un sacristain et un tambour-major, un encensoir et une épée. » M. de Laidet fit partie du comité de la guerre, siégea à la gauche modérée, et vota en général avec les représentants qui se réunissaient au Palais National,

- contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- contre l'abolition de la peine de mort,
- pour l'amendement Grévy,
- contre l'abolition du remplacement militaire,
- contre la proposition Rateau,
- pour le renvoi des accusés du 15 mai devant la Haute-Cour,
- contre l'interdiction des clubs,
- contre les crédits de l'expédition romaine, etc.

Réélu représentant des Basses-Alpes à l'Assemblée législative, le 13 mai 1849, par 14,564 voix sur 26,587 votants, il reprit sa place à gauche, se prononça contre les demandes en autorisation de poursuites dont les représentants de la Montagne furent l'objet, contre la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, etc., et combattit le gouvernement présidentiel de L.-N. Bonaparte. Aussi fut-il, par décret du 9 janvier 1852, expulsé temporairement de France; mais, dès le 7 août suivant, il fut autorisé à rentrer dans sa ville natale, où il termina ses jours.

Fait chevalier de la Légion d'honneur le 23 juillet 1809, il avait été promu au grade d'officier le 19 novembre 1813

Date de mise à jour: août 2013

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