Audition de Florence PARLY

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Communiqué de presse

Communiqué de presse
Vendredi 18 septembre 2020

 

Audition de Florence PARLY :

« Le contexte politique au Mali n’a pas entamé notre détermination à continuer la lutte contre les groupes armés terroristes qui sévissent dans toute la région » 

 

La ministre des armées, Florence PARLY, a été auditionnée par la commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale le vendredi 18 septembre 2020 sur l’actualité internationale.

Dans ses propos liminaires, la Présidente de la commission, Françoise DUMAS, a félicité les armées au nom de la représentation nationale pour l’opération Amitié déclenchée le 4 août 2020 après la double explosion dans le port de Beyrouth. Cette opération a permis de démontrer une fois de plus la capacité des armées à se mobiliser pour porter secours aux pays amis frappés par des évènements exceptionnels.

Florence PARLY a précisé que l’opération Amitié a mobilisé près de 750 militaires dont plusieurs détachements du génie et des plongeurs de la marine nationale qui ont aidé à dégager de nombreuses épaves des approches sous-marines du port pour permettre aux bateaux d’accoster. Le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre et le groupement terre génie Ventoux sont désormais rentrés.

La ministre a exposé sa vision de la compétition stratégique qui marque le contexte international. Selon elle, la crise sanitaire a constitué un « prétexte commode pour justifier des agissements injustifiables » qui fragilisent un peu plus l’ordre international. Plusieurs puissances ont atteint « un niveau de désinhibition inédit » qui se manifeste par des intimidations publiques, des démonstrations de force, des armes interdites et des stratégies de désinformation.

Florence PARLY a rappelé que la France privilégie la voie du multilatéralisme et qu’à ce titre, l’Europe de la défense constitue le bon niveau de mobilisation pour agir, assurer la sécurité de notre pays et préparer l’avenir de nos capacités militaires. La ministre a d’ailleurs souligné qu’en 2019, 42% des exportations françaises d’armement avaient pour destination des pays européens.  

La Présidente de la commission de la Défense, Françoise DUMAS, s’est félicitée de la décision de la Grèce d’acquérir 18 rafales et a demandé à la ministre des précisions sur un éventuel prélèvement d’aéronefs de l’armée de l’air. La ministre a rappelé que la décision grecque était une excellente nouvelle pour la France et l’industrie française comme pour l’Europe. Elle sera très vigilante sur les modalités de cession de rafales d’occasion en déclarant : « Nous ne laisserons pas faire des prélèvements qui pourraient avoir un impact opérationnel ».

La ministre a ensuite évoqué les différents théâtres d’opérations. La France reste engagée en Irak pour continuer le combat contre Daesh aux côtés des partenaires irakiens, des partenaires kurdes et dans le cadre de la coalition internationale. En Jordanie, les aviateurs continuent d’effectuer des missions de reconnaissance et de renseignement : ils couvrent 25% des besoins en images de la Coalition pour aider à repérer les positions de Daech.

Concernant le Sahel et l’engagement au Mali, la ministre a réaffirmé que les opérations continuaient de même que l’engagement des partenaires européens au côté de la France. La France soutient la médiation de la CEDEAO pour assurer la transition vers des autorités civiles.

Concernant l’actualité récente en Méditerranée, la France privilégie le dialogue à la confrontation mais cela n’exclut pas la fermeté. Son action repose sur 3 principes : la préservation de la libre circulation dans les espaces maritimes, le règlement pacifique et négocié des conflits, le principe de solidarité envers les partenaires notamment européens. Les européens sont déterminés à mettre en œuvre des sanctions si les principes fondamentaux du droit international que sont la liberté de navigation et la reconnaissance de la souveraineté, ne sont pas respectés.

La présidente Françoise DUMAS a invité la ministre à présenter la place de l’industrie de défense dans le plan de relance. Florence PARLY a rappelé que la loi de programmation militaire 2019-2025 constitue un effort budgétaire considérable en matière d’investissements pour des programmes d’armement structurants. Entre 2019 et 2023, 110 milliards d’euros sont injectés pour les équipements, les infrastructures, ainsi que le maintien en condition opérationnelle (MCO), soit l’équivalent en 5 ans d’un plan de relance pour les seules questions de défense. Le ministère n’a pas attendu le plan de relance pour agir : le plan de soutien aéronautique présenté en juin a permis d’anticiper des commandes prévues par la LPM pour un montant de 600 millions d’euros. Et le ministère des armées est aux côtés des industriels grâce notamment à la Task force mise en place par la DGA. La plus grande attention est portée aux grands groupes de l’industrie de défense mais aussi à toute la chaine de sous-traitants.

Françoise DUMAS a rappelé que la commission de la Défense a plaidé dans ses travaux pour une place importante de l’industrie de défense dans les efforts de relance du gouvernement au regard des retours à espérer en terme de croissance économique et d’emplois. Le maillage territorial des grands groupes de défense mais aussi de toute la chaine de sous-traitants, PME et ETI, constitue un atout important pour stimuler l’activité sur l’ensemble du territoire.

La ministre sera auditionnée le 6 octobre prochain dans le cadre des travaux sur le projet de loi de finances 2021.

La vidéo de l’audition est en ligne sur le site de l’Assemblée nationale. La compte-rendu sera prochainement disponible.

 

 

 

 

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