Louis, Thomas Villaret de Joyeuse

1747 - 1812

Informations générales
  • Né le 29 mai 1747 à Auch (Gers - France)
  • Décédé le 25 juillet 1812 à Venise (Italie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 11 avril 1797 au 4 septembre 1797
Département
Morbihan
Groupe
Clichyens

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Conseil des Cinq-Cents, né à Auch (Gers) le 27 mai 1750, mort à Venise (Italie) le 24 juillet 1812, fut destiné par sa famille à la carrière ecclésiastique ; mais son goût pour le métier des armes l'emporta.

Il s'enrôla dans les gendarmes du roi, qu'il quitta à la suite d'un duel dans lequel il tua son adversaire, et entra, en 1766, dans la marine. La protection de M. de Tornay, son parent, alors gouverneur de l'Ile-de-France, le fit nommer lieutenant de vaisseau en 1773 ; il fit campagne dans la mer des Indes, se distingua à Gondolour, reçut de Suffren le commandement de la frégate la Naïade qui soutint en 1782 huit heures de combat et ne se rendit aux Anglais qu'au moment de couler bas.

Décoré de Saint-Louis pour ce fait d'armes, il alla ensuite à Batavia pour traiter avec la Compagnie hollandaise, montra dans ces négociations beaucoup d'énergie, et, en 1791, apaisa les troubles de Saint-Domingue.

Capitaine de vaisseau, il resta au service, quoique peu partisan de la Révolution ; il fut promu, en 1793, contre-amiral, et placé, au mois de septembre suivant, à la tête de notre dernière flotte. « Je sais que Villaret n'est qu'un aristocrate, avait dit Jeanbon-Saint-André en le présentant pour ce poste, mais il est brave, et il fera son devoir. » Après quelques mois passés à organiser La flotte, il mit son pavillon sur la Montagne, et se rendit (16 mai 1790), avec Jeanbon-Saint-André, à la rencontre d'un convoi de grains qui venait d'Amérique. Il croisa dans la direction du convoi attendu, mais, le 28 mai, ce fut l'amiral Howe qui se présenta avec une flotte supérieure. Le 29 mai (10 prairial an II), Villaret put dégager son arrière-garde vivement attaquée par les Anglais; pendant les journées des 30 et 31 mai, un brouillard empêcha les deux flottes de s'aborder, malgré les renforts qu'elles avaient reçus; le 1er juin (13 prairial), le combat s'engagea, mais une fausse manœuvre du Jacobin permit à Howe de couper la ligne française. Le vaisseau la Montagne fut entouré et faillit être pris, pendant que le Vengeur et l'Impétueux coulaient plutôt que de se rendre. Les Anglais cessèrent les premiers le feu, la flotte républicaine ne les poursuivit pas, et Villaret, après avoir dispersé la croisière ennemie, du 10 juin au 22 juin, put enfin faire entrer à Brest le convoi de grains si impatiemment attendu. Le 23 juin 1796, il eut à lutter, à Groix, contre la flotte de l'amiral Bridport, et, malgré ses efforts, perdit trois vaisseaux. Adversaire de l'expédition d'Irlande, il fut remplacé à Brest par Morard de Galles (1796).

Elu, le 22 germinal an V, député du Morbihan au Conseil des Cinq-Cents, par 232 voix (284 votants), il prit place parmi les modérés, dénonça les dilapidations des agents du gouvernement aux colonies, devint secrétaire du Conseil le 1er messidor an V, proposa d'autoriser le Directoire à envoyer de nouveaux agents à Saint-Domingue, parla de l'état déplorable des équipages de la flotte, fit un rapport en faveur de Surcouf, et appuya de son vote et de sa parole le projet sur les institutions militaires.

Attaché au parti de Clichy, il fut condamné à la déportation au 18 fructidor, parvint à échapper aux poursuites, et se rendit ensuite volontairement à l'île d'Oléron, lieu d'exil assigné aux déportés contumaces. Le gouvernement avait déjà du reste donné mainlevée du séquestre mis sur ses biens.

Rallié au 18 brumaire, Villaret-Joyeuse reprit aussitôt du service actif. En l'an IX, il fut nommé commandant des forces navales dirigées contre Saint-Domingue, mais il y arriva trop tard pour pouvoir agir efficacement.

Capitaine-général de la Martinique le 13 germinal an X, membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, grand-officier le 25 prairial, grand-aigle le 13 pluviôse au XIII, il resta, après Trafalgar, sans communication avec la France, et soutint au Fort-Bambou, à la Martinique, un bombardement d'un mois (30 janvier-24 février 1809). Dépourvu de tout secours, il dut rendre l'île aux Anglais. Blâmé par le conseil d'enquête, il fut, en 1811, approuvé par l'empereur qui le nomma gouverneur général de Venise ; il y mourut d'une hydropisie. Il avait été créé comte par Napoléon en 1808.