Charles, Augustin Benoist dit Charles-Benoist

1861 - 1936

Informations générales
  • Né le 31 janvier 1861 à Courseulles-sur-mer (Calvados - France)
  • Décédé le 11 août 1936 à Courseulles-sur-mer (Calvados - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine
Groupe
Républicains progressistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Seine
Groupe
Progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Seine
Groupe
Républicain progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 18 octobre 1919
Département
Seine
Groupe
Fédération républicaine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Courseulles-sur-Mer (Calvados) le 31 janvier 1861, mort le 11 août 1936 à Courseulles-sur-Mer.

Député de la Seine de 1902 à 1919.

Charles Benoist appartenait à une famille de marchands et de marins. Il fut envoyé, en 1871, au lycée de Caen ou il fit de brillantes études. Son père le plaça comme clerc chez un officier ministériel caennais mais, manquant d'enthousiasme pour cette carrière, il décida de gagner Paris.

Il y arriva en 1882, spécialement recommandé à Henri Baudrillart qui le garda deux ans comme secrétaire.

En 1886, il publia son premier ouvrage : La politique du roi Charles V, la Nation et la Royauté. Cet heureux essai le fit entrer en relations avec Eugène Yung, directeur de la Revue Bleue qui lui confia une rubrique.

Il aborda, ensuite, le journalisme politique en écrivant dans le Parti national et, enfin, dans la Revue des Familles. Alfred Rambaud, nouveau directeur de la Revue Bleue, lui proposa, d'écrire une série de portraits d'hommes politiques qui parurent d'abord dans la revue sous le pseudonyme de Sybil, puis furent réunis en volumes en 1891 sous le titre de Croquis parlementaires. La qualité de ces articles retint l'attention du directeur du Temps, Adrien Hébrard, qui l'attacha à la rédaction et le chargea de grandes enquêtes à l'étranger : en Italie en 1889-1890 ; en Allemagne, lors de la conférence ouvrière convoquée par Guillaume II en mars 1890 ; en Hollande et en Algérie.

Ces voyages lui inspirèrent un nouvel ouvrage : « Souverains, hommes d'Etat, hommes d'Eglise » qui parut en 1893.

Il entra, la même année, à la Revue des Deux-Mondes qui l'envoya en mission en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Autriche-Hongrie et en Bohême. Il écrivit à son retour, une étude sur le prince de Bismarck, imprimée en 1900.

A la même époque, il publia Sophismes politiques de ce temps dont le succès fut considérable. Il dirigeait aussi la Bibliothèque des Sciences sociales et politiques.

Il fut appelé, en 1895, à professer à l'école des Sciences politiques. Il y occupa la chaire d'histoire constitutionnelle de l'Europe occidentale qu'il devait conserver jusqu'en 1919.

Tout destinait Charles Benoist à la politique : ses études, ses travaux. Cependant, une première tentative aux élections législatives de 1898, dans la 1re circonscription du 6e arrondissement de Paris, fut infructueuse. Il fut battu par André Berthelot.

Il affronta ce même adversaire, dans la même circonscription, aux élections générales suivantes et, après une campagne brillante où sa verve joua un rôle capital, il fut élu le 27 avril 1902, au premier tour de scrutin, par 4.705 voix contre 2.090 à André Berthelot.

Il devint membre des Commissions du suffrage universel, du travail et du règlement. Auteur d'une proposition de résolution invitant le Gouvernement à soumettre à la Chambre un projet de Code du travail (1905), il fut chargé, de rapporter les projets de loi portant codification des lois du travail. Ses interventions furent si nombreuses qu'il serait vain de vouloir les énumérer ici. On doit mentionner, cependant, la part importante qu'il prit à la défense des congrégations enseignantes (1902, 1903, 1904, 1905) et à la discussion de la loi sur la séparation des églises et de l'Etat (1905) ; il se déclara partisan irréductible de l'application du système de la représentation proportionnelle (1905), s'intéressa à la contribution des patentes (1903), aux Caisses de retraites ouvrières 1905), à la révision de la constitution (1905) et se fit, en outre, entendre au cours de la discussion des budgets des exercices 1903, 1904, 1905 et 1906.

Réélu par la même circonscription, aux élections générales du 6 mai 1906, au premier tour de scrutin, il siégea à la Commission du travail, à la Commission d'assurance et de prévoyance sociales, à la Commission du suffrage universel, dont il avait demandé la création et au Conseil supérieur du travail.

Toujours fidèle à sa conception du suffrage universel, il reprit son rapport sur les propositions de loi tendant à établir la représentation proportionnelle et continua à manifester, en séance publique, la même inlassable activité.

Il se fit entendre, notamment, sur la réduction du nombre des Députés (1906), le secret et la liberté du vote (1907), le projet d'impôt sur le revenu (1907 et 1908), le vote personnel des Députés, les incompatibilités parlementaires (1908, 1909), la grève des employés des P.T.T. (1909), les retraites ouvrières et paysannes (1910).

Ses électeurs lui restèrent fidèles aux élections des 24 avril et 8 mai 1910, quoiqu'il n'obtînt son siège qu'au 2e tour de scrutin. Il fut membre de la Commission des programmes électoraux, de celle de l'administration des cultes et de la décentralisation et de celle du suffrage universel. Il fut réélu, en outre, membre du conseil supérieur du travail. Il tenta encore, avec la même ténacité, d'obtenir une réforme électorale pour faire établir le scrutin de liste avec représentation proportionnelle (1910, 1911, 1913), participa activement à la discussion des budgets des exercices 1911, 1912, 1913 et 1914 et se fit entendre : sur la convention conclue entre la France et l'Allemagne le 4 novembre 1911 pour la délimitation de leurs possessions en Afrique équatoriale (1911), sur la situation respective de la France et de l'Espagne à l'égard de l'Empire chérifien (1912), sur la durée du service dans l'armée active, dite loi des trois ans (1913) et sur l'établissement d'un impôt complémentaire sur l'ensemble du revenu (1914).

Réélu aux élections générales du 26 avril 1914, au premier tour de scrutin, il entra à la Commission des programmes électoraux, à la Commission du suffrage universel, à celle de la révision des lois constitutionnelles et, enfin, à la Commission chargée d'examiner les divers traités de paix. Il déposa de nouvelles propositions de loi tendant à établir la représentation proportionnelle, réforme politique à laquelle il avait voué une grande part de son activité, et qu'il ne put faire aboutir. Mais son rapport le plus important fut celui qu'il présenta sur l'application du traité de Versailles et dans lequel il traitait des frontières d'Allemagne et des clauses politiques européennes (1919).

Il s'intéressa, en outre, pendant la guerre, à l'aération des blessés, à l'utilisation des mobilisés (1915), aux mesures de défense nationale (1916), aux affaires de Grèce, au ravitaillement en charbon, à la direction de la politique française (1917), à la création d'une Commission de la paix et, enfin au traité de paix de Versailles du 28 juin 1919 (1919).

Il avait été chargé, au début de la guerre, de diverses missions en Italie en janvier et en décembre 1915 et il n'avait pas cessé de rédiger, durant les hostilités, la chronique politique de la Revue des Deux-Mondes.

Il donna sa démission de Député le 18 octobre 1919, Clemenceau lui ayant offert le poste de Ministre de France à La Haye, qu'il conserva pendant cinq ans, sachant tirer le plus grand profit de ce paisible poste d'observation. Il ambitionnait de poursuivre une carrière diplomatique et, tout spécialement, de se faire nommer ambassadeur de France auprès du Vatican, mais son espoir ne put se réaliser en raison de l'avènement du Cartel des gauches en 1924.

Il se consacra, dès lors, à l'étude de l'histoire et de la politique. Déçu par dix-sept ans de vie parlementaire au cours desquels il ne parvint pas à corriger ce qu'il appelait les vices du régime démocratique, et persuadé que la République courait à l'abîme, il adhéra à l'Action française et fit connaître les raisons de cette décision dans un ouvrage qui fit sensation : Les lois de la politique française, (1927). Le duc de Guise le chargea alors de l'éducation politique de son fils, le Comte de Paris.

Il est impossible d'énumérer ici ses nombreux ouvrages, mais on en trouvera la liste au catalogue de la Bibliothèque nationale. Nous mentionnerons seulement ses trois volumes de Souvenirs qui contribuent à la connaissance de l'histoire de la IIIe République.

Il s'en alla mourir, en 1936, dans son pays natal, Courseulles-sur-Mer, dans le Calvados.

Maurice Reclus, en annonçant son décès à l'Académie des sciences morales et politiques dit : « C'était un orienteur, et il le fut en homme d'esprit, de bonne volonté et de bon sens ».

Il était officier de la Légion d'honneur (1920).

Date de mise à jour: mai 2014