Jacques, Alexandre Bixio

1808 - 1865

Informations générales
  • Né le 20 novembre 1808 à Chiavarri (Italie)
  • Décédé le 16 décembre 1865 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Doubs
Groupe
Gauche
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Doubs
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant du peuple aux Assemblées constituante et législative de 1848-49, et ministre, né en Italie, à Chiavari (alors département des Apennins), le 20 novembre 1808, mort à Paris, le 16 décembre 1865, il fut envoyé en France de bonne heure et fit ses études au collège Sainte-Barbe. Il étudia ensuite la médecine et fut reçu docteur; mais il n'exerça point et se livra à des publications scientifiques et littéraires.
Doué d'une grande activité et possédant à un haut degré l'esprit des affaires, il commença par participer avec Buloz, à la création de la Revue des Deux Mondes, fonda, en 1837, avec M. Barral, le Journal d'agriculture pratique, auquel tous deux, depuis ont continué de collaborer. En 1844, il reprit, avec M. Ysabeau, la direction de la Maison rustique au XIXe siècle, puis publia l'Almanach du jardinier, l'Almanach du cultivateur, l'Annuaire de l'horticulteur, etc.

Comme presque toute la jeune génération d'alors, Bixio avait adopté les opinions libérales ; il avait été affilié au carbonarisme et était lié avec les chefs principaux de l'opposition, plus particulièrement avec la rédaction du National. Au moment de la révolution de 1848 il présidait le comité électoral du 10e arrondissement de Paris ; le 23 février, défenseur de l'ordre, il se porta à la tête de 200 hommes contre les barricades de la rue Saint-Jacques ; après l'abdication de Louis-Philippe, il se prononça pour la régence, et fut même chargé, a-t-on dit, par les membres les plus modérés du gouvernement provisoire d'aller retirer de l'imprimerie royale la proclamation de la République destinée au Moniteur. Mais, lorsque les événements se furent précipités, Bixio accepta les fonctions de chef du cabinet du gouvernement nouveau ; puis, l'Italie s'étant soulevée contre l'Autriche, il fut envoyé, en qualité de « chargé d'affaires de la République » près la cour de Sardaigne. Il y était encore lorsque le département du Doubs le nomma par 22 849 voix (67 322 votants, 78 670 inscrits) représentant à l'Assemblée constituante. À la nouvelle de la tentative du 15 mai, il envoya au ministre des affaires étrangères une protestation contre les promoteurs de l'envahissement de l'Assemblée, et, prévoyant d'autres événements, sollicita son rappel. Le désir de Bixio ne fut exaucé que dans les premiers jours de juin.
De retour à Paris, il siégea à l'Assemblée dans les rangs de la gauche modérée, prit part avec les députés partisans de Cavaignac à la répression de l'insurrection de juin, qu'il combattit les armes à la main. II se trouvait auprès du général Bedeau, lorsque cet officier fut blessé rue Saint-Jacques et obligé de s'éloigner. Bixio ramena alors à l'attaque les troupes, fort ébranlées par la résistance opiniâtre des défenseurs de la barricade, et à son tour fut frappé d'une balle qui lui traversa la poitrine, La blessure étant moins grave qu'on ne l'avait cru d'abord, Bixio reprit bientôt sa place à l'Assemblée, qui le nomma son vice-président, et le confirma cinq fois de suite dans cette fonction. Bixio vota à la Constituante :

- le 26 août 1848, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière ;
- le 18 septembre, pour l'abolition de la peine de mort ;
- le 25 septembre, contre l'impôt progressif ;
- le 7 octobre, contre l'amendement Grévy ;
- le 21 octobre, pour l'abolition du remplacement militaire (amendement Deville) ;
- le 2 novembre, contre le droit au travail ;
- le 25 novembre, pour l'ordre du jour de félicitations au général Cavaignac ;
- le 28 décembre, contre la réduction de l'impôt du sel ;
- le 12 janvier 1849, pour la proposition Rateau ;
- le 16 avril, pour le crédit de 1 200 000 fr. (expédition de Rome) ;
- le 2 mai, pour l'amnistie des transportés.
Dans le premier cabinet formé par L.-N. Bonaparte, après son avènement à la présidence de la République, Bixio avait accepté le portefeuille de l'Agriculture et du Commerce (20 décembre 1848); il le déposa huit jours après, et fut remplacé (29 décembre) par M. Buffet.
À la séance du 30 mars 1849, sous le coup de l'émotion produite par la nouvelle de la défaite de l'armée piémontaise et du roi Charles Albert, à Novare, Bixio fut chargé par le comité des Affaires étrangères de proposer à l'Assemblée la résolution suivante :
« L'Assemblée nationale, jalouse d'assurer la conservation des deux plus grands intérêts qui lui soient confiés, la dignité de la France et le maintien de la paix fondée sur le respect des nationalités ; s'associant au langage tenu, dans la séance du 28 mars courant, par M. le président du conseil ; confiante, d'ailleurs, dans le gouvernement du président de la République (Bruits divers), déclare que, si, pour mieux garantir l'intégrité du territoire plémontais et mieux sauvegarder les intérêts et l'honneur de la France, le pouvoir exécutif croyait devoir prêter à ses négociations l'appui d'une occupation partielle et temporaire de l'Italie, il trouverait dans l'Assemblée nationale le plus sincère et le plus entier concours. » (Mouvements en sens divers).
Après une longue discussion à laquelle prirent part le ministre des Affaires étrangères Drouyn de Lhuys, MM. Billault, Thiers, Ledru-Rollin, Cavaignac, Odilon Barrot, président du Conseil, et Dupont (de Bussac), l'ordre du jour pur et simple, réclamé par le général Baraguey d'Hilliers fut rejeté, et l'ordre du jour Bixio, appuyé par Jules Favre et amendé par le représentant Payer (des Ardennes), fut adopté à 444 voix de majorité contre 320. (La droite tout entière vota pour l'ordre du jour.)
Réélu par le Doubs à l'Assemblée législative, le 13 mai 1849, avec 31 637 voix sur 52 664 votants et 81 875 inscrits, en même temps que par le département de la Seine, le 14e sur 28, avec 112.917 voix (281 140 votants, 378 043 inscrits), Bixio opta pour le Doubs, vota, comme à la Constituante, avec les républicains modérés, suivit jusqu'au bout l'inspiration de Cavaignac, et ne s'associa pas aux votes de la majorité monarchiste de l'Assemblée. C'est vers cette époque qu'il fit, avec M. Barral, une ascension aérostatique assez périlleuse, et qu'il eut un duel, sans conséquence sérieuse, avec Thiers, au sujet d'un propos attribué à ce dernier, concernant l'élection du 10 décembre.

Au 2 décembre 1851, il fut un des représentants qui se rendirent à la mairie du Xe arrondissement et y prononcèrent la déchéance du prince-président. Il portait le décret à l'imprimerie, lorsque ses collègues furent arrêtés ; il alla aussitôt réclamer sa place parmi eux. Après un mois de captivité, Bixio rentra dans la vie privée, et ne s'occupa plus que de science et d'entreprises industrielles, et notamment de la direction d'une librairie agricole.

À la cérémonie civile de ses obsèques, le 18 décembre 1865, le prince Jérôme-Napoléon, arrivé de Prangins tout exprès dans la nuit, marchait à côté de M. Nigra, ambassadeur d'Italie à Paris.