Laurent, Antoine Casanova

1906 - 1972

Informations générales
  • Né le 9 octobre 1906 à Souk-ahras (Algérie)
  • Décédé le 20 mars 1972 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 9 octobre 1906 à Souk-Ahras (Algérie)
Décédé le 20 mars 1972 à Paris

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine-et-Marne)
Député de Seine-et-Marne de 1946 à 1958
Ministre des Anciens combattants et victimes de guerre du 26 janvier au 16 décembre 1946

Laurent Casanova naît en Algérie d'un père cheminot, originaire de Corse. Celui-ci, alors que son fils est encore adolescent, est délégué des ouvriers grévistes lors des grandes grèves de 1920. Quatre ans plus tard, durant la famine de 1924, Laurent Casanova prend conscience des souffrances du peuple algérien. Boursier au lycée de Bône, il fait son droit à Paris et fréquente les centres d'étudiants corses où il rencontre Vincentella Perini qui deviendra sa femme, Danielle Casanova.

Militante à l'Union fédérale des étudiants communistes, elle le pousse à adhérer au Parti. Il participe à la direction de l'Union fédérale et devient secrétaire de la cellule communiste du 12e arrondissement. Il suit fidèlement la ligne du Parti communiste contre les étudiants trotskystes et les six élus municipaux de Paris qui, en 1929, rompirent avec le P.C.F. Après son service militaire (1931-1932), Laurent Casanova accepte un poste de permanent et entre dans l'appareil clandestin du Parti communiste. Remarqué par Maurice Thorez, il a en charge l'action anti-militariste auprès des soldats. En février 1936, il s'installe au siège du Comité central, dans le bureau même du Secrétaire général. Celui-ci ne lui donne pas d'affectation précise : il étudie les questions politiques et, à trente ans, assiste parfois aux réunions du secrétariat du Parti.

Mobilisé en août 1939, Laurent Casanova est fait prisonnier et parvient à s'évader d'Allemagne après une tentative infructueuse qui lui valut un séjour dans un camp de représailles. De retour à Paris, en mai 1942, il apprend l'arrestation de sa femme qui mourra l'année suivante à Auschwitz. Il reprend contact avec la direction du Parti communiste et fait la connaissance d'Aragon et de Picasso. En 1943, Charles Tillon, commandant en chef des Francs-tireurs et partisans, demande à bénéficier de l'aide de l'ancien secrétaire particulier de Maurice Thorez. Il lui confie la liaison avec l'Assemblée consultative provisoire et le général de Gaulle. Cependant les deux communistes éprouvaient peu de sympathie l'un pour l'autre. Membre du Comité directeur du Front national, Laurent Casanova devient, à ce titre, délégué à l'Assemblée consultative provisoire en novembre 1944.

Siégeant au Comité central depuis le Congrès de Paris (juin 1945), il conduit, quatre mois plus tard, la liste communiste en Seine-et-Marne pour les élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale Constituante. Le Parti communiste rassemble près de 30 % des voix et remporte deux des cinq sièges à pourvoir. Il en ira de même aux quatre consultations nationales ultérieures où Laurent Casanova et son suivant de liste seront réélus avec 31,5 % des suffrages (2 juin 1946) ; 34,9 % (10 novembre 1946) ; 30,9 % (17 juin 1951 et 30,6 % (2 janvier 1956).

Le 26 janvier 1946, au départ du général de Gaulle, Laurent Casanova entre dans le gouvernement de Félix Gouin comme ministre des Anciens combattants et des victimes de guerre. Il conservera ce portefeuille dans le premier cabinet de Georges Bidault (24 juin-16 décembre 1946). En tant que député il siège à la Commission des pensions (1947-1958) et intervient fréquemment sur le budget des Anciens combattants ou sur des questions les intéressant. Il se consacre aussi à la défense des intérêts de son département. Les 24 mai et 7 octobre 1952, il dépose des propositions de résolution pour secourir les victimes des cyclones et il effectue la même démarche les 19 juillet 1951 et 19 mars 1957 à la suite d'inondations. Il se préoccupe de la situation des mineurs du bassin de Provins (5 février 1953), de celle des producteurs de fruits (12 novembre 1953) ou encore de l'indemnisation des agriculteurs de Seine-et-Marne (18 mai 1954). Il s'attache au patrimoine national et demande à plusieurs reprises la préservation de la forêt de Fontainebleau (28 octobre 1952 et 15 novembre 1954). A partir de 1954, Laurent Casanova intervient au nom de son groupe dans de grands débats. Il interpelle le gouvernement Laniel sur l'Indochine (4 mai 1954), prend part à la discussion d'interpellations sur les accords de Londres qui permettent le réarmement de l'Allemagne (7 octobre 1954). Le 6 mars 1957, il dépose une demande d'interpellation - qu'il développe le 20 mars - sur la situation en Algérie. Il vote avec son groupe mais ne prend pas part au scrutin du 12 mars 1956 sur les pouvoirs spéciaux en Algérie (victime d'une infection rénale en février il doit subir l'ablation d'un rein en avril). Il s'oppose au retour du général de Gaulle (1er juin 1958) et refuse les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Parallèlement à son activité parlementaire le député de Seine-et-Marne poursuit sa carrière au sein du Parti communiste. Membre suppléant du Bureau politique depuis le Congrès de Strasbourg (1947), il en devient membre titulaire au Congrès d'Ivry (1954) et est réélu au Congrès du Havre (1956). Chargé des relations avec les intellectuels il suit et applique la ligne du Parti. En 1948 il reprend les thèses de Lyssenko sur l'hérédité et introduit en France les concepts de « science bourgeoise et science prolétarienne » malgré de nombreuses oppositions. Sa brochure Le Parti communiste, les intellectuels et la nation fixe les règles de pensée et d'action des intellectuels communistes. Au début des années 1950, il perd une partie de ses responsabilités au profit d'Auguste Lecœur. Celui-ci, défendant les conceptions traditionnelles en matière de peinture, avait tenté de contraindre Aragon à l'autocritique pour avoir publié dans Les Lettres françaises un portrait de Staline jeune par Picasso. Laurent Casanova qui s'était, à l'époque, opposé à Auguste Lecœur sur ce point, contribue à son élimination en 1954 et confie à Aragon le rapport sur les intellectuels pour le Congrès d'Ivry (juin). Après la mise à l'écart de Charles Tillon à laquelle il avait participé en 1952, Laurent Casanova représente le Parti communiste dans les instances dirigeantes du Mouvement de la paix et du Conseil mondial de la paix. D'abord intéressé par le rapport Krouchtchev il n'intervient pas au Congrès du Havre (juillet 1956).



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