Jean-François, Ange d'Eymar

1741 - 1807

Informations générales
  • Né le 30 novembre 1741 à Forcalquier (Basses-Alpes - France)
  • Décédé le 17 mars 1807 à Offenbourg (Allemagne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 3 avril 1789 au 22 novembre 1790
Baillage
Haguenau (Type : Bailliage)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, de la famille d'Ange Marie Eymar qui fut député de la noblesse aux Etats généraux, né à Forcalquier (Basses-Alpes) en 1741, de Jean François Eymar, avocat du roi, et de Marguerite de Mathieu du Villard, mort à une date inconnue, il était, avant la Révolution, abbé commendataire de Neuviller (Alsace) et chef de la prévôté, juridiction ecclésiastique du lieu.

Le 3 avril 1789, il fut élu député du clergé aux Etats-Généraux par le bailliage de Haguenau et Wissembourg, avec 188 voix sur 223 votants. Il se montra défenseur ardent des privilèges du clergé, ne cacha pas ses vives répugnances pour la réunion des trois ordres, et fut des derniers parmi les ecclésiastiques à se rendre à l'Assemblée nationale. Elu, le 14 septembre 1789, secrétaire de l'Assemblée, il fit preuve de partialité dans la rédaction du procès-verbal de la séance où avait été accepté le « dernier plan financier » de Necker; invité à corriger ce procès-verbal, il s'attira de nouveaux reproches pour la façon dont il s'acquitta de cette mission. Il demanda que la religion fût proclamée « religion de l'Etat » ; s'éleva contre le décret déclarant les biens-fonds du clergé propriété nationale, et protesta contre la suppression des ordres religieux, en soutenant que « l'Assemblée nationale n'était pas compétente pour abroger l'effet civil des vœux monastiques prononcés sous l'autorité de la loi ». Il réclama, au nom de la Basse-Alsace, la conservation des couvents (13 février 1790); vota contre le projet portant suppression des dîmes, et reproduisit, au nom du clergé, l'offre d'un emprunt de 400 millions (4 avril 1790). Le 29 du même mois, il fit, au nom de chaque membre du grand chapitre noble de Strasbourg, offre à la nation, comme don patriotique, de la moitié des revenus d'une année, et il demanda que ce chapitre fût conservé en son état actuel. Le caractère conditionnel de cette offre apparut immédiatement aux yeux de l'Assemblée, et révolta la majorité. Lavie, député d'Alsace, s'écria : « La demande qui accompagne l'offre qu'on vous fait est fondée sur la prétention qu'a le chapitre de Strasbourg, d'être souverain sur ses domaines, et il veut en cela imiter les princes étrangers; mais quand nous en serons là, je vous prouverai clair comme deux et deux font quatre que vous êtes Français malgré vous. » A ces mots, l'abbé d'Eymar se précipita dans l'hémicycle avec un certain nombre de ses collègues de la droite, réclamant le rappel à l'ordre de Lavie. Celui-ci s'expliqua avec une fermeté qui imposa au côté droit. Accusé dans la suite, par Salle, de diriger des menées contre-révolutionnaires en Alsace, de concert avec le cardinal de Rohan, l'abbé d'Eymar chercha à se justifier. Mais il renonça bientôt à la lutte, et, le 30 novembre 1790, donna sa démission de membre de l'Assemblée. Il émigra aussitôt et se rendit auprès des princes français.

L'abbé d'Eymar était en 1804 à Offenbourg, avec le duc d'Enghien, au moment où ce prince fut enlevé par la police de Bonaparte : il fut arrêté avec le duc, mais relâché peu après.