Jean-Baptiste Massieu

1743 - 1818

Informations générales
  • Né le 17 septembre 1743 à Pontoise (Val-d'Oise - France)
  • Décédé le 6 juin 1818 à Bruxelles (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Senlis (Type : Bailliage)
Groupe
Clergé
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Oise
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, membre de la Convention, né à Pontoise (Seine-et-Oise) le 17 septembre 1743, mort à Bruxelles (Belgique) le 6 juin 1818, il fut précepteur des Lameth. Il était curé de Sergy, près de Pontoise, lorsqu'il fut élu, le 21 mars 1789, député du clergé du bailliage de Senlis aux Etats généraux, par 159 voix sur 300 votants.

Il se joignit un des premiers à ses collègues du tiers, dont il appuya les revendications, siégea à la gauche de l'Assemblée, fut envoyé à Poissy, sur sa demande, pour apaiser les troubles (juillet 1789), et, reçut les remerciements de l'Assemblée. Nommé secrétaire (22 décembre 1789), il fit partie du comité ecclésiastique, et prêta, en décembre 1790, le serment prescrit par la constitution civile du clergé. En février 1791, il fut nommé évêque constitutionnel de l'Oise (22 février 1791).

Le 4 septembre 1792, ce département l'envoya siéger à la Convention, le 3e sur 12, par 315 voix (627 votants).

Massieu se prononça, dans le procès du roi, contre l'appel au peuple, pour la mort et contre le sursis.

Il répondit au 2e appel nominal : « Je crains aussi non seulement les guinées anglaises, mais les florins d'Allemagne et les piastres d'Espagne ; je crains la guerre civile, et je dis non. »

Et au 3e appel nominal : « J'ai réfléchi, autant qu'il était en moi, au devoir redoutable et pénible à mon cœur que j'ai à remplir. Je croirais manquer à la justice, à la sûreté présente et future de ma patrie, si, par mon suffrage, je contribuais à prolonger l'existence du plus cruel ennemi de la justice, des lois, de l'humanité; en conséquence, je vote pour la mort. »

Ayant résigné (1793) ses fonctions épiscopales, J.-B. Massieu épousa la fille du maire de Givet, et fut envoyé en mission dans les Ardennes, où il resta dix mois, jusqu'en germinal an II, et dans la Marne, où il menaça de faire de Reims une nouvelle Lyon, et fit multiplier les arrestations. Il avait inauguré le temple de la Raison à Sedan, et dénoncé les « égoïstes, les modérés et les fédéralistes, » ennemis des patriotes de cette commune.

De retour à la Convention, il prononça plusieurs discours sur des matières politiques, sur l'instruction publique, etc.

Fidèle au parti des Jacobins, il fut, après thermidor, dénoncé par André Dumont comme terroriste, « pour avoir porté la terreur et la désolation dans les Ardennes, y avoir prêché publiquement les maximes les plus incendiaires et les plus destructives de la morale publique, avoir envoyé à l'échafaud trente-deux fonctionnaires compromis avec La Fayette et couverts par un décret d'amnistie, etc. »

Décrété d'arrestation le 9 août 1795, il bénéficia, peu après, de la loi d'amnistie du 4 brumaire an IV (26 octobre suivant).

Rendu à la liberté, il fut nommé archiviste du bureau de la guerre, fonctions qu'il conserva jusqu'en 1815, et qu'il cumula un moment, en 1797, avec celles de professeur à l'Ecole centrale de Versailles.

Ayant voté l'Acte additionnel en 1815, il dut quitter la France en 1816, frappé par la loi contre les régicides ; il se retira à Bruxelles, vivant d'une modique retraite, et demanda à rentrer en France le 15 mai 1818 ; sa femme l'avait rejoint dans l'exil le 9 avril précédent. Sa demande, appuyée par le duc de Richelieu et par le comte Lanjuinais, allait être accueillie, quand il mourut, le 18 juin, à 75 ans.

Massieu avait publié une traduction estimée des Œuvres de Lucien (1781-1787).


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