Philippe Rivain

1912 - 1971

Informations générales
  • Né le 9 avril 1912 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 21 avril 1971 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 21 avril 1971
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

RIVAIN (Philippe, Marie, Pierre)
Né le 9 avril 1912 à Paris
Décédé le 21 avril 1971 à Paris

Député du Maine-et-Loire de 1958 à 1971

Fils d’officier, Philippe Rivain naît à Paris en avril 1912. Il fréquente le collège Stanislas puis la Faculté des Lettres et de Droit de Paris, où il obtient une licence de lettres et un DES de droit, avant d’être diplômé de l’École libre des sciences politiques. Attaché à l’ambassade de France à Berlin à l’âge de 22 ans, il rejoint le cabinet du ministre des Affaires étrangères Pierre-Étienne Flandin en février 1936. Au cours de la Deuxième guerre mondiale, il participe à la Bataille de Belgique et est blessé le 14 mai 1940 à proximité de Dinan. Il est attaché à la Commission allemande d’armistice, à Wiesbaden, à compter du 1er août 1940.
Chargé de mission au secrétariat d’État à l’Information en mars 1941, il rejoint début mai le cabinet de l’Amiral Darlan puis occupe successivement les fonctions de sous-préfet de Nyons (27 janvier 1942), de secrétaire général de la Meuse (25 novembre 1942) puis du Finistère (16 septembre 1943). Membre actif du réseau Noyautage de l’administration publique, il est arrêté par la Gestapo et s’évade en mai 1944 au cours de sa déportation. Il devient à compter de septembre secrétaire-général du Maine-et-Loire auprès du commissaire de la République Michel Debré, puis, sous-préfet hors-cadre, chargé de mission au secrétariat général du Gouvernement provisoire en juin 1945. Il est chef adjoint du cabinet du Commissaire général aux affaires allemandes et autrichiennes à partir de 1946, directeur du cabinet de André François-Poncet, Haut commissaire de la République en Allemagne, à partir d’août 1949, auditeur à l’Institut des Hautes études de défense nationale (1953-1954) et administrateur civil à l’administration centrale du ministère de l’Intérieur à partir de novembre 1953.
Maire de la commune rurale de Longué à partir de 1953, il s’inscrit dans une tradition familiale : depuis son arrière-grand père, on siège de père en fils au conseil municipal de la commune. Il est en troisième position sur la liste d’union nationale et d’action sociale présentée par le Centre national des républicains sociaux aux élections législatives de 1956. Mais seul le député-maire d’Angers Victor Chatenay, tête de liste, est élu.
Le nouveau découpage des circonscriptions électorales est particulièrement favorable au maire de Longué, candidat en novembre 1958 dans la troisième circonscription (Saumur-nord). Et il bénéficie dans l’ouest de sa circonscription d’un apport de voix qui vont traditionnellement à la gauche, en raison peut-être d’un discours social assumé par cet édile qui travaille au quotidien avec une adjointe au maire socialiste. Dans l’est du département, une part de l’électorat poujadiste s’en remet à lui, d’autant plus facilement qu’en choisissant comme suppléant le Dr. Paul Boudon, il décourage une candidature qui avait reçu l’investiture du Centre national des indépendants. Candidat sous l’étiquette « union nationale et action sociale », il réunit 18 000 voix alors qu’aucun de ses cinq concurrents n’en rassemble plus de 4000. Au soir du premier tour, il est élu avec 53,7 % des suffrages exprimés.
Membre du groupe UNR, Philippe Rivain siège un an à la Commission de la défense nationale et des forces armées puis rejoint celle des finances, de l’économie générale et du Plan, au nom de laquelle il rapporte sur le projet de loi de finances pour 1962.
Ce député est particulièrement actif au cours de son mandat, sur de nombreuses questions. Dans le domaine rural, il intervient sur les programmes d’équipements agricoles et sociaux. Il défend ainsi la réorganisation de la recherche vétérinaire, les crédits alloués à l’électrification rurale, les subventions pour l’apprentissage agricole et le développement d’hôpitaux ruraux. Il appuie la création d’une assurance sociale et d’une assurance vieillesse agricole et milite également à la suppression de la taxe locale pour les artisans. Il propose également d’améliorer le statut des pompiers volontaires et de leurs proches en cas d’accident mortel.
Défenseur de ses terres et de l’Ouest rural, il appelle à la mise en œuvre d’une voie navigable est-ouest par la Loire et à l’insertion du bassin ligérien dans les projets de liaison européens. Pour l’étranger, il réclame le maintien des investissements destinés à la coopération avec l’Afrique Noire et Madagascar. En tant que rapporteur spécial pour les affaires culturelles dans le domaine des affaires étrangères, il propose une augmentation des crédits pour l’enseignement, pour les bourses permettant la mobilité des étudiants depuis et vers la France et pour la coopération technique. Il appelle également des ses vœux une assistance accrue aux rapatriés retraités.
Philippe Rivain est triomphalement réélu sous les couleurs UNR-UDT aux législatives de novembre 1962 par 68,9 % des suffrages exprimés, dès le premier tour, face à un candidat d’action civique, un communiste et un socialiste.
Très actif tout au long de son mandat, il siège au sein du groupe UNR-UDT et à la Commission des finances, de l’économie générale et du Plan dont il est élu vice-président tout au long de la législature. Membre de nombreuses commissions spéciales ou mixtes paritaires, il préside celle chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi modifiant l’imposition des entreprises et des revenus de capitaux mobiliers en 1965.
Il rapporte à cinq reprises la partie du projet de loi de finance consacrée à l’agriculture, dépose des avis, toujours au nom de sa commission, sur divers projets de loi : sur l’organisation d’un régime de garantie contre les calamités agricoles, pour la création de sociétés d’investissement forestier et pour l’indemnisation des accidents corporels de chasse.
Il défend la possibilité de rachat de cinq années de cotisations pour les exploitants âgés, afin qu’ils puissent bénéficier de l’assurance maladie et se félicite, trois ans plus tard, de la mise en œuvre d’une assurance maladie pour les travailleurs non salariés. Il défend à nouveau le bassin ligérien et appelle au financement d’études de développement. Il y revient et intervient plus largement pour le développement industriel de l’Ouest à l’occasion des débats préparatoires au Vème Plan. Se félicitant des crédits destinés à la consolidation des montées de la Loire, il rappelle son souhait de voir réalisés des barrages destinés à régulariser le cours du fleuve.
En mars 1967 à nouveau, la réélection est une formalité pour le candidat UD Ve : il rassemble sur son nom 65,7 % des suffrages exprimés au soir du premier tour.
Fidèle aux bancs du groupe UD Ve et à ses consignes de vote, Philippe Rivain est élu rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du plan. Il présente 24 rapports à ce titre. Ses interventions se concentrent sur de multiples aspects de la loi de finance en préparation et sur celle de l’année antérieure. Mais il rapporte également en faveur d’une codification des attributions accumulées par la Cour des comptes depuis sa création ; il s’investit également beaucoup dans le débat sur le projet de loi d’orientation foncière et urbaine, défendant le projet de création d’un nouvel impôt foncier et discutant de sa mise en œuvre. Au fil de ses interventions, on lit sa préoccupation maintenue pour le développement du logement social, la défense des revenus et pensions des plus modestes – salariés, indépendants ou retraités –, et plus généralement pour la mise en œuvre efficace des politiques sociales.
Face aux trois candidats de la gauche (PCF, PSU, FGDS), Philippe Rivain est réélu pour l’UNR avec 69,4 % des suffrages exprimés au premier tour des législatives le 23 juin 1968.
Membre du groupe UNR, il est rapporteur général du budget de 1968 à 1971. Il présente ainsi 34 rapports entre son élection et octobre 1970, dont quelques-uns consacrés à des conventions fiscales bilatérales avec divers États. Les discussions qui entourent les projets de lois de finances successifs constituent à nouveau l’essentiel de ses très nombreuses interventions. On peut signaler encore les quatre amendements qu’il défend à propos de la préparation du VIe Plan : il réclame qu’on étudie la possibilité de calculer les cotisations maladie proportionnellement aux rémunérations, au titre de la solidarité entre catégories sociales ; il appelle au plus fort développement des équipements collectifs ; il sollicite la réévaluation à la hausse des prévisions de transport aérien, et une conception des réseaux routiers et fluviaux en conséquences ; il propose d’accroître la proportion de logements économiques (330 000) dans les prévisions annuelles de construction (560 000). Il intervient pour la dernière fois à l’Assemblée en novembre 1970. Malade, il ne se représente pas à la mairie de Longué de mars 1971.
Marié à Mlle Colette Lecerclé, père de trois filles, Philippe Rivain meurt à son domicile parisien le 21 avril 1971. Il est remplacé à l’Assemblée par Paul Boudon, ancien maire de Noyant, son suppléant depuis 1958. Il était chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-45, Médaille des évadés, officier des Palmes académiques et du Mérite agricole.