Marcel Déat

1894 - 1955

Informations générales
  • Né le 7 mars 1894 à Guérigny (Nièvre - France)
  • Décédé le 5 janvier 1955 à Turin (Italie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 26 février 1926 au 31 mai 1928
Département
Marne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Seine
Groupe
Parti socialiste de France
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 9 avril 1939 au 31 mai 1942 *
Département
Charente
Groupe
Union socialiste et républicaine

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 7 mars 1894 à Guérigny (Nièvre), mort le 5 janvier 1955 à Turin (Italie).

Député de la Marne de 1926 à 1928, de la Seine de 1932 à 1936, de la Charente de 1939 à 1942.

Ministre de l'Air du 24 janvier au 4 juin 1936.

Fils d'un petit fonctionnaire, Marcel Déat fit ses études au lycée de Nevers, puis à la « Khâgne du lycée Henri IV. Reçu en juillet 1914 à l'Ecole normale supérieure, il partit comme simple soldat à la guerre de 1914, dans l'infanterie. Il en revint capitaine, avec cinq citations et la croix de la Légion d'honneur. En 1920 il réussit l'agrégation de philosophie. Pendant trois ans il resta au Centre de documentation sociale de l'Ecole normale où il collabora étroitement avec Célestin Bouglé, disciple de Durkheim. Il était membre du Parti socialiste unifié depuis 1914.

Il fut nommé professeur de philosophie au lycée de Reims en 1923.

Battu, dans la Marne, aux élections législatives générales du 11 mai 1924 (il arriva second de la liste S.F.I.O. avec 12.974 voix sur 87.763 votants), il fut élu en 1925 au conseil municipal de Reims sur une liste du Tbloc des gauches. Le 28 février 1926 - il précisait dans sa profession de foi qu'il était bibliothécaire adjoint de l'Ecole normale supérieure - il fut, élu député de la Marne, sur la liste du cartel des gauches, menée par Paul Marchandeau. Il obtint 38.713 voix sur 77.939 votants (Marchandeau arrivait en tête avec 40.268 voix). Devenu membre de la Commission de l'enseignement et des beaux-arts, il prit part aux débats sur les budgets de 1927 et 1928 sur des points particuliers touchant à l'instruction publique.

Battu le 29 avril 1928, dans la circonscription d'Epernay, au second tour de scrutin, avec 9.735 voix contre 12.353 à son concurrent, sur 22.919 votants, il devint secrétaire administratif du groupe socialiste S.F.I.O. au Palais Bourbon. En 1930, il publia une Sociologie, et en 1931 ses Perspectives socialistes qui soutenaient contre Blum les idées de Renaudel.

Il se présenta les 1er et 8 mai 1932, toujours comme candidat S.F.I.O. dans la deuxième circonscription (20e arrondissement : quartier de Charonne) du département de la Seine. Jacques Duclos arriva en tête au premier tour, avec 7.346 voix, contre 6.771 seulement pour Déat, qui l'emporta pourtant au second tour avec 7.909 voix sur 21.936 votants.

Au Parlement, il devint membre de la Commission de l'Alsace et de la Lorraine, de la Commission de l'enseignement et des beaux-arts et de la Commission des finances. En 1933, au Congrès de la mutualité, Barthélemy Montagnon, Marcel Déat et Adrien Marquet s'attaquèrent à la direction du parti S.F.I.O. Marcel Déat, qui avait publié avec Barthélemy Montagnon, un ouvrage intitulé Néo-socialisme, ordre, autorité, nation, devint secrétaire général du « Parti socialiste de France », parti dissident fondé par la tendance Renaudel, appelé aussi Parti « Néo-socialiste ». A la Chambre, Déat « demande à interpeller le Gouvernement sur les mesures d'assainissement que celui-ci compte prendre à la suite du scandale financier de Bayonne (affaire Stavisky) ». N'ayant nullement, déclare-t-il, « le goût morbide du scandale », il assure : « nous sommes beaucoup moins en présence d'une défaillance des institutions que d'une carence des personnes ». Dans la séance du 18 mai 1934, parlant sur la date de la fixation d'une interpellation au sujet de la mise en application des pleins pouvoirs par le Gouvernement Doumergue, il déclara : « la Chambre est prise entre la menace de l'émeute et la perspective de la dissolution » et mit en doute les mérites de la politique de déflation de Germain-Martin. Le 15 mars 1935 il vota contre la confiance au Gouvernement Flandin sur la politique militaire (il avait lui-même déposé un ordre du jour insistant sur l'importance du rôle des spécialistes dans l'armée nouvelle). Le 6 décembre 1935 il dénonça l'attitude du Gouvernement « dont la faiblesse favorise l'éclosion d'un climat de guerre civile ».

Le 16 janvier 1936 il critiqua la politique de déflation et dénonça la « complaisance des banques » pour Pierre Laval, chef du Gouvernement.

Le 24 janvier 1936 il devint Ministre de l'Air dans le Cabinet A. Sarraut. Au moment de la réoccupation de la Ruhr par le IIIe Reich, le 7 mars 1936, il s'opposa à toute mesure de mobilisation (comme ses collègues de la Guerre et de la Marine).

Le 3 mai 1936 il fut battu - toujours dans le XXe arrondissement - par Adrien Langumier (communiste), qui obtint 13.621 voix (sur 26.993 votants) contre 12.766 voix pour Déat qui avait été distancé dès le premier tour, qui eut lieu le 26 avril.

Pourvu d'une chaire de philosophie à l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud et au lycée Louis-le-Grand, il collabora à de nombreux journaux (L'Oeuvre, la République, le Petit Provençal, la Tribune de France) et devint secrétaire d'un nouveau parti, « l'Union socialiste républicaine ». En 1937 il publie Le front populaire au tournant, Pour une politique de l'air, la préface de Le plan français et, avec R. Aron, Inventaires - L'économique et la politique.

Le 9 avril 1939, lors d'une élection partielle, il fut élu, à Angoulême, député de la Charente, comme candidat du Rassemblement anticommuniste, au second tour de scrutin, avec 11.277 voix sur 20.685 votants, contre 8.848 voix au communiste Gagnaire, qui était arrivé en tête au premier tour avec 4.868 voix contre 4.649 pour Déat. Membre de la Commission du commerce et de l'industrie, de la Commission de l'enseignement et des beaux-arts, il déposa une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à réaliser par décret-loi un régime généralisé d'allocations familiales agricoles, et une proposition de loi tendant à modifier l'article 33 de la loi du 11 juillet 1938 sur l'organisation générale de la Nation pour le temps de guerre.

Il demanda à interpeller le Gouvernement « sur la conduite de la guerre, et plus spécialement sur la politique économique que le Gouvernement entend suivre » (30 janvier 1940) puis « sur la politique générale du Gouvernement et sur la conduite de la guerre » (11 avril et 19 avril 1940).

Le 4 mai 1939, il avait publié dans l'Oeuvre un violent article, Mourir pour Dantzig, non, qui marqua le tournant de ses relations avec le nazisme, pour lequel il professa une admiration de plus en plus grande (tel du moins qu'il le concevait) jusqu'à devenir un fanatique de la « collaboration ».

Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vota la loi des pleins pouvoirs. Il devint ensuite directeur politique de l’Oeuvre et, en septembre, rentra à Paris. Il fit l'apologie des vainqueurs et de leur idéologie. Il attaqua violemment certains cercles vichyssois qui lui paraissaient trop peu « révolutionnaires », trop « traditionalistes ».

Le 14 décembre 1940 il fut d'ailleurs arrêté sur l'ordre des autorités de Vichy, mais fut relâché douze heures après, sur l'intervention de l'ambassade allemande.

En 1941, il fonda le Rassemblement national populaire (R.N.P.) avec, entre autres, Deloncle, ancien chef de la « Cagoule », qui se séparera de lui quelques mois après. Le 27 septembre 1941 Déat fut blessé en même temps que Laval par Paul Colette, au cours d'une cérémonie d'incorporation des « engagés volontaires contre le bolchevisme ». Se rapprochant ou s'éloignant des divers groupes, partis, clans et tendances qui s'entredéchiraient en se disputant le pouvoir à Paris et à Vichy, Déat, membre du Comité des amis des Waffen S.S. et membre de la Milice (cf. Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française 1963), devint Ministre du Travail et de la solidarité nationale le 17 mars 1944. Il s'enfuit en Allemagne en août 1944, puis, en 1945, passa en Italie sous un faux nom. Il y mourut le 5 janvier 1955, à Turin, après s'être converti à la religion catholique. Il avait 61 ans. Le 19 juin 1945, la Haute Cour de justice l'avait condamné à mort par contumace, à l'indignité nationale à vie, et à la confiscation de ses biens.




Né le 7 mars 1894 à Guérigny (Nièvre)
Décédé le 5 janvier 1955 à Turin (Italie)

Député de la Marne de 1926 à 1928
Député de la Seine de 1932 à 1936
Député de la Charente de 1939 à 1942
Ministre de l'Air du 24 janvier au 4 juin 1936
Ministre du Travail et de la solidarité nationale du 17 mars au 20 août 1944

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1262 et 1263)

Marcel Déat meurt à Turin le 5 janvier 1955.