Arthur Dillon

1750 - 1794

Informations générales
  • Né le 3 septembre 1750 à Braywick (Royaume-uni)
  • Décédé le 14 avril 1794 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 14 octobre 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Martinique (Type : Colonies)
Groupe
Non précisé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Braywick (Angleterre) le 3 septembre 1750, exécuté à Paris (département de Paris) le 14 avril 1794, d'origine anglaise, il entra tout jeune au service de la France en qualité de colonel, et alla combattre à la tête de son régiment dans les Antilles françaises en 1777.

Il se distingua à la prise de la Grenade et de Tobago, fut nommé gouverneur de Saint Christophe, puis brigadier d'infanterie (1er mars 1780), et maréchal de camp (1er janvier 1784). Saint Christophe ayant été restitué aux Anglais, Dillon fit un voyage à Londres, où la cour lui fit accueil, puis, à son retour en France, devint gouverneur de Tobago (1786).

En 1789, la colonie de la Martinique l'élut député aux Etats-généraux. Les élections des députés des colonies ne furent validées qu'assez tard et, lorsque le comte de Dillon put siéger à l'Assemblée constituante, il se rangea du côté du parti avancé. Le 28 mars 1790, il appuya l'instruction proposée pour les colonies; les 29 juin et 1er juillet, il lut un rapport sur les troubles de Tobago ; il discuta (9 juillet) le cérémonial proposé pour la fête de la Fédération du 14; défendit (28 juillet) les ministres inculpés à l'occasion de la demande faite par l'Autriche de faire passer ses troupes sur le territoire français pour réduire les mouvements insurrectionnels dans les Pays-Bas; défendit (1er février 1791) le patriotisme des colonies contre Malouet : « Je demande, dit-il, que l'opinant s'explique; tous les colons sont prêts à répandre leur sang pour la patrie ; » motiva longuement (11 février) son opinion sur le recrutement des régiments étrangers; prit (17 février) la défense de M. Jobal, commandant de Tobago, accusé de faiblesse et d'incapacité; s'opposa (4 mars) à l'admission d'une députation de gens de couleur, contre lesquels il avait conservé tous les préjugés de sa caste ; fit décréter (8 avril) que les membres de l'Assemblée ne pourront, pendant quatre ans, recevoir d'avancement qu'à l'ancienneté. Les attaques qu'il dirigea souvent contre les hommes de couleur lui attirèrent la haine de la société les « Amis des noirs », qui le dénonça à l'Assemblée; mais l'affaire n eut pas de suites.

Après la session, il rentra dans le service actif, et reçut, en juin 1792, le commandement en chef de l'armée du Nord. A la nouvelle des événements du 10 août, il fit prêter de nouveau à son armée le serment de fidélité « à la loi et au roi », et publia un ordre du jour dans lequel il disait: « De grands et sinistres événements ont eu lieu dans la ville de Paris. On assure que la Constitution a été violée : quels que soient les parjures, ils sont les ennemis de la liberté française. » Le 18 août, Thuriot fit décréter par l'Assemblée « que Dillon a perdu la confiance de la nation, et que le Conseil exécutif est chargé de pourvoir a son remplacement. » Grâce à l'intervention de Camille Desmoulins, son ami, on lui donna le commandement d'une division dans l'armée de Dumouriez : il se battit courageusement contre les Prussiens dans l'Argonne, mais, lors de la retraite de ces derniers, il écrivit au landgrave de Hesse, et fut accusé immédiatement de correspondre avec l'ennemi. Dumouriez, qui le défendait, le chargea de chasser de Verdun l'arrière-garde de l'armée prussienne; ce fait d'armes accompli (14 octobre), Dillon demanda à la Convention d'examiner sa conduite. Il faillit être décrété d'arrestation, et demanda vainement à retourner aux Antilles; le 13 juillet 1793, la Convention, sur une nouvelle dénonciation de Laflotte, et sur l'avis du comité de salut public, ordonna son arrestation : il fut emprisonné au Luxembourg. Camille Desmoulins prit encore chaudement sa défense et se compromit aux Jacobins pour le sauver : mais Camille fut bientôt compris à son tour dans le procès des Dantonistes.

On dit que Dillon forma alors avec Simond (du Mont-blanc) le projet de s'évader pour sauver les Dantonistes : ce fut du moins sous cette accusation qu'il comparut devant le tribunal révolutionnaire, qu'il fut condamné à mort et exécuté, le 5 avril 1794, en criant : « Vive le roi ! » Sa fille unique, parente par sa mère de l'impératrice Joséphine, épousa plus tard le général comte Bertrand, et le suivit à Sainte-Hélène.

Le comte de Dillon a publié : Compte-rendu au ministre de la guerre sur la campagne de 1792. - Exposition des principaux événements qui ont eu le plus d'influence sur la Révolution française (1792).