François, Claude, Eléonor Bénard

1903 - 1978

Informations générales
  • Né le 28 janvier 1903 à Feuquières (Oise - France)
  • Décédé le 1er mars 1978 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Oise
Groupe
Rassemblement des gauches républicaines et du centre républicain
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Oise
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Oise
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Oise
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Oise
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 1er mars 1978
Département
Oise
Groupe
Union centriste

Biographies



Né le 28 janvier 1903 à Feuquières (Oise) Décédé le 1er mars 1978 à Paris (Seine) (17e)

Député de l'Oise de 1956 à 1958

Claude Eléonore François Bénard naît le 28 janvier 1903 à Feuquières, petit village proche de Grandvilliers (Oise), d'une famille ayant notamment compté parmi ses ancêtres le conventionnel Vincent, ancien député de Neufchâtel-en-Bray (près de Dieppe, Seine Maritime). Son père est Georges Octave Bénard, sa mère Marthe Gabrielle Pauline Coupigny. A l'issue de ses études secondaires, François Bénard passe le doctorat de droit (sciences politiques et économiques), et suit les cours de l'Ecole des hautes études commerciales (H.E.C.), dont il est diplômé. Il embrasse alors la profession de minotier à Saint-Omer-en-Chaussée (Oise). Engagé en 1940, il fera la campagne comme adjudant.

Conseiller d'arrondissement du 14 octobre 1928 au 18 octobre 1931, François Bénard est élu conseiller municipal, puis devient maire de Saint-Omer-en-Chaussée de 1929 à 1944. En mars 1931, il est élu conseiller général de Marseille-en-Beauvaisis (Oise), mais il échoue de justesse au deuxième tour des élections législatives de 1932 face à Raoul Aubaud, député sortant radical dans la deuxième circonscription de Beauvais.

Par arrêté de Marcel Peyrouton, ministre secrétaire d'Etat à l'intérieur, en date du 3 février 1941, François Bénard est nommé membre de la Commission administrative du département de l'Oise, qui siègera du 27 février 1941 au 4 mars 1943. La loi du 7 août 1942 institue les conseils départementaux en place des conseils généraux supprimés. Par arrêté de Pierre Laval en date du 2 mars 1943, il est nommé président du conseil départemental de l'Oise, qui tient sa première séance le 10 mai 1943, et la dernière le 6 juin 1944. Réélu conseiller général de Marseille en Beauvaisis à la Libération, il accède à la présidence du conseil général de l'Oise à la suite des élections cantonales des 20 et 27 mars 1949.

Parallèlement à ses responsabilités politiques, il siège, à l'échelon départemental, dans de nombreux organismes touchant aux questions du logement, de la sécurité sociale et des constructions scolaires.

François Bénard, lors des élections pour la troisième législature, le 2 janvier 1956, se présente en tête de la liste de « Concentration républicaine et d'action sociale, présentée pour la réforme de l'Etat et la défense des libertés électorales et par le Rassemblement des groupes républicains et indépendants français ». Cette liste est notamment apparentée à la liste des Indépendants, des paysans et du rassemblement des gauches républicaines (R.G.R.). Les engagements électoraux pris par les cinq candidats de la liste conduite par François Bénard prévoient notamment une réforme profonde des institutions, permettant d'assurer la stabilité gouvernementale par la dissolution automatique de l'Assemblée à la deuxième crise ministérielle. Ils se prononcent également pour la construction européenne et pour la fidélité au Pacte Atlantique, et consacrent une partie importante de leur profession de foi aux problèmes agricoles, tout particulièrement importants pour un département comme celui de l'Oise.

Avec 21 929 voix sur 213 654 suffrages exprimés, François Bénard est élu député de la cinquième circonscription de l'Oise. Inscrit à l'Assemblée dans le groupe R.G.R., il est nommé membre de la Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement (1956), de celle du travail et de la sécurité sociale (1956), de celle de la Défense nationale (1957), de celle enfin de la famille, de la population et de la santé publique (1957). Il dépose sept propositions de loi ou de résolution, concernant pour la plupart des questions agricoles. Sa proposition du 18 avril 1956 tend notamment à réprimer les reprises abusives d'objets mobiliers et de cheptel à l'occasion des changements de locataires ou d'occupants de baux ruraux.

François Bénard, qui avait insisté dans son programme sur la nécessité de réformer le système institutionnel de la Quatrième République, vote les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956), et soutient le processus qui aboutira au changement de régime en 1958 : favorable au gouvernement Pflimlin (13 mai 1958), il vote l'état d'urgence (16 mai), s'oppose à la révision de la Constitution (27 mai), mais soutient le général de Gaulle lors du vote de confiance du 1er juin, accorde les pleins pouvoirs (2 juin) et approuve la révision constitutionnelle (2 juin).


BÉNARD (Claude, Eléonor, François)
Né le 28 janvier 1903 à Feuquières (Oise).
Décédé le 1er mars 1978 à Paris

Député de l’Oise de 1958 à 1978

François Bénard avait plaidé dès la fin de la IVème République en faveur d’une réforme des institutions qui eût permis de mieux garantir la stabilité ministérielle. Ayant approuvé la révision constitutionnelle, il s’engage en faveur du « oui » à la Vème République à l’occasion du référendum du 28 septembre 1958. Depuis 1931, il est l’élu du canton de Marseille-en-Beauvaisis, mais les hasards du découpage électoral ont situé ce secteur dans la première circonscription, où le constructeur aéronautique Marcel Dassault, sénateur de l’Oise depuis 1957, a décidé de se présenter. C’est donc dans la 5ème circonscription de l’Oise que François Bénard se porte candidat aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958. Il reçoit l’investiture de l’Union pour la nouvelle République (UNR)
Député sortant, il entend cependant incarner une nouvelle conception du mandat de député et rappelle dans sa profession de foi que « le général de Gaulle a mis en garde les futurs parlementaires contre la tentation de déborder les limites du rôle dévolu aux assemblées ». Président du conseil général de l’Oise depuis mars 1949, il affronte au premier comme au second tour de scrutin deux membres de l’Assemblée départementale : Simone Roussillat, élue communiste, et Marc Toutain pour la SFIO. Ayant rassemblé 39,6% des suffrages exprimés au premier tour, François Bénard est réélu député de l’Oise le 30 novembre 1958 (54,3%), dans une triangulaire où il est le seul candidat des modérés, des gaullistes et de la droite.
Il s’inscrit au groupe UNR à l’Assemblée nationale et siège à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de janvier 1959 à avril 1962, puis à la Commission de la production et des échanges d’avril à juin 1962. François Bénard ne prend pas la parole au Palais-Bourbon sous la première législature. Il dépose cependant une proposition de loi tendant à modifier certains articles du Code rural relatifs aux baux ruraux le 19 juin 1959, mais retire ce texte dès le mois suivant. Entre 1958 et 1962, François Bénard respecte en séance publique la discipline du groupe auquel il appartient : il accorde les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Michel Debré pour rétablir l’ordre en Algérie après la semaine des barricades (2 février 1960) et ne vote pas la motion de censure du 4 octobre 1962.
Les élections municipales des 8 et 15 mars 1959 ont permis au député de l’Oise de retrouver la mairie de Saint-Omer-en-Chaussée, qu’il avait dû abandonner en 1945. L’implantation de François Bénard continue de se caractériser par un aspect paradoxal, puisque cette commune se situe, comme le canton de Marseille-en-Beauvaisis, dans la première circonscription de l’Oise, dont Marcel Dassault est le député. Candidat au renouvellement de son mandat dans la cinquième circonscription de l’Oise en novembre 1962, François Bénard y est réélu dès le premier tour de scrutin par 58,2% des suffrages exprimés. Le président du Conseil général obtient son meilleur résultat dans le canton d’Auneuil (65,5%) et l’emporte dès le 18 novembre 1962 jusque dans des cantons pourtant marqués à gauche, comme ceux de Méru (56,2%) et de Mouy (52,5%).
Il retrouve le groupe UNR-UDT à l’Assemblée nationale à la fin de l’année 1962. Ses collègues le choisissent pour siéger à la Commission des affaires étrangères en 1962 et 1963. Le 6 avril 1966, le député de l’Oise rejoint la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales pour la dernière année de la législature. Détenteur de deux mandats exécutifs locaux, François Bénard préside ès qualités la Commission des constructions scolaires, le Comité départemental d’expansion économique et le Comité départemental d’aide aux rapatriés de l’Oise. Ces activités lui laissent peu de temps pour exercer les prérogatives des députés telles que définies par la Constitution de 1958. Tout indique qu’il conçoit son mandat parlementaire comme le prolongement de ses fonctions dans l’Oise. Marcel Mérigonde, un des collègues de François Bénard au Conseil général, devait d’ailleurs le reconnaître au moment de prononcer son éloge funèbre le 11 mai 1978 : « Il fut aussi député pendant vingt-deux ans. La fonction l’intéressait certes, mais dans la mesure où elle lui permettait de conforter celle de président du Conseil général de l’Oise et de conserver intact le territoire de notre département ».
Membre de l’Amicale parlementaire agricole et rurale et du groupe de défense de l’artisanat, François Bénard consacre l’essentiel de ses questions écrites aux problèmes du monde rural. Il dépose le 8 janvier 1963 une proposition de loi très technique, visant à faire prendre en charge par un fonds national l’indemnisation des affections silicotiques. Les votes émis par François Bénard sous la seconde législature correspondent à ceux des autres députés gaullistes : il autorise la ratification du traité de l’Elysée entre la France et l’Allemagne (juin 1963), se prononce en faveur d’un meilleur encadrement de la grève dans les services publics (juillet 1963) et approuve la réforme du service national (mai 1965).
Le député de l’Oise retrouve son siège dès le premier tour des élections législatives des 5 et 12 mars 1967. Son fidèle suppléant Michel Commelin a été élu conseiller général du Coudray-Saint-Germer en mars 1964 : cet élément contribue à renforcer la position du sortant dans la circonscription. La confiance lui est renouvelée par 51,03% des suffrages exprimés le 5 mars 1967. Le président du Conseil général de l’Oise reste assez discret à l’Assemblée nationale sous la troisième législature et continue de consacrer l’essentiel de son énergie à son département.
Après que le général de Gaulle a dissout l’Assemblée nationale pour répondre aux troubles de mai 1968, François Bénard reçoit l’investiture de l’Union pour la défense de la République pour les législatives des 23 et 30 juin 1968. La poussée des gaullistes et la division de la gauche lui permettent d’être réélu dès le premier tour de scrutin, avec 60,9% des suffrages exprimés.
Inscrit au groupe de l’UDR en 1968, le président du Conseil général de l’Oise le quitte en 1969. Il fait en effet partie des rares parlementaires gaullistes à refuser, avec le sénateur Marcel Prélot, la réforme soumise à référendum par le général de Gaulle le 27 avril 1969. Au milieu des années 1960, François Bénard avait déjà dû lutter pour empêcher que le sud du département de l’Oise fût rattaché à la région parisienne. « On veut nous priver de notre Katanga » s’était exclamé le parlementaire, qui avait réussi à obtenir le soutien décisif de Marcel Dassault dans sa lutte contre le dépeçage de l’Oise. La réforme envisagée en 1969 fait craindre à François Bénard que « son » département soit menacé par la création de la région Picardie. Après que 52,41% des Français ont rejeté le texte soumis à référendum par le général de Gaulle, il préside le Comité de soutien à la candidature de Georges Pompidou dans le département de l’Oise.
François Bénard est membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées de 1968 à 1973. Il ne dépose aucune proposition de loi au cours de cette quatrième législature de la Vème République. S’il se prononce en faveur de la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur (octobre 1968), il fait le choix de l’abstention au moment du scrutin sur la loi anti-casseurs (juin 1970) et n’approuve la création des régions en avril 1972 qu’après avoir obtenu des garanties quant à la préservation du département de l’Oise.
Les élections législatives des 4 et 11 mars 1973 marquent une progression générale des forces de gauche. Pour la première fois depuis novembre 1958, François Bénard, qui a reçu l’investiture des principales formations de la majorité, doit affronter un second tour. Après avoir réuni 40% des voix le 4 mars, il l’emporte assez nettement le 11 mars 1973 sur Jean Sylla, candidat du Parti communiste français.
Attaché à la rénovation nationale qu’incarnait de Gaulle en 1958, François Bénard n’en avait pas pour autant cessé de se référer aux valeurs de liberté et d’ouverture dans les années 1960. Ayant rompu avec les gaullistes en 1969, c’est assez logiquement que le président du Conseil général de l’Oise s’inscrit à l’Assemblée nationale au groupe de l’Union centriste, qui appartient désormais à la majorité, en avril 1973. Lorsque ce groupe fusionne avec celui des réformateurs à l’été 1974, François Bénard rejoint la formation parlementaire des Républicains indépendants. Il siège de 1973 à 1978 à la Commission des affaires étrangères et dépose le 30 mai 1973 une proposition de loi tendant à modifier les dispositions légales en matière de prix de revient.
Les votes de François Bénard le situent dans la majorité entre 1973 et 1978 : il approuve la réduction du mandat présidentiel à cinq ans (octobre 1973) comme la déclaration de politique de Jacques Chirac (juin 1976). S’il s’oppose à la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (novembre 1974), François Bénard vote l’élection au suffrage universel direct des représentants français au Parlement européen (juin 1977). Célibataire de toujours, le député de l’Oise se prononce en faveur de la réforme du divorce en juin 1975.
La maladie dissuade François Bénard, conseiller régional depuis 1973, de conduire une nouvelle campagne électorale à l’occasion des municipales des 13 et 20 mars 1977. Il annonce très tôt sa décision de ne pas participer aux législatives de mars 1978 et se retire donc sans être jamais intervenu dans l’hémicycle sous la Vème République. Il décède avant de connaître le nom de son successeur, la veille du premier tour des législatives.
Président du Conseil général de l’Oise de 1949 à sa mort, François Bénard avait su ménager les susceptibilités de Robert Hersant – élu de la 3ème circonscription - et de Marcel Dassault – député de la 1ère circonscription - sous la Vème République. Son éloge funèbre est prononcé par le président Chaban-Delmas au début de la sixième législature, le 18 avril 1978, en même temps que ceux de François Billoux, de Raymond Barbet et d’André Boulloche.

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