Louis, Charles, Alexandre Estancelin

1823 - 1906

Informations générales
  • Né le 6 juillet 1823 à Eu (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 13 avril 1906 à Baromesnil (Seine-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Droite
Régime politique
Second Empire - Corps législatif
Législature
IVe législature
Mandat
Du 6 juin 1869 au 4 septembre 1870
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Centre gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1849, député de 1869 à 1870, né à Eu (Seine-Inférieure) le 6 juillet 1823, fils « d'Alexandre Estancelin, propriétaire et receveur des contributions directes de l'arrondissement d'Eu et de Dame Sophie Bruzen » et neveu de Louis Estancelin qui avait été député sous la monarchie de Juillet, il fit ses études au collège Bourbon et fut nommé, tout jeune, chef de bataillon de la garde nationale.

Le « jeune Estancelin », comme on l'appelait alors, et comme ses adver saires continuèrent de l'appeler beaucoup plus tard, entra dans la diplomatie en qualité de secrétaire d'ambassade. Il était, ainsi que son père, entièrement dévoué à la famille d'Orléans, et ce fut grâce à lui que la duchesse de Montpensier, au 24 février 1848, parvint à quitter secrètement la France.

Conseiller général de la Seine-Inférieure, il fit une vive opposition au gouvernement de la République, et son hostilité à l'égard des institutions démocratiques parut s'accentuer encore dans l'Assemblée législative où l'envoyèrent, le 13 mai 1849, le 12e sur 16, et par 86,685 voix (146,223 votants, 213,301 inscrits), les conservateurs monarchistes de la Seine-Inférieure. M. Estancelin fut un des orateurs les plus fougueux de la droite; il s'associa à tous ses votes, jusqu'au 2 décembre 1851, qui le fit rentrer dans la vie privée : il s'était prononcé contre la politique de l'Elysée et contre le coup d'Etat.

Le parti orléaniste adopta sa candidature au Corps législatif dans la 3e circonscription de la Seine-Inférieure, lors des élections du 1er juin 1863; il réunit 4,957 voix contre 19,839 à M. Corneille, candidat officiel, élu, et 1,769 à M. Guesdon du Lesmont. Il fut plus heureux, le 6 juin 1869, dans la 4e circonscription, et fut élu, mais au deuxième tour, avec 14,486 voix (26,347 votants et 32,199 inscrits), contre le député impérialiste sortant, M. Ledier, qui ne réunit que 11,727 suffrages. M. Estancelin siégea au centre, dans les rangs du tiers-parti, dont il appuya les interpellations et les manifestes.

Au lendemain du meurtre de Victor Noir par le prince Pierre Bonaparte, il se montra opposé, en janvier 1870, à la demande en autorisation de poursuites contre M. Henri Rochefort, et soutint à la tribune, en juillet, la pétition des princes d'Orléans, demandant à être autorisés à rentrer en France (rejeté). Il insistait sur l'adhésion de ces princes « au principe de la souveraineté nationale et à toutes ses conséquences ».

Au moment des premiers revers de la guerre contre la Prusse, il proposa à la Chambre, le 10 août 1870, de se déclarer en permanence; mais la droite trouva la motion trop révolutionnaire. Le 11 août, lorsque le prince de Joinville demanda à prendre du service en France, il appuya cette demande.

Le 4 septembre, il dit : « On va vous proposer de déclarer la vacance du trône : le Corps législatif ne doit pas hésiter à la prononcer. » Nommé commandant supérieur des gardes nationales du département de la Seine-Inférieure, il s'efforça vainement de défendre Rouen contre les Allemands et se retira sur le Havre.

Il se présenta sans succès aux élections de 1871 à l'Assemblée nationale. Il fut à plusieurs reprises, dans son pays natal, le candidat des conservateurs: mais il échoua successivement:

- le 20 février 1876, dans la 1re circonscription de Dieppe, avec 4,933 voix contre 5,553 à M. Lanel;
- le 14 octobre 1877, comme candidat officiel du gouvernement du Seize-Mai, avec 5,581 voix contre 5,803 à l'élu, M. Lanel, député républicain sortant;
- enfin, le 15 juin 1879, dans la 2e circonscription de Dieppe, avec 2,856 voix contre 7,901 accordées a l'élu, M. Trouard-Riolle; il s'agissait de remplacer M. Lebourgeois, décédé.

On a de lui quelques articles de journaux contre le suffrage universel. Chevalier de la Légion d'honneur, du 5 juin 1871.

Date de mise à jour: juin 2016