Raymond Bousquet

1899 - 1982

Informations générales
  • Né le 22 novembre 1899 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 29 octobre 1982 à Limoges (Haute-Vienne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Paris
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 11 août 1968 au 1er avril 1973
Département
Paris
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

BOUSQUET (Raymond, Charles, Alexandre)
Né le 29 novembre 1899 à Paris
Décédé le 29 octobre 1982 à Limoges (Haute-Vienne)

Député de Paris de 1967 à 1973

Raymond Bousquet naît dans le 9ème arrondissement de Paris: c’est dans la capitale et en Provence que se situent ses origines familiales. Après avoir obtenu son baccalauréat, il poursuit ses études à la Faculté de lettres de Paris. Il y obtient une licence, puis un diplôme d’études supérieures (DES) d’histoire et de géographie. Il fréquente l’Ecole libre des sciences politiques pour y préparer le concours d’entrée dans les carrières diplomatique et consulaire. Reçu en octobre 1925, il est nommé consul suppléant à Shanghaï en 1926. Il rejoint l’ambassade de France à Washington en 1928 et y demeure cinq ans, en qualité de troisième puis de deuxième secrétaire. Il travaille alors auprès de Paul Claudel. Le poète-diplomate est en effet ambassadeur aux Etats-Unis de 1927 à 1933 et y négocie notamment le pacte Briand-Kellogg de 1928. De retour en métropole en 1933, Raymond Bousquet s’occupe des questions commerciales au ministère des affaires étrangères. Après la défaite française de 1940, il conserve ses fonctions et devient même chef de division, en charge des relations commerciales, en 1943. C’est à cette date qu’il rejoint le bureau d’études clandestin du ministère des affaires étrangères et le Super-NAP, une organisation de résistance chargée de noyauter la haute administration. En août 1944, il est mis en disponibilité sans traitement par les autorités de la Libération, pour être resté en poste sous l’Occupation. Son engagement dans l’action clandestine lui autorise cependant une réintégration rapide : il est nommé directeur des conventions administratives en 1945, puis directeur général des affaires administratives et sociales au Quai d’Orsay, l’année suivante. Directeur général du personnel et de l’administration générale en 1949, Raymond Bousquet entre au conseil d’administration de l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1951. Diplomate, il ne quitte donc pas l’administration centrale des affaires étrangères de 1933 à 1956. Il devient ambassadeur de France à Bruxelles en 1956 et occupe ce poste pendant six années consécutives. Raymond Bousquet achève sa brillante carrière diplomatique comme ambassadeur au Canada (1962-1965).
Admis à faire valoir ses droits à la retraite en avril 1965, il s’engage en politique pour soutenir l’action du général de Gaulle. Candidat aux élections législatives de mars 1967 dans la sixième circonscription de Paris, qui correspond au 8ème arrondissement, il reçoit le soutien des gaullistes de l’UD-Vème République. Le colonel Dupérier, député sortant et Compagnon de la Libération, a en effet décidé de ne pas se représenter. Raymond Bousquet se présente comme « un ancien et fidèle citoyen » de Paris dans sa profession de foi. Il se veut le successeur naturel du colonel Dupérier, député sortant dont il salue le « dévouement » en faveur du 8ème arrondissement. Ses propositions juxtaposent des problèmes locaux (la construction de crèches, l’ouverture d’un marché sur le Cours la Reine ou la création d’espaces verts au-dessus des voies ferrées de la gare Saint-Lazare) et des sujets plus larges, comme la poursuite en Europe de « l’œuvre d’unification entreprise par la mise en œuvre du Marché Commun ». Dans un secteur favorable aux candidats conservateurs ou modérés, les principaux adversaires de Raymond Bousquet se nomment Jacques Féron et Janine Alexandre-Debray. Le premier, député de 1956 à 1962, a été exclu du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) et a rejoint la Fédération nationale des républicains indépendants après 1965. La seconde, conseillère municipale de Paris depuis 1947, est investie par le Centre démocrate. Jacques Féron et Janine Alexandre-Debray ont en commun d’avoir appartenu au Rassemblement du peuple français sous la IVème République. Raymond Bousquet arrive nettement en tête du premier tour le 5 mars 1967 avec 42,2% des suffrages exprimés. Il l’emporte sur Janine Alexandre-Debray une semaine plus tard, grâce au soutien de 54,7% des électeurs.
L’ancien diplomate s’inscrit au groupe de l’Union démocratique pour la Vème République et siège à la Commission de la défense et des forces armées. Il est également désigné pour représenter la France au Parlement européen en mai 1967. Raymond Bousquet se montre très actif au Palais-Bourbon et prend la parole à huit reprises dans l’hémicycle au cours de la troisième législature (1967-1968). Loin de limiter ses interventions aux seuls sujets diplomatiques, le député de Paris y aborde les questions les plus diverses. Le 2 juin 1967, sa question orale avec débat concernant la réforme des taxes sur le chiffre d’affaires est ainsi examinée en séance publique. Il souligne que la multiplicité des taux de TVA envisagés par la loi –0%, 6%, 12%, 16% et 20% - suscite « l’émoi » en particulier chez les détaillants, pour qui « cette ventilation risque d’ entrainer de grandes difficultés ». Il propose de répondre à l’« inquiétude diffuse » de nombreux commerçants en assurant « une information complète », mais aussi en ouvrant « un dialogue confiant et ouvert avec les organisations professionnelles et les contribuables » sous forme de « conférences, de débats télévisés, de contacts à l’échelon de la région, du département, de la circonscription ».
Il participe peu après au débat sur la politique économique et financière et juge légitime que le gouvernement ait demandé les pouvoirs spéciaux (séance du 30 juin 1967). « L’effort d’investissement et de modernisation » des structures de l’économie française, « l’effort de rénovation » de l’agriculture et du commerce français imposent en effet, selon lui, de prendre « des initiatives nouvelles et rapides » pour permettre à la France de réussir son insertion « dans un régime d’économie de marché à échelle internationale ». Il ne manque pas du reste de saluer à cette occasion l’action conduite en matière économique et financière par le général de Gaulle depuis 1958.
Raymond Bousquet souscrit alors à la politique étrangère du général de Gaulle et se montre très réservé sur l’opportunité d’une entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun. Il s’exprime en ce sens devant ses collègues de l’Assemblée nationale le 7 novembre 1967. L’adhésion britannique ferait courir un risque considérable au projet européen en conduisant « à la formation d’une nouvelle OECE aux liens très lâches ». Raymond Bousquet craint que Londres réussisse à orienter le Marché commun dans un sens uniquement « commercial au détriment du caractère de zone économique » que la France entend lui donner. Sa confiance en l’action du gouvernement Pompidou se manifeste à nouveau à l’occasion du débat sur l’éventuelle réduction de la durée du service militaire à douze mois, contre seize à cette époque. L’élu parisien reconnaît que cette mesure est « souhaitable » mais insiste pour que « la décision d’application appartienne au ministre de la défense nationale » (séance du 15 novembre 1967).
Après les événements de mai 1968 et la dissolution de l’Assemblée nationale par le chef de l’Etat, des législatives ont lieu les 23 et 30 juin 1968, moins d’un an après les dernières élections générales. Quoique député sortant, Raymond Bousquet accepte de s’effacer derrière Maurice Couve de Murville, ministre de l’économie et des finances du nouveau gouvernement Pompidou, dans la sixième circonscription de Paris. L’ancien ministre des affaires étrangères du général de Gaulle avait en effet échoué en mars 1967 dans une autre circonscription de Paris, contre Edouard Frédéric-Dupont. Investi par l’Union pour la défense de la République (UDR), le tandem Couve de Murville-Bousquet emporte une majorité des suffrages (53,5%) dès le 23 juin 1968. La nomination de Maurice Couve de Murville permet à Raymond Bousquet de le remplacer à l’Assemblée nationale dès le lendemain des élections législatives. Membre du groupe de l’UDR, il appartient à la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale sous la quatrième législature. Très présent au Palais-Bourbon, Raymond Bousquet refuse de démissionner pour permettre à Maurice Couve de Murville de retrouver son siège de parlementaire à la faveur d’une élection partielle, après l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la République, au printemps 1969. Cette décision prive Maurice Couve de Murville, dont les relations avec le nouveau chef de l’Etat sont mauvaises, de toute « tribune » nationale jusqu’en 1973.
Raymond Bousquet dépose six propositions de lois entre 1968 et 1973. Cinq ont trait au droit du commerce, tandis qu’un texte envisage de faire participer les locataires à la rémunération de certains employés d’immeubles. Les interventions du député de Paris se concentrent cependant sur les questions de politique étrangère et de défense. En 1968-1969, il salue à plusieurs reprises l’action de Michel Debré au ministère des affaires étrangères. Le 7 novembre 1968, il souligne ainsi que le responsable de la diplomatie a su convaincre les partenaires européens de la France de la nécessité d’un développement interne de la Communauté (création d’un brevet européen, statut des sociétés commerciales européennes, harmonisation des politiques fiscales, des transports, de l’énergie) qui précède l’élargissement. Le 23 juin 1970, alors que la France a changé de gouvernement et de chef de l’Etat, l’ancien diplomate, membre du Parlement européen depuis 1967, réaffirme sa préférence pour l’« approfondissement » en amont de l’élargissement de la Communauté européenne. A rebours de ceux qui craignent que l’Ostpolitik du chancelier Willy Brandt amorce « un jeu allemand entre l’Est et l’Ouest », Raymond Bousquet perçoit « l’émancipation diplomatique » de la République fédérale allemande (RFA) à l’égard des Etats-Unis comme un satifecit accordé aux positions françaises en faveur de la détente (séance du 5 novembre 1970). Il se rallie à l’hypothèse d’une adhésion britannique au Marché commun dès les débuts des années 1970 et s’en explique devant l’Assemblée nationale le 9 juin 1971. Dès lors que « le Marché commun est complètement achevé », que « l’Europe verte » de la politique agricole commune ne peut plus être remise en cause et que le gouvernement britannique d’Edward Heath se montre « très favorable et sans arrière-pensée à une confédération européenne », les principaux obstacles à l’entrée du Royaume-Uni se trouveraient levés. Le député de Paris est désigné comme rapporteur de plusieurs accords bilatéraux, comme la convention internationale sur l’exercice de la pêche dans l’Atlantique Nord (mai 1970) ou la convention d’extradition entre la République française et le royaume de Belgique (décembre 1972).
Les votes de Raymond Bousquet sont conformes à ceux du groupe UDR à l’Assemblée nationale sous la quatrième législature. Il approuve la loi d’orientation de l’enseignement supérieur (10 octobre 1968) comme la loi « anti-casseurs » (4 juin 1970) et la réforme du service national (10 juin 1970). Il soutient le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas lors de ses déclarations de politique générale, les 15 octobre 1970 et 24 mai 1972. Il soutient la création des régions (27 avril 1972).
Maurice Couve de Murville obtient l’investiture de l’UDR pour les élections législatives de mars 1973 dans la sixième circonscription de Paris. Ces circonstances convainquent Raymond Bousquet de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat parlementaire. Il quitte alors la vie publique, mais continue de fréquenter l’Assemblée nationale et sa bibliothèque dans la deuxième moitié des années 1970. L’ancien député de Paris décède dans un accident de la route au cours duquel son épouse et sa sœur trouvent également la mort, à Limoges, à l’automne 1982.
Titulaire de nombreuses décorations étrangères (Grand croix de l’Etoile noire, Grand croix de l’ordre de Léopold Ier et de l’ordre de la Couronne de Belgique), Raymond Bousquet était Grand officier de la Légion d’honneur.

Retour haut de page