Gaston, Marie, Sidoine, Théonile Gerville-Réache

1854 - 1908

Informations générales
  • Né le 23 août 1854 à Pointe-à-pitre (Guadeloupe - France)
  • Décédé le 30 mai 1908 à Mareil-en-france (Val-d'Oise - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 4 septembre 1881 au 9 novembre 1885
Département
Guadeloupe
Groupe
Extreme-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 11 novembre 1889
Département
Guadeloupe
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Guadeloupe
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Guadeloupe
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Guadeloupe
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Guadeloupe
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Député depuis 1881, né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 23 août 1854, fils d'un greffier de la cour d appel, il fit ses études à Paris, fut reçu avocat, et entra comme rédacteur judiciaire à la Justice.

Inscrit au barreau de Paris, où il plaida non sans succès, il se présenta, comme candidat radical, aux élections du 2 octobre 1881, dans la 1re circonscription de la Guadeloupe, et fut élu député par 2 206 voix sur 3 765 votants et 12 478 inscrits, contre 986 voix à M. Emile Réaux, et 565 à M. Jean Romain. Le même jour il obtint, dans la 2e circonscription de la Guadeloupe, 203 voix contre 2 522 à M. Sarlat, élu, et 551 à M. Emile Réaux. Il prit place à l'extrême-gauche, mais passa bientôt à l'Union des gauches, trouvant le programme radical irréalisable pour le moment. Il devint vice-président de ce dernier groupe, et prit une part active aux travaux parlementaires. En juin 1882, il présenta à la loi sur la réforme de la magistrature un contre-projet demandant l'élection des magistrats au suffrage universel ; appuya (janvier 1883) le rapport de M. Lepère sur le même sujet, concluant du moins à l'élection par le suffrage à deux degrés ; fut rapporteur de la loi sur la rélégation des récidivistes (mars 1883) et fut un des champions les plus ardents pour la défense de cette loi ; fut chargé, au Congrès (août 1884), de l'important rapport limitant aux propositions du gouvernement la révision des lois constitutionnelles.

Porté, aux élections du 25 octobre 1885, sur la liste républicaine de la Guadoloupe, il fut réélu, le 1er sur 2, par 5,456 voix sur 10 514 votants et 34 103 inscrits ; dans la nouvelle Chambre, il fit presque constamment partie de la commission du budget, fut rapporteur du budget de la marine en 1886 et 1889 (ses rapports ont été remarqués et vivement discutés), rapporteur du budget des affaires étrangères en 1888, rapporteur de la loi des cadres des officiers de la marine, président du comité consultatif des pêches maritimes, président de la commission de réforme, de la comptabilité des magasins de la marine, président de la classe 77 à l'Exposition universelle, etc. En janvier 1887, il contribua à la formation de « l'Association de propagande républicaine », dont les statuts furent votés le 17 février ; le 31 mai 1888, il interpella le ministre des Affaires étrangères sur les paroles prononcées à la tribune hongroise par M. Tisza, premier ministre, conseillant aux Hongrois de ne pas prendre part à l'exposition de 1889 à Paris, « parce que leurs biens et leurs personnes n'y seraient pas en sûreté. » La réponse du ministre français donna satisfaction à l'émotion soulevée. par ces étranges paroles. Lors de l'incident du cosaque Atchinoff à Sagallo, et de l'interpellation de M. Hubbard sur cette affaire (28 février 1889), M. Gerville-Réache, après la réponse du ministre des Affaires étrangères, déposa l'ordre du jour suivant : « La Chambre, s'associant aux sentiments de sympathie pour la Russie exprimée par le gouvernement, passe à l'ordre du jour. ». Cet ordre du jour fut voté à l'unanimité. Radical par principe, mais opportuniste par circonstance, M. Gerville-Réache a voté constamment avec les républicains de gouvernement, et s'est prononcé notamment, dans la dernière session :
- pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- pour les poursuites contre le général Boulanger.

Né le 23 août 1854 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), mort le 30 mai 1908 à Mareil-en-France (Seine-et-Oise).

Député de la Guadeloupe de 1881 à 1906.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III, p. 167.)

De nouveau candidat le 22 septembre 1889, Gaston Gerville-Réache fut réélu sans la moindre difficulté, par 4.435 voix sur 4.481 votants, en l'absence de tout autre candidat.

Alors qu'il siégeait à l'extrême-gauche en 1881, il s'inscrivit à l'union des gauches, jugeant irréalisable le programme radical et se définit lui-même en « radical se soumettant à la volonté nationale ».

Au cours de cette législature, les principaux objets de ses préoccupations furent le régime douanier entre la France et ses colonies, et précisément le régime des sucres car il souhaitait une taxation moindre sur les sucres coloniaux que sur les sucres métropolitains.

Réélu le 20 août 1893 par 5.900 voix sur 7.536 votants contre M. Bernus qui n'obtint que 1.637 voix, il s'inscrivit au groupe de la gauche radicale et il fut candidat malheureux à la vice-présidence de la Chambre des députés. Il déposa de nombreux textes concernant les produits tropicaux de la Guadeloupe et la crise sucrière et l'indemnisation des victimes du tremblement de terre qui a ravagé l'île le 29 avril 1897.

Le 8 mai 1898, Gaston Gerville-Réache fut réélu par 6.003 voix sur 8.684 votants et 14.872 inscrits ; M. Ténac, son seul adversaire, recueillit 2.645 voix.

Il devait être à nouveau réélu le 27 avril 1902 par 5.955 voix sur 7.521 votants et 15.748 inscrits, contre M. Legitimus, maire de Pointre-à-Pitre (1.499 voix). Il fut élu vice-président de la Chambre des députés en 1904, réélu en 1905 et 1906. C'est aux commissions des douanes, de la marine, des colonies qu'il déploya le meilleur de son activité de parlementaire, principalement au bénéfice de sa chère Guadeloupe, et toujours à propos du tarif général des douanes, mais cependant il sut s'intéresser non sans bonheur à des questions très différentes, telles que les faits délictueux se rapportant à l'affaire Dreyfus, les tarifs des avoués et le désarmement international, dont on parlait déjà en 1904 à propos du budget des affaires étrangères.

Ses électeurs guadeloupéens, le 6 mai 1906, lui préférèrent M. Gérault-Richard, journaliste, député sortant de la 2e circonscription, avec 7.120 voix contre 4.913 et sa protestation tendant à l'invalidation de son adversaire fut rejetée par la Chambre.

Juriste et ancien professeur de philosophie à Haïti, disciple de Victor Schoelcher qui le protégea, Gaston Gerville-Réache, homme de couleur, fut fidèle à la tradition républicaine libérale qu'il aimait à évoquer, comme il se plaisait à vivre au quartier latin où il demeura pendant 20 ans.

Il mourut le 30 mai 1908 à Mareil-en-France à l'âge de 54 ans.



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