Henri, Aimable, Gaspard de Courtais

1790 - 1877

Informations générales
  • Né le 16 janvier 1790 à Montluçon (Allier - France)
  • Décédé le 10 juin 1877 à Doyet (Allier - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846
Département
Allier
Groupe
Extrème gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 1er août 1846 au 24 février 1848
Département
Allier
Groupe
Extrème gauche
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Allier
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1842 à 1848, représentant du peuple à l'Assemblée constituante de 1848, né à Montluçon (Allier), le 16 janvier 1790, mort à Doyet (Allier), le 10 juin 1877, il servit dans l'armée sous Napoléon Ier et pendant la Restauration, et se retira avec le grade de chef d'escadron de cavalerie et la croix de chevalier de la Légion d'honneur (il était décoré depuis le 5 septembre 1813).

D'opinions démocratiques assez accentuées, il fut élu, le 9 juillet 1842, député du 4e collège de l'Allier (Montluçon) avec 168 voix (272 votants, 362 inscrits), contre 101 à M. Perrot de Chézelles. Son prédécesseur, M. Tourret, l'avait lui-même désigné au choix des électeurs. La lutte fut vive, et M. de Courtais ne l'emporta qu'au second tour de scrutin. Il siégea à l'extrême gauche et vota avec l'opposition: contre l'indemnité Pritchard, pour l'exclusion des fonctionnaires et employés de la liste civile, pour la réforme électorale, etc.

Réélu le 1er août 1846, par 194 voix (352 votants, 408 inscrits), contre 153 à M. P. de Chézelles, il signa, en 1848, la demande de mise en accusation du ministère Guizot.

Républicain il fut appelé par le gouvernement provisoire, à prendre avec le grade de général, le commandement en chef de la garde nationale de Paris, et fut élu, le 23 avril 1848, représentant de l'Allier à l'Assemblée constituante, le 1er sur 8, par 71,368 voix (72,233 votants, 89,404 inscrits).

Il se trouvait, en cette double qualité, au Palais-Bourbon lors de l'envahissement de l'Assemblée, le 15 mai 1848. L'indécision de son attitude dans cette circonstance lui fit perdre la confiance du gouvernement et de la majorité parlementaire. M. Wolowski achevait à la tribune un discours sur la Pologne, quand tout à coup M. Degousée, questeur de l'Assemblée, accourut et annonça que la salle des séances allait être envahie. « Le commandant en chef de la garde nationale, dit-il, contrairement aux ordres des questeurs, a fait mettre à la garde mobile la baïonnette dans le fourreau... » Comme de nouveaux flots populaires entraient incessamment dans la salle, et que la multitude venue par la rue de Bourgogne, trouvant la grille fermée, s'était mise à l'assiéger avec violence, le général Courtais se flatta de tout apaiser par sa seule présence, et se disposa à haranguer les manifestants. Il dit qu'il briserait son épée plutôt que de jamais la tirer contre le peuple; il pria qu'on se tînt tranquille et déclara que le président de l'Assemblée ayant consenti à recevoir la pétition en faveur de la Pologne des mains de vingt-cinq délégués, on allait leur faire ouvrir les grilles. Mais la harangue du général ne sembla point produire l'effet qu'il en attendait: l'irritation était grande, et à peine la grille fut elle entr'ouverte que la foule s'y précipita, força le passage, renversa le général Courtais qui, monté sur l'entablement, essayait encore de la contenir, et se répandit dans les cours. Un grand désarroi s'ensuivit; le petit nombre de gardes nationaux qui se trouvaient là coururent aux armes. Le général Courtais, ne sachant que faire, se rendit auprès de Lamartine, pour lui demander avis, mais, bien que celui-ci lui eût conseillé de se mettre à la tête des troupes, il continua d'errer au hasard sans se résoudre à rien. Il finit par rentrer dans l'Assemblée vers cinq heures du soir, au moment où la salle venait d'être évacuée par les manifestants. Il donna alors aux gardes nationaux l'ordre de se retirer; mais aussitôt des cris violents éclatèrent parmi les représentants rentrés en séance : « A bas Courtais! Il nous a trahis ! A bas le traître ! » On se jeta sur lui, on lui arracha son épée et ses épaulettes. Heureusement plusieurs représentants s'interposent: MM. de Fitz-James, Flocon, Vieillard le tirent des mains de ses insulteurs, et le font entrer dans la salle de la Bibliothèque où il reste gardé à vue. Cependant M. Léon Faucher propose formellement à la tribune la mise en accusation du général qu'il déclare « traître à la patrie ». Elle est bientôt votée en même temps que celle de Barbés, sur la réquisition du procureur général Portalis.

Destitué par la commission exécutive, M. de Courtais subit un an de détention préventive à la Conciergerie et au Luxembourg: le verdict de la Haute Cour de Bourges lui rendit la liberté, le 2 avril 1849. Il reprit alors sa place à la Constituante, et s'associa aux derniers votes de la gauche, le 18 mai 1849, pour l'abolition de l'impôt sur les boissons, le 26 mai, pour la mise en liberté des transportés. Puis il disparut de la scène politique. En 1871, M. de Courtais fut élu conseiller général de l'Allier pour le canton de Montmarault.