Jean, Paul, Marie, Anne de Latyl

1747 - 1794

Informations générales
  • Né le 15 août 1747 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 23 juillet 1794 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 19 novembre 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Nantes - Bretagne (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 15 août 1747, exécuté à Paris le 23 juillet 1794, oratorien, il était supérieur du collège de l'Oratoire à Nantes au moment de la Révolution.

Nommé commissaire à la rédaction des cahiers de son ordre, partisan des idees nouvelles, il fut élu, le 25 septembre 1789, aux élections complémentaires du clergé de Nantes motivées par le refus de siéger de deux suppléants, député aux Etats généraux, par le clergé de la sénéchaussée de Nantes et Guérande, et admis à siéger, le 19 novembre suivant, en remplacement de l'abbé Chevallier, démissionnaire.

Il prit place à gauche, fit partie du comité des rapports, prêta un des premiers (27 décembre 1790) le serment à la constitution civile du clergé, fut élu (20 février 1791) curé constitutionnel de Saint-Clément à Nantes, mais refusa ce poste et se fit élire, à Paris, curé de Saint-Thomas d'Aquin. Le 6 juin 1791, il crut devoir se défendre de l'accusation d'intolérance religieuse par la déclaration suivante :

Déclaration de M. Latyl, curé de Saint-Thomas d'Aquin et député à l'Assemblée nationale.

« Des folliculaires, que le public a jugés avant moi, ont voulu, depuis quelque temps, me dénoncer comme un persécuteur et un intolérant. Fort du témoignage de ma conscience et de l'estime des honnêtes gens qui me connaissent et sont à portée d'apprécier ma conduite publique, j'ai méprisé jusqu'ici les imputations vagues qu'on a répandues méchamment contre moi, et je m'en suis cru même honoré ; mais aujourd'hui, mes amis eux-mêmes me font un devoir de repousser une imputation plus précise, qui tend à me dénoncer comme le fauteur et le complice de tout ce qui s'est passé aux Théatins depuis le jour de l'Ascension ; j'apprécie trop leur amitié pour me refuser a leurs instances.

« Je déclare donc que rien n'est si impudemment faux et calomnieux que cette accusation ; je défie mes ennemis, qui le sont en même temps de la chose publique, d'en alléguer aucune preuve ; et j'atteste sur mon honneur que je n'ai eu aucune influence ni directe ni indirecte dans la résistance qui a été opposée à l'éxécution ou plutôt à l'application de la loi de l'Assemblée nationale, et qui avait été prévue par ceux-là mêmes qui l'ont provoquée.

« Rien n'est plus opposé à mes principes et à mon caractère que les intrigues et les manœuvres que l'on ose m'imputer; et personne ne connaît moins que moi cette vile ressource des malveillants, Depuis mon installation dans la paroisse qui m'a été confiée par mes concitoyens, je ne me suis appliqué qu'à y établir le calme et la paix; rien ne m'a coûté pour y parvenir. Toutes mes instructions et toute ma conduite n'ont tendu qu'à cet objet des vœux et des efforts de tous les vrais patriotes. J'en atteste tous mes paroissiens. Ils diront que je me suis toujours élevé avec force contre tout ce qui pouvait blesser l'ordre public et le respect dû à la loi ; ils diront que je n'ai rien négligé pour réprimer les excès d'un patriotisme éclairé ; ils diront que je n'ai cessé d'invoquer leur justice et leur charité en faveur des malheureuses victimes de la révolution, et surtout de la partie du clergé qui, exerçant l'option offerte par la loi elle-même, a mieux aimé renoncer aux fonctions publiques que de prêter le serment prescrit ; ils diront que toute ma conduite publique et privée a toujours été conforme à mes instructions.

« Que mes intolérants persécuteurs cessent donc d'envelopper leurs odieuses calomnies dans ces ténèbres perfides qui voilent impunément leur noirceur. Qu'ils m'accusent et se nomment. Je les attends avec toute la fermeté de l'innocence : et, s'ils me forcent, je romprai enfin le silence que je m'étais imposé, et dont ils auraient dû me savoir quelque gré. Leurs vaines imputations, leurs frivoles menaces ne sauront m'épouvanter ; ils ne réussiront jamais à me faire départir de mes principes. Voué jusqu'à la mort au service de la religion et au maintien de la Constitution de l'Etat, je ne cesserai de surveiller leurs ennemis connus ou secrets ; mais ils ne rencontreront jamais en moi qu'un adversaire assez franc et assez courageux pour n'avoir jamais recours aux viles manœuvres des perturbateurs du bien public ; j'en eus toujours horreur, et elles répugnent encore plus aujourd'hui à mon double caractère de pasteur et de député.

LATYL, curé de Saint-Thomas d'Aquin. »

Cette déclaration ne le protégea pas lors de l'abolition du culte. Arrêté comme suspect et enfermé dans la prison des Carmes le 4 pluviôse an Il, il comparut devant le tribunal rélutionnaire le 5 thermidor suivant, et, accusé d'avoir pris part à la conspiration des prisons, il fut condamné à mort et exécuté, quatre jours avant la chute de Robespierre. L'acte d'accusation porte : Latyl (Jean-Paul-Marie-Anne), 47 ans, né à Marseille, ex-curé constitutionnel de Thomas d'Aquin, ex-oratorien, ex-constituant, demeurant à Paris rue Dominique-Germain.

Date de mise à jour: juillet 2018