Michel Crucis

1922 - 2012

Informations générales
  • Né le 4 janvier 1922 à Trélon (Nord - France)
  • Décédé le 10 septembre 2012 à La Roche sur Yon (Vendée - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Vendée
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 3 octobre 1977 au 1er octobre 1986
Sénateur
du 2 octobre 1986 au 1er octobre 1995

Biographies

Biographie de la Ve République

CRUCIS (Michel)

Né le 04 janvier 1922 à Trélon (Nord)
Décédé le 10 septembre 2012 à La Roche-sur-Yon (Vendée)

Député de Vendée de 1958 à 1962
Sénateur de Vendée de 1977 à 1995


Michel Crucis est né le 4 janvier 1922 à Trélon dans le Nord dans une famille d’industriels. Après son baccalauréat, il fait son droit, jusqu’au doctorat, à Paris, et suit le cursus de l’École libre des sciences politiques. C’est par mariage qu’il s’installe en Vendée. En effet, il épouse Anne-Marie Rochereau en 1947, qui est la fille d’Henri Rochereau, ancien député de la Vendée, conseiller général et maire de Chantonnay, ce qui facilite son entrée en politique. Le couple aura quatre enfants. Michel Crucis s’installe à La Roche-sur-Yon où, à partir de 1948, il est avocat puis, à partir de 1954, conseiller juridique et fiscal, ainsi qu’expert agricole et foncier.

En 1951, il entame son parcours politique. Malgré son échec aux législatives de juin, il succède à son beau-père comme conseiller général du canton de Chantonnay en octobre. Deux ans plus tard, Henri Rochereau se retire de la vie politique et son gendre reprend la mairie de Chantonnay. Michel Crucis devient par ailleurs secrétaire du Syndicat de la plaine de Luçon et vice-président de l’Union mutualiste de la Vendée – il en exerce la présidence de 1966 à 1972. Il tente à nouveau de se faire élire aux élections législatives de 1956, mais quatrième sur la liste d'Union des indépendants et paysans de Vendée, qui n’obtient que trois élus, il échoue. C’est avec la Ve République qu’il peut donner à son engagement politique une dimension nationale.

Le maire de Chantonnay se présente aux élections législatives de novembre 1958 avec le soutien des Indépendants et paysans d’action sociale (IPAS), dans la première circonscription de Vendée. Il recueille 22 167 voix et 45,3 % des suffrages exprimés au premier tour. Le député sortant, Lionel de Tinguy du Pouët, candidat du Mouvement républicain populaire (MRP), n’a obtenu que 27,8 % et s’efface en sa faveur. Michel Crucis remporte ainsi très largement l’élection au second tour : il obtient 32 368 voix et 73,74 % des suffrages exprimés, contre 7 750 au socialiste Jean Magaud et 3 776 au communiste Auguste Brunet.

À l’Assemblée, Michel Crucis s’inscrit au groupe IPAS et siège à la commission des Affaires étrangères. Il est élu membre du Sénat de la Communauté en juillet 1959.

Au cours de son mandat, le député vendéen dépose trois propositions de loi : la première vise à aménager les prestations sociales des exploitants agricoles (28 juin 1961), la deuxième porte sur l’indemnité du preneur sortant (28 juin 1961) et la troisième tend à reporter le délai de forclusion de l’arrêté du 10 novembre 1959 du ministre de la Construction, relatif au dépôt de certains dossiers d’indemnisation au titre des sinistres de guerre (12 septembre 1961). À la tribune, le maire de Chantonnay se fait surtout le porte-parole de ses administrés. Le 11 décembre 1959, il pose ainsi une question orale relative à l’assurance obligatoire des exploitants agricoles contre les risques de maladie. Il prend également part au projet de loi relatif aux assurances sociales agricoles en novembre 1960. Lors de la déclaration de Michel Debré sur la politique économique et sociale, Michel Crucis souligne « le sous-développement économique persistant des départements de l’Ouest ». Il l’évoque à nouveau lors de l’examen du projet de finances pour 1962, en octobre 1961, et lors du projet de loi portant approbation du IVe Plan en juin 1962. Il se prononce également, lors de la discussion du projet de loi portant allégement de l'impôt sur le revenu en faveur de certains contribuables, le 9 mai 1962, en faveur de mesures pour les familles ayant des enfants dans les pensionnats.

Lors des grands scrutins de la législature, le député évolue progressivement vers l’opposition par hostilité à la politique algérienne du général de Gaulle. Il approuve le programme du gouvernement de Michel Debré le 16 janvier 1959, comme le nouveau règlement de l’Assemblée nationale qui limite les possibilités d’expression des parlementaires le 3 juin 1959. Michel Crucis soutient la loi réformant le financement de l’enseignement privé le 23 décembre 1959, mais il rejette la déclaration de politique générale du Premier ministre, après le discours du général de Gaulle sur l’autodétermination de l’Algérie, le 15 octobre 1959. Michel Crucis vote contre les pleins pouvoirs au gouvernement pour ramener l’ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades, le 2 février 1960. Le député vendéen appelle à voter non lors des référendums du 8 janvier 1961 sur l'autodétermination de l'Algérie et du 8 avril 1962 sur l'approbation des accords d'Évian. Il s’abstient volontairement lors de la présentation du programme du gouvernement de Georges Pompidou à l’Assemblée nationale le 27 avril 1962, et ne prend pas part au vote contre la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président du Conseil Georges Bidault, le 5 juillet 1962. Enfin, il vote la motion de censure qui renverse le gouvernement, le 4 octobre 1962.

Michel Crucis se représente lors des élections législatives des 18 et 25 novembre 1962. Au premier tour, il ne rassemble sur son nom que 35,2 % des suffrages, contre 48 % à Lionel de Tinguy du Pouët et 8 % à Eugène Auger, le candidat socialiste. Les trois se maintiennent au second tour : Lionel de Tinguy recueille 24 857 des 42 587 suffrages exprimés, soit 58,4 %, contre 28,3 % à Michel Crucis, qui est battu, et 13,3 % à Eugène Auger.
Cet échec ne signe pas la fin de la carrière politique de Michel Crucis. Tel est d’abord le cas au niveau local. Conseiller général de la Vendée depuis 1951, il prend la présidence de l’assemblée départementale en 1970, fonction qu’il occupe jusqu’en 1988, date à laquelle il cède son siège à Philipe de Villiers. Dans ce cadre, il se fait l’acteur de la décentralisation. Il initie de nombreux projets en particulier l’essor touristique du département, les débuts de l’aménagement du littoral, le désenclavement de la Vendée ou encore la création du Centre hospitalier départemental à la Roche-sur-Yon. Il a également œuvré à la naissance du Vendée Globe au printemps 1988. A partir de 1972, Michel Crucis siège au conseil régional des Pays de la Loire, et en est vice-président.

Ces succès conduisent Michel Crucis à renouer avec une carrière politique nationale : il est élu sénateur de Vendée en 1977, puis réélu en 1986. Membre du groupe des Républicains et Indépendants, le maire de Chantonnay siège d’abord à la commission des affaires sociales puis, à partir de 1983, à celle des affaires étrangères. Au nom de ces commissions, le sénateur, qui déploie une intense activité parlementaire, est amené à déposer plusieurs rapports notamment sur le projet de loi relatif aux régimes d’assurances maladie, invalidité, vieillesse applicables aux ministres des cultes et membres des congrégations et collectivités religieuses en 1977. Par ailleurs, Michel Crucis dépose une proposition de loi tendant à créer un fonds de garantie pour indemniser les victimes d’accidents d’origine médicale en avril 1990. À la tribune, le sénateur s’intéresse aux questions d’immigration, en octobre 1979, comme rapporteur sur le projet de loi sur les conditions d'entrée et de séjour en France des étrangers en 1979, ainsi qu’aux transports comme en novembre 1980. Les questions de justice intéressent particulièrement ce docteur en droit : il consacre plusieurs interventions aux conventions binationales dans ce domaine. Michel Crucis est enfin rapporteur pour avis de plusieurs projets de loi sur la traduction de décision européenne dans le droit français. En 1984, Michel Crucis fonde une association pour la liberté de l'enseignement dans son département, en cohérence avec ses interventions en défense de l'enseignement privé en 1977 puis 1991. Ses engagements européens le conduisent à voter en 1992 le projet de loi constitutionnelle tirant les conséquences de la ratification du traité de Maastricht.

En 1995, âgé 73 ans, le sénateur décide de ne pas se représenter. Il s’éteint le 10 septembre 2012 à l’âge de 90 ans. Il était chevalier de la Légion d'honneur et officier des Palmes académiques.

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