Paul, Marie Laurent dit de l'Ardèche

1793 - 1877

Informations générales
  • Né le 14 septembre 1793 à Bourg-saint-andéol (Ardèche - France)
  • Décédé le 7 août 1877 à Versailles (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Ardèche
Groupe
Gauche
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Ardèche
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1848 et en 1849, né à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche) le 14 septembre 1793, mort à Versailles (Seine-et-Oise) le 7 août 1877, il s'engagea, comme fédéré parisien, en 1815; il étudia le droit en 1816 et exerça à Grenoble (1820), puis à Privas, la profession d'avocat. En même temps il s'occupait de recherches historiques, principalement sur la Révolution dans le Dauphiné.

Séduit par les doctrines saint-simoniennes, il les adopta avec ardeur au début, et les propagea de tout son pouvoir dans le Midi; mais il se sépara de l'école nouvelle en 1832, ne voulant pas approuver les actes du père Enfantin. Deux ans plus tard, l'opposition démocratique le désigna comme un des défenseurs des accusés d'avril. Toutefois il accepta du gouvernement (1840) le poste de juge au tribunal civil de Privas.

Après la révolution de 1848, il fut nommé commissaire de la République dans le département de l'Ardèche, qui l'élut (23 avril) représentant du peuple à l'Assemblée constituante, le 9e et dernier, par 28,759 voix. Il prit alors le nom de Laurent de l'Ardèche. Avec la gauche de l'Assemblée, il vota :

- contre le rétablissement du cautionnement,
- contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- contre le rétablissement de la contrainte par corps,
- pour l'amendement Grévy,
- pour l'abolition du remplacement militaire,
- contre la proposition Rateau,
- pour l'amnistie générale,
- contre l'interdiction des clubs, etc.

En mai 1848, il avait vivement combattu la proposition de la commission du pouvoir exécutif tendant à appliquer à la branche cadette des Bourbons la loi de bannissement perpétuel portée en 1832 contre la branche aînée ; la proposition de la commission fut votée par 632 voix contre 63.

Réélu, le 13 mai 1849, représentant du même département à la Législative, le 1er sur 8, par 35,894 voix (68,890 votants, 105,091 inscrits), il opina d'abord avec la minorité démocratique. Mais le coup d'Etat du 2 décembre 1851 le détermina à renoncer à la vie politique.

M. Laurent de l'Ardèche, qui s'était abstenu de prendre part aux tentatives de résistance des représentants de la gauche, accepta le fait accompli et écrivit dès 1852 dans une brochure intitulée: Coup d'œil philosophique sur la révolution de décembre : « La France était placée entre deux abîmes, la contre-révolution et l'ultra-révolution. Le coup d'Etat est survenu, appuyé sur l'appel au peuple et s'offrant comme le sauveur de la République. Il a réussi par l'intervention irrésistible de la force matérielle. C'était à l'emploi de la force matérielle aussi qu'allaient aboutir fatalement les combinaisons et les machinations respectives de la contre-révolution et de l'ultra-révolution. La majorité victorieuse, c'était une Convention monarchique, portant dans son sein une Restauration, grosse elle-même d'une guerre civile et d'interminables bouleversements. L'insurrection démocratique triomphante, c'était l'avènement dictatorial des hommes et des doctrines du fameux comité de résistance; avènement précurseur de nouvelles révolutions. Dans le premier cas, la République, le suffrage universel, le principe électif, le progrès social étaient sacrifiés aux prétentions dynastiques et aux fureurs réactionnaires. Dans le second cas, tous ces grands intérêts étaient compromis par la prédominance inévitable de la plus fougueuse démagogie. Il y avait place pour un de ces faits qui, à mesure qu'ils tombent de la main du temps, semblent souvent heurter le bon sens, la justice, et réduire l'histoire au jeu de la force ou au désordre de la folie, mais qui, dès qu'un but est atteint, s'alignent à travers l'espace parcouru par les générations et apparaissent comme l'éclatant témoignage de la loi invisible qui régit les sociétés. »

En 1854, M. Laurent de l'Ardèche fut récompensé de son adhésion par le poste de conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, dont il devint, depuis, premier administrateur. Parmi ses nombreux travaux de philosophie et d'histoire, on cite : Résumé de l'histoire du Dauphiné (1825) ; Résumé de l'histoire de la philosophie (1826) ; Histoire de Napoléon (1828), illustrée par Horace Vernet et Hipp. Bellangé ; Du principe d'autorité en politique (1844); Réfutation de l'abbé de Montgaillard (1843); Réfutation des Mémoires du duc de Raguse (1857). M. Laurent de l'Ardèche a collaboré à un grand nombre de journaux : au Globe, à l'Organisateur, feuilles saint-simoniennes, au Producteur (1830), au Progressif du Gard (1834), et à plusieurs publications de propagande. Chevalier de la Légion d'honneur.