Paul, Jean, Marie, Raymond Estèbe

1904 - 1991

Informations générales
  • Né le 2 août 1904 à Saïgon (Vietnam)
  • Décédé le 14 octobre 1991 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Gironde
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 20 août 1904 à Saigon (Cochinchine) Décédé le 14 octobre 1991 à Bordeaux (Gironde)

Député de la Gironde de 1951 à 1955

Né à Saigon (Cochinchine) le 20 août 1904, Paul Estèbe descend d'une famille d'origines ariégeoises et toulousaines dont plusieurs membres avaient occupé des fonctions importantes dans l'administration d'Outre-mer. Son père est professeur de lycée, de même que sa mère. Après des études secondaires au lycée de Toulouse et au lycée Louis le grand à Paris, Paul Estèbe suit les cours de la faculté de droit et lettres de Toulouse puis de la faculté de droit de Paris et est également élève de l'Ecole des sciences politiques. En 1934, il passe le doctorat en droit avec une thèse sur Le problème du riz en Indochine.

Professeur de lettres au lycée de Saigon de 1930 à 1935, Paul Estèbe devient ensuite chargé de mission au ministère de l'Economie nationale (Conseil national économique) puis rapporteur au Comité de surveillance des prix (1935-1939).

Il est mobilisé en 1939 dans le 5e Régiment d'infanterie. Nommé directeur adjoint au cabinet civil du chef de l'Etat (1940-1943), Paul Estèbe, intégré au corps des sous-préfets en 1941, met à profit sa position pour développer une activité anti-allemande qui lui vaut d'être arrêté par la Gestapo (10 août 1943) et déporté à Buchenwald, puis à Plannsee-Dachau dont il n'est libéré qu'en mai 1945. Il s'établit alors à Bordeaux et s'oriente vers un engagement politique actif.

Conseiller de l'Union française de 1947 à 1953, Paul Estèbe est notamment président de la Commission de l'information de l'Assemblée de l'Union française. Membre du Comité national du PRL (Parti républicain de la liberté), il est également vice-président de la fédération girondine PRL et indépendants.

Paul Estèbe n'avait pas été candidat aux élections de 1945 et 1946 pour les deux Assemblées nationales Constituantes, ni à celles du 10 novembre 1946 pour la première législature de la IVe République, mais le 17 juin 1951, aux élections pour la seconde législature, il conduit la Liste du Rassemblement des groupes républicains et indépendants français dans la première circonscription de la Gironde. Six sièges sont à pourvoir dans cette circonscription où neuf listes s'affrontent mais où aucun apparentement n'a été conclu. Avec 28 748 voix sur 226 237 suffrages exprimés, Paul Estèbe réussit, seul de sa liste, à être élu député.

Inscrit au Groupe du centre démocratique et social, il est membre de la Commission de la marine marchande et des pêches (1951-1955) et de celle des territoires d'Outre-mer (1951-1955). Siégeant également à la Commission spéciale chargée de tirer les conclusions de l'enquête menée en 1950 en Côte d'Ivoire sur les événements survenus dans ce territoire (6 mars 1952), il en est nommé vice-président (12 mars 1952). Enfin, il siège à la Commission d'enquête chargée de vérifier les modalités d'application du Code du travail dans les territoires d'Outre-mer et les territoires associés (1954), et est nommé par la Commission des territoires d'Outre-mer membre de la Commission de coordination pour l'examen des problèmes intéressant les Etats associés d'Indochine (1954-1955).

Il dépose, au cours de cette législature, une proposition de loi tendant à substituer au cadre provisoire des agents supérieurs un cadre latéral d'administrateurs civils (14 décembre 1951) et prend part à plusieurs reprises aux discussions parlementaires, notamment à propos de l'échelle mobile des salaires (19 février 1952), déclarant à ce sujet : « Je suis convaincu que la reconnaissance officielle du principe de l'échelle mobile et son application, dans l'état actuel de notre économie et de notre comportement politique, précipiterait jusqu'au désastre l'évolution funeste de notre économie (...). Mon opposition au projet d'échelle mobile n'est ni aveugle ni partiale. Je suis prêt à convenir que l'application de l'échelle mobile, contractuelle ou légale, a donné des résultats favorables dans certains pays (...). A [cette] condition toutefois (...) que l'échelle mobile n'est admissible que dans le cadre d'une politique rigoureuse de stabilité monétaire... »

Il intervient en outre sur l'amnistie (21 octobre 1952) et sur la situation en Indochine.

Paul Estèbe approuve les lois Marie et Barangé relatives à l'enseignement privé (21 septembre 1951) puis le projet de pool charbon-acier (13 décembre) et vote l'investiture à Antoine Pinay (6 mars 1952). Egalement partisan de l'investiture au Gouvernement de Joseph Laniel (26 juin 1953), il vote contre le cessez-le-feu immédiat en Indochine (9 mars 1954) et se prononce pour la confiance au Gouvernement après Dien-Bien-Phû (13 mai) puis à nouveau le 12 juin lors du scrutin entraînant la chute du cabinet Laniel. Opposé à l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin), le député de la Gironde s'abstient volontairement lors du scrutin du 23 juillet sur les Accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine. Partisan de l'intégration européenne et occidentale, Paul Estèbe vote contre la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la ratification du traité sur la Communauté européenne de défense (CED) dont l'adoption entraînera le rejet du traité (30 août) mais il s'abstient volontairement dans le vote sur les Accords de Paris permettant l'entrée de l'Allemagne dans l'OTAN (29 décembre).

Paul Estèbe refuse sa confiance à Pierre Mendès France dans le scrutin du 4 février 1955 à la suite duquel le Gouvernement est renversé. Il vote l'investiture à Edgar Faure (23 février) et l'état d'urgence en Algérie (31 mars) et soutient également le Gouvernement dans le vote du 29 novembre sur le mode de scrutin et la date des élections, vote à la suite duquel le cabinet Edgar Faure est renversé. Le 2 décembre 1955, l'Assemblée nationale est dissoute.

A nouveau tête de liste de l'Union des républicains indépendants et des paysans dans la première circonscription de la Gironde lors des élections anticipées du 2 janvier 1956 pour la troisième législature de la IVe République, Paul Estèbe, avec 24 176 voix sur 267 543 suffrages exprimés, n'est pas réélu.

Paul Estèbe était conseiller municipal de Bordeaux depuis 1953 et avait poursuivi son implantation locale en fondant, cette même année, le périodique de l'Opinion girondine.

Après son échec aux élections législatives, il devient directeur de l'organisation d'aide économique et sociale au ministère des affaires économiques (1956-1959) et poursuit une activité importante comme écrivain et journaliste ainsi que comme militant de l'union européenne. Officier de la Légion d'honneur, Paul Estèbe était en outre Grand croix de l'ordre national du Vietnam, officier du Nissam alaouite ainsi que du Nicham Iftikar.



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