Jean, Sylvain Bailly

1736 - 1793

Informations générales
  • Né le 15 janvier 1736 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 12 novembre 1793 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 17 juin 1789 au 3 juillet 1789

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 12 mai 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Paris (Type : Député)
Groupe
Tiers-Etat

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à la Constituante de 1789, né à Paris au palais du Louvre, le 15 janvier 1736, exécuté à Paris, le 12 novembre 1793, il était fils de Jacques Bailly, garde des tableaux du roi, logé au Louvre, peintre, et médiocre auteur dramatique. Son père lui apprit la peinture et la poésie, et le jeune Sylvain composa même, à 16 ans, deux tragédies : Clotaire et Iphigénie en Tauride; mais le comédien La Noue le détourna de cette voie, et les conseils affectueux de l'abbé Lacaille, l'illustre astronome, l'entraînèrent vers les études scientifiques. À 27 ans, il succédait à Lacaille à l'Académie des sciences ; des travaux d'érudition lui ouvrirent successivement les portes de l'Académie française (1784) et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1785).

En 1754, il avait succédé à son père comme garde général des tableaux du roi ; la nature de ses travaux ayant paru peu en rapport avec cette fonction, il fut nommé garde honoraire en 1779, malgré ses vives réclamations. Il avait, en effet, publié déjà l'Essai sur la théorie des satellites de Jupiter (1766), l'Histoire de l'astronomie ancienne (1775), les Eloges de Lacaille, de Leibnitz, de Corneille, de Molière, de Charles V (1770), et commencé l'Histoire de l'astronomie moderne (1778-1785).

La Révolution l'enthousiasma, et il se mêla aux réunions qui précédèrent les élections aux Etats généraux : « Quand je me trouvai au milieu de l'Assemblée du district, a-t-il dit, je crus respirer un air nouveau. »

Il fut nommé premier électeur de son district, élu, le 12 mai 1789, premier député de Paris aux Etats généraux pour le tiers état, président de la Chambre du tiers état, puis, après la réunion des trois Ordres, président de l'Assemblée constituante, et (le 16 juillet) premier maire de Paris.

Le 20 juin, le roi ayant fait fermer la salle des états, Bailly entraîna les députés à la salle du Jeu de paume, répondit au maître des cérémonies chargé de faire évacuer la salle : « La nation assemblée n'a pas d'ordres à recevoir de vous », et présida à la prestation du serment célèbre qui inaugurait la Révolution.

Lors du massacre de Delaunay, Flesselles, Berthier et Foulon, et la prise de la Bastille (14 juillet 1789), Bailly garda un silence qui lui fut vivement reproché depuis. Nommé maire de Paris le 16 juillet, il reçut, le 17, Louis XVI à l'Hôtel-de-Ville : « Henri IV, lui dit-il, avait reconquis son peuple, la France a reconquis son roi »; et il donna au roi reconquis la cocarde aux deux couleurs de la ville.

Mais, représentant de la bourgeoisie bien plus que du peuple, Bailly considéra, la Révolution comme achevée, lorsqu'il crut le tiers état suffisamment émancipé de la noblesse, et se mit du parti de la résistance. Au retour de Varennes, il n'hésita pas à appliquer vigoureusement la loi martiale contre les pétitionnaires qui se réunissaient on masse au Champ-de-Mars pour signer sur l'autel de la patrie la demande de déchéance du roi. Il s'y rendit en personne, à la tête du corps municipal, fit vainement les sommations légales, et ordonna aux soldats de faire fou. Il y eut quelques morts, et Bailly, déjà mal vu par la cour, devenu odieux au peuple, prévint sa révocation en donnant sa démission (novembre 1791). Il se retira dans la maison de campagne d'un ami, près de Nantes, et, malgré de pressantes instances, refusa de passer en Angleterre.

Après le 10 août 1792, il crut plus prudent de se rapprocher de Paris, et sur le conseil de son collègue et ami, Laplace, se rendit auprès de lui, à Melun. Reconnu à son arrivée, il fut arrêté, conduit à la municipalité, retenu, malgré les efforts du maire, M. Tarbé des Sablons, ramené à Paris sur l'ordre du comité de salut public qui avait été immédiatement prévenu, et enfermé à la Force, puis à la Conciergerie.

Peu de temps après, amené comme témoin dans le procès de la reine, Bailly n'essaya pas de prévenir, par de lâches complaisances, le sort qui le menaçait, et protesta hautement de l'innocence de Marie-Antoinette. Cette déposition fut invoquée contre lui, comme preuve de complicité, quand il parut à son tour devant le tribunal révolutionnaire, le 10 novembre 1793.

Il fut condamné le lendemain, et exécuté le surlendemain. ; comme on l'amenait à la placé de la Révolution, la foule prétendit qu'il devait être exécuté au Champ de Mars, où il avait lui-même fait massacrer le peuple ; l'échafaud démoli y fut transporté, et Bailly, ferme jusqu'au bout, bien qu'abreuvé d'injures et d'outrages, fut exécuté au-dessus d'un tas de fumier « afin que son sang ne souillât pas le champ de la fédération. »


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