René Lecesve

1733 - 1791

Informations générales
  • Né le 24 septembre 1733 à Poitiers (Vienne - France)
  • Décédé le 23 avril 1791 à Poitiers (Vienne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 27 mars 1789 au 23 avril 1791
Baillage
Poitiers (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Poitiers (Vienne) le 24 septembre 1733, mort à Poitiers le 23 avril 1791, il entra dans les ordres et fut nommé curé de Sainte-Triaise à Poitiers.

En 1775, il eut un long procès, accompagné de voies de fait, avec l'un de ses neveux, pour la succession de ses sœurs : dans le dossier, figure un certificat qui lui fut délivré, le 9 mai 1775, par l'évêque de Poitiers, et dans lequel il est dit que « le curé de Sainte-Triaise annonce fréquemment la parole de Dieu avec succès, étant doué d'un talent particulier pour cette partie du saint ministère. »

Ce talent particulier le mit précisément en vue lors de l'assemblée du clergé de la sénéchaussée du Poitou pour l'élection des députés aux Etats-Généraux, et, le 27 mars 1787, Lecesve fut élu, le premier de son ordre, député du clergé. Il fut des premiers à demander la vérification des pouvoirs par l'assemblée des trois ordres; Jallet raconte dans son Journal qu'à l'issue de la conférence du 4 juin entre les commissaires des trois ordres pour arriver à une entente, le comte d'Antraigues ayant dit assez haut : « Ce sont 160 b... de curés qui nous perdront ! » Lecesve répliqua : « Ce sont ces 160 curés qui sauveront l'Etat, » Le 13 juin, il se rendit dans la salle du tiers, avec Ballart et Jallet (Voy. ces noms).

Les députés du tiers applaudirent chaleureusement à cette démarche qui fut vivement attaquée par les deux autres ordres. Lecesve, Ballart et Jallet publièrent une réponse à ces attaques, sous le titre: Les trois curés du Poitou, membres de l'Assemblée nationale et de la Chambre du clergé, à messeigneurs les prélats députés du clergé. A la séance du 15 juin, Lecesve s'expliqua de nouveau : « La religion, dit-il, n'est point l'objet des Etats-Généraux; le roi, qui a appelé les curés, ne les a pas rendus éligibles pour savoir la religion des peuples, mais leurs besoins ; pour réformer les abus, pour régénérer la nation, le clergé ne suffit pas; mais il faut, pour remplir ces grands objets, non des évêques, non des chanoines, non des religieux, non des curés, mais des citoyens et uniquement des citoyens, » Le 20 juin, il prêta le serment du Jeu de Paume, et soutint constamment la majorité réformatrice avec laquelle il vota.

Le 27 février 1791, il fut élu évêque constitutionnel de la Vienne. Intronisé le 1er mars, sacré le 27 à Paris, par Gobel, il demanda, le 29, à l'Assemblée, un congé pour aller prendre possession de son siège, fit son entrée à Poitiers dans les premiers jours d'avril, et mourut subitement, quelques jours après, dans la matinée du vendredi saint (23 avril 1791). On l'inhuma dans la chapelle des évêques, à la cathédrale, où l'on put lire, pendant quelques années, sur sa pierre :

Dum comitiorum proceres
Populum in diversa concilia deducebant
Ut eum magis ac magis in dedecore mergerent,
Renatus Lecesve, conutibus illorum
Vehementer primus obstetit,
Eosque ad gloriosum civis titulum
Fraternè revocavit.
Diem obiit supremum
Anno secundo gallicœ libertalis
Aprilis 23
Ætatis 58.

En 1802, lors du rétablissement du culte, la pierre fut retournée; retrouvée lors de la réfection du pavé de la cathédrale en 1834, elle fut replacée de même, la face en dessous.