Pierre, Louis Lecarpentier de Chailloué

1736 - 1823

Informations générales
  • Né le 19 juillet 1736 à Aube (Orne - France)
  • Décédé le 18 janvier 1823 à Rouen (Seine-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 29 mars 1789 au 1er mai 1790
Baillage
Alençon (Type : Bailliage)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, né à Aube (Orne) le 19 juillet 1736, mort à Rouen (Seine-Inférieure) le 18 janvier 1823, il entra dans la magistrature sous l'ancien régime, et devint conseiller au Parlement de Rouen.

Le 29 mars 1789, il fut élu par le bailliage d'Alençon député de la noblesse aux Etats-Généraux. Avant la réunion de l'Assemblée nationale, son ordre le choisit pour secrétaire (6 mai.) Il se réunit à l'Assemblée; mais quand elle eut décidé de déférer le serment civique à chacun de ses membres, Lecarpentier de Chailloué hésita. Il commença par prêter le serment avec des restrictions, puis il insista à une autre séance sur les réserves dont il croyait devoir accompagner la formule ordinaire; enfin il se décida à quitter l'Assemblée, non sans avoir adressé au président (1790) une lettre où les motifs de sa conduite étaient exposés :

« Si la formule du serment proposé, écrivait-il, m'est bien présente, ce serment renferme deux parties bien distinctes. Il consiste à jurer d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi ; à promettre de maintenir, de tout son pouvoir, la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale, acceptée par le roi. La première partie de ce serment est gravée dans mon cœur, depuis l'instant où j'ai commencé à connaître mes rapports et mes devoirs; et jamais ma bouche ne se refusera à en consacrer, à en renouveler l'engagement. Quant à la Constitution faite et à faire par l'Assemblée, quelle que soit mon opinion particulière sur les principes qu'elle aura consacrés, je lui obéirai, parce qu'il est du devoir de tout citoyen d'être soumis aux lois de son pays : et si c'est là que doit se borner le maintien dont est question, je suis prêt, monsieur le président, de jurer devant la nation, l'obéissance et la soumission à la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale, et acceptée par le roi. L'Assemblée a sans doute le droit incontestable d'exiger l'une et l'autre, mais son autorité ne peut s'étendre jusqu'à commander à l'opinion. Elle ne peut pas commander à chacun de trouver ses décrets également bons et justes, également sages; elle ne peut donc pas exiger que chacun s'engage à les maintenir de tout son pouvoir; car enfin un engagement de cette nature ne peut jamais être contracté qu'en faveur de la vérité, de la justice. »

Chailloué soutenait ensuite qu'il n'appartenait qu'au peuple seul de décider « si la Constitution est propre à faire son bonheur, » puis il concluait en refusant de « s'engager à maintenir de tout son pouvoir cette Constitution, de la maintenir même dans ce qui reste à faire, » « ce que », disait-il, « je ne connais pas. »

Date de mise à jour: juillet 2018