Waldeck, Emile Rochet

1905 - 1983

Informations générales
  • Né le 5 avril 1905 à Sainte-croix (Saône-et-Loire - France)
  • Décédé le 15 mars 1983 à Nanterre (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Paris
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Seine-St-Denis
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Seine-St-Denis
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 5 avril 1905 à Sainte-Croix (Saône-et-Loire).

Député de la Seine de 1936 à 1940.

Waldeck Rochet naît en Saône-et-Loire d'une famille d'artisans - son père est sabotier. Dès l'âge de huit ans il est vacher et ne fréquente l'école que pendant les mois d'hiver ; il passe toutefois le certificat d'études primaires. Il devient ensuite ouvrier maraîcher jusqu'à son départ au service militaire, qu'il effectue au 31e dragon de Lunéville.

Des convictions marxistes acquises dès l'adolescence l'incitent à s'engager politiquement très tôt. Il a dix-huit ans lorsqu'il entre aux Jeunesses communistes, dix-neuf ans en 1924, quatre années après le Congrès de Tours, qui voit naître le parti communiste français, lorsqu'il adhère au parti. Au cours de son service militaire d'ailleurs, il organisa des réunions pendant une permission, ce qui lui valut d'être puni de soixante jours de prison.

Au retour de son service militaire, Waldeck Rochet « se met à son compte » comme « petit maraîcher », la profession qu'il indique toujours dans ses biographies officielles et la rubrique sous laquelle il figure pour l'analyse de la composition sociologique de la Chambre des députés. Mais il doit rapidement abandonner la terre pour mener a bien sa formation politique. En 1931, en effet, le parti lui propose d'aller à l'école internationale léniniste de Moscou où la durée des études est de deux ans et demi. A son retour, il devient « permanent » du parti communiste français.

Nommé secrétaire de la région lyonnaise du parti communiste en 1932, on lui confie, en 1934, la direction de la section centrale agraire du parti. Il gravit des échelons dans la hiérarchie interne du parti : en 1936 il entre au Comité central et en janvier 1937 c'est à lui qu'est confiée, dès sa fondation, la direction de l'hebdomadaire paysan du parti, la Terre.

Cependant, son champ d'action véritable sera la banlieue de Paris, la « ceinture rouge ». Conseiller général de la Seine (Nanterre) de 1935 à 1937, aux élections de Front populaire en 1936, le parti le présente dans la 12e circonscription de Saint-Denis (Colombes-Puteaux) où il est élu facilement au second tour avec 13.823 voix sur 24.129 votants - son principal adversaire, de Fels, étant un radical indépendant.

Il concilie ses origines paysannes et une spécialisation agricole avec la représentation parlementaire d'un secteur urbain de communes ouvrières et en 1945 l'Humanité célébrera en lui « le plus grand artisan du rapprochement des travailleurs des champs et de leurs frères des villes ».

Pendant son premier mandat, à la Chambre comme au sein du parti, Waldeck Rochet n'a guère attiré l'attention sur lui, comptant simplement parmi les partisans les plus fidèles du secrétaire général Maurice Thorez.

A la Chambre, il défend les petits et moyens cultivateurs, les vignerons, les maraîchers et les ouvriers agricoles. Membre de la commission de l'agriculture, il dépose plusieurs propositions de loi concernant les problèmes agricoles et ses interventions portent sur les mêmes questions.

La guerre va le mettre plus en vue : il sera, en effet, l'un des « 27 du chemin d'honneur », selon la terminologie en usage dans le parti, c'est-à-dire l'un des députés qui ayant refusé de condamner le pacte germano-soviétique de 1939 ont, après la dissolution du parti communiste français, le 27 septembre 1939, par le gouvernement Daladier, reconstitué le même jour le « groupe ouvrier et paysan français ». Arrêtés, déchus de leur mandat de député le 20 février 1940, jugés par le 3e tribunal militaire permanent de Paris, condamnés à cinq ans de prison, les 27 seront bientôt transférés en Algérie, à Maison Carrée, puis dans un camp d'internement du Sud.



ROCHET (Waldeck, Emile)
Né le 5 avril 1905 à Sainte-Croix (Saône-et-Loire)
Décédé le 15 février 1983 à Nanterre (Hauts-de-Seine)

Député de la Seine de 1936 à 1940
Membres de la première et de la seconde assemblée nationale constituante (Saône-et-Loire)
Député de la Saône et Loire de 1946 à 1958
Député de la Seine de 1958 à 1970

(Voir la première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VIII, p 2881)

Arrêté le 8 octobre 1939, jugé et condamné le 4 avril 1940, puis transféré à la prison de Maison Carrée en Algérie au début avril 1941, Waldeck Rochet reste fidèle au Parti communiste. Libéré en février 1943, il part pour Londres en octobre, afin de représenter le PCF auprès du Comité français de la libération nationale (CFLN). Il est le porte-parole du PCF pour ses émissions à la BBC. En 1945, Waldeck Rochet est nommé suppléant au comité central et au bureau politique du PCF. Il devient titulaire de ces deux instances respectivement en 1947 et en 1950.
Délégué à l’Assemblée consultative provisoire, il est élu sur la liste conduite par le Parti communiste aux deux Assemblées nationales constituantes, avec respectivement 77 113, puis 77 489 voix, soit 31,6 % et 30,4 % des suffrages exprimés. Il est de nouveau élu lors des trois élections à l’Assemblée nationale de 1946, 1951 et 1956, avec respectivement 76 843 voix (32,4 % des suffrages exprimés), 69 632 voix (29, 4 % des suffrages exprimés) et 74 083 voix (29,1 % des suffrages exprimés).
A l’Assemblée consultative provisoire, il est membre de la commission de l’équipement national, de la production et des communications, de l’agriculture et du ravitaillement. Lors des deux Assemblées nationales constituantes, il appartient à la commission de l’agriculture. Il a également occupé cette responsabilité lors des trois mandats suivants et en fut même le président entre 1946 et 1947.
Il a appartenu, en outre, à la commission sur les boissons de 1946 à 1958. Il a enfin été membre de la commission chargée d’étudier les modifications à apporter à la loi sur la généralisation de la sécurité sociale, à partir du 28 mai 1947. Durant la session 1954-1955, il a été membre suppléant de la commission des finances. De 1946 à 1958, Waldeck Rochet s’est comporté comme l’un des parlementaires les plus actifs de la Quatrième République. Sous la première législature du régime (1946-1951), le président de commission parlementaire qu’il est dépose cinquante-et-une propositions de loi, vingt propositions de résolution, un rapport et un avis. Il se montre plus disposé encore à participer au travail législatif, de 1951 à 1956. Il dépose alors cinquante-sept propositions de loi et trente-et-une propositions de résolution. Enfin, au cours de la législature écourtée de 1956 à 1958, il signe vingt-cinq propositions de loi et huit propositions de résolution. Ses interventions parlementaires ne sont pas moins nombreuses. Il prend la parole cent-deux fois de 1946 à 1951, à soixante-seize reprises, entre 1951 et 1956, et trente-quatre fois, lors de la dernière législature de la Quatrième République. Ces différentes manifestations du député de Saône-et-Loire, en séance publique, sont rythmées par le dépôt de très nombreux amendements, contre-projets ou motions préjudicielles. Respectivement, au cours des trois législatures de la République, il défend d’abord soixante-deux amendements et trois contre-projets (1946-1951), quarante-huit amendements, trois contre-projets et trois motions préjudicielles (1951-1956) et deux amendements (1956-1958). L’ensemble de ses initiatives parlementaires portent essentiellement sur trois domaines.
Waldeck Rochet est avant tout le défenseur du monde rural. Il est, en effet, le président de la commission de l’agriculture de l’Assemblée nationale, au moment de l’adoption des projets de loi sur le statut des métayers et sur celui des baux à ferme, aux printemps 1946 et 1947. Par la suite, il dépose différentes propositions de loi relatives au monde rural ou à l’application de certains traités internationaux ayant selon lui des conséquences négatives pour les paysans français. Il s’oppose ainsi à l’accord général sur les tarifs douaniers en 1948 et, par la suite, à la création du Marché commun qui, aux yeux du Parti communiste, sont néfastes à l’agriculture française. En sa qualité de président de la commission de l’agriculture, il lance une enquête sur la production des produits céréaliers, le 20 décembre 1946. Sa parole est entendue dans l’ensemble des discussions agricoles ou presque : sur le temps de travail et le repos hebdomadaire dans les professions agricoles (4 mars 1947) ; sur le problème du blé et son prix (21 mars, 22 mai, 5 juin 1947, 24 janvier et 27 juillet 1950) ; sur la taxation des bénéfices agricoles (23 mai 1947, 27 février 1948) ; sur le problème du ravitaillement en général (29 avril, 13 et 16 mai 1947) ; sur la volonté de faire voter par le Parlement un fonds national d’allocation vieillesse agricole (4 janvier 1952) ; sur la question de la fièvre aphteuse (17 juin 1952, 24 mars 1953). Il évoque, à plusieurs reprises, la crise viticole, comme membre de la commission des boissons et comme élu d’une grande région productrice. C’est notamment le cas le 7 octobre 1952, le 8 novembre 1953, le 19 mai 1955 et le 1er mars 1956. Il s’investit dans la discussion relative aux tarifs douaniers pour les produits agricoles qu’il entend faire fixer par le Parlement (21 juillet 1953). Il défend aussi l’enseignement professionnel agricole et dépose, à cet égard, une motion préjudicielle visant à la suppression des abattements de zones, le 5 mai 1955. Il s’interroge sur l’encyclique relative à l’éducation chrétienne de la jeunesse. Il dépose aussi de nombreuses demandes d’interpellation sur la politique agricole du gouvernement (21 février, 17 septembre 1957 et 7 février 1958). Il dénonce alors ses conséquences sur le plan social : hausse du coût de la vie, climat d’incertitude, diminution de la part de la classe ouvrière et de la paysannerie laborieuse dans le revenu national ou les difficultés des petits et moyens exploitants agricoles.
Waldeck Rochet consacre aussi de l’énergie pour son département d’élection, la Saône-et-Loire : secours aux sinistrés des inondations de 1950, soutien aux mineurs du département en grève (18 novembre 1948), demande de maintien en activité des mines de Moloy (Saône-et-Loire), secours aux victimes de la catastrophe minière de Monceau-les-Mines (21 janvier 1958).
Enfin, la défense des revendications politiques de son parti constitue un autre des fondements de son action. Le groupe parlementaire communiste s’est abstenu lors de l’investiture du gouvernement de Guy Mollet, puis a voté les pouvoirs spéciaux à ce même gouvernement, avant de s’opposer très vite à la politique des socialistes. Il se fait le porte-parole de son groupe, interpellant le gouvernement à de nombreuses reprises, que ce soit sur les influences américaines en France (27 novembre 1947), pour condamner l’intervention franco-britannique dans le canal de Suez (28 novembre 1956), ou se faire l’écho des articles de Maurice Thorez sur la paupérisation de la société française. C’est Waldeck Rochet qui intervient au nom du groupe communiste pour le « cessez le feu en Algérie » (2 mai 1956) et pour dénoncer les saisies de journaux communistes en mai 1957. Enfin, en juin 1958, il intervient dans la discussion du projet de loi relatif à la reconduction des lois des 16 mars 1956, 26 juillet 1957, 15 novembre 1957 et 22 mai 1958 concernant les mesures exceptionnelles en Algérie. Il dénonce « le silence du général de Gaulle sur la solution à apporter au problème algérien », « l’hostilité du FLN à l’intégration », « les conséquences actuelles de la politique de guerre pratiquée par MM. Mollet et Lacoste », ainsi que « l’hostilité de l’entourage du général de Gaulle à toute négociation ».
A partir du mois de décembre 1952, à la demande du bureau politique du Parti communiste, Waldeck Rochet doit assister à l’ensemble des réunions du groupe parlementaire communiste. En 1953, le Parti le désigne comme dirigeant du groupe parlementaire, responsable devant le bureau politique. Il doit répartir le travail des députés communistes et choisir leur participation aux différentes commissions. La direction du Parti communiste lui fixe comme objectifs une participation régulière de l’ensemble des députés communistes à chaque débat parlementaire, ainsi que le développement de conférences de formation et de stages internes.
Parallèlement à ses activités parlementaires, Waldeck Rochet a assuré, pendant la Quatrième République, la direction du « travail paysan » au sein du PCF. D’une part, il élabore, au sein des instances dirigeantes du parti, les grands thèmes d’une politique paysanne spécifiquement communiste et, d’autre part, il fait connaître les revendications paysannes du PCF par le biais du journal, La Terre, dont il est le directeur de publication et le directeur politique. Ainsi, en 1953, il est à l’initiative de la création des comités de défense paysans au sein de la Confédération générale de l’agriculture, qui aboutissent en 1959 à la création du mouvement de défense des exploitations familiales (MODEF). Responsable du PCF pour les questions paysannes, c’est lui qui a organisé les cours de formation des cadres communistes de la section agraire et qui a sensibilisé les militants de base à la « question paysanne ».
Par ailleurs, Waldeck Rochet est l’un des principaux responsables des questions idéologiques et organisationnelles du PCF. Il instruit ainsi certaines épurations internes, comme celles de Georges Guingouin, Marcel Servin et Laurent Casanova. Il participe à la dénonciation du titisme et, enfin, se rend à de nombreuses reprises dans les pays du bloc communiste pour participer à des réunions internationales. Il est ainsi membre de la délégation qui assiste, sur la place rouge, aux obsèques de Staline.
En 1958, le Parti communiste le présente dans la 41ème circonscription de la Seine où il est élu. Il est été réélu au premier tour en 1964, en 1967 et en 1968. En 1960, nommé secrétaire du Comité central, il abandonne la présidence du groupe communiste à l’Assemblée nationale. Il devient, en 1961, secrétaire général adjoint du Parti communiste et reprend l’année suivante la tête du groupe parlementaire communiste. A la mort de Maurice Thorez, en 1964, il abandonne cette responsabilité en devenant secrétaire général du parti.
A partir de ce moment-là, dans la lignée des réformes impulsées par Moscou, il tente de développer une réforme intérieure du Parti communiste français, mais avec la chute Khrouchtchev, en 1964, il se heurte à la normalisation soviétique conduite par Brejnev, Kossyguine et Podgorny. Il sera ainsi amené à condamner l’entrée des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, en 1968. Enfin, il fut l’un des premiers dirigeants communistes à vouloir l’entente avec les socialistes, ce qui a abouti à la candidature unique de François Mitterrand aux élections présidentielles de 1965, puis aux accords électoraux de 1966.
Malade, Waldeck Rochet se retire de la vie politique en 1969. Il abandonne son siège de député l’année suivante. Le Parti communiste lui confère le titre de Président d’honneur. Il décède le 15 février 1983, sans être de nouveau intervenu sur la scène publique.

ROCHET (Waldeck, Emile)
Né le 5 avril 1905 à Sainte-Croix (Saône-et-Loire)
Décédé le 15 février 1983 à Nanterre (Hauts-de-Seine)

Député de la Seine de 1936 à 1940
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Saône-et-Loire)
Député de la Saône-et-Loire de 1946 à 1958
Député de la Seine puis de la Seine-Saint-Denis de 1958 à 1973

Candidat du Parti communiste français (PCF) aux élections législatives de 23 et 30 novembre 1958 dans la 41ème circonscription de la Seine (Aubervilliers, Stains, La Courneuve), il recueille dès le premier tour 23 233 des 48 513 suffrages exprimés, soit 47,9% des voix contre 23,6% au gaulliste Christian Gantois, technicien métallurgiste, 13,4% à l’indépendant Roger Daugeron, avocat et conseiller général, et 10,6% au socialiste Clément Méda, artisan. Au second tour, avec 25 409 des 48 312 suffrages exprimés, soit 52,6% des voix, Waldeck Rochet l’emporte sur le candidat UNR.
Il siège, tout comme ses collègues communistes, parmi les députés isolés, faute d’avoir atteint le nombre suffisant d’élus pour former un groupe parlementaire. Il ne rejoint aucune commission et dépose sept propositions de loi ou de résolution portant pour la plupart sur des questions agricoles. Il propose de réformer le prix des baux de ferme, de développer les coopératives d’utilisation en commun du matériel agricole groupant des exploitants familiaux, de modifier le statut des baux ruraux ou encore de permettre de nouveau aux délégués des associations de vieux travailleurs les plus représentatives de représenter leurs ressortissants devant les commissions de première instance de la sécurité sociale et de la mutualité sociale agricole. Il intervient à quelques cinquante-cinq reprises en séance, souvent pour procéder à des rappels au règlement, mais aussi pour défendre la position des communistes dans la plupart des grands débats. Ainsi, à l’occasion du débat sur le programme de gouvernement de Michel Debré le 15 janvier 1959, il critique l’injustice sociale des mesures gouvernementales, la diminution arbitraire de la représentation de la classe ouvrière à l’Assemblée mais aussi l’élimination systématique des communistes des commissions. Il participe également aux discussions sur le projet de loi portant dispositions financières intéressant l’Algérie dans lequel il voit une prolongation du conflit, sur ceux relatifs à l’équipement agricole et l’équipement économique général, sur l’ensemble des projets de loi de finances de la législature où il a toujours à cœur de défendre la condition paysanne et ouvrière. Sur le conflit algérien, il ne cesse d’appeler à la fin des hostilités, à la négociation, à l’autodétermination et à la paix immédiate. Il incrimine l’OAS de saboter les tentatives de cessez-le-feu et le gouvernement de mener une politique colonialiste et réactionnaire. Il s’émeut aussi des risques de renaissance d’un militarisme est-allemand Il dénonce enfin sans relâche la pratique autoritaire du pouvoir permise par la Constitution de 1958 et la perspective de l’élection du président de la République au suffrage universel.
Il refuse la confiance au gouvernement Debré le 15 janvier 1959, vote la plupart des amendements relatifs à la modification du règlement définitif de l’Assemblée nationale hormis celui du député Souchal et se prononce contre la mouture finale du texte. Il se prononce contre le projet sur l’enseignement privé, les pouvoirs spéciaux ou encore la réforme du titre XII de la Constitution. Il vote contre le programme du gouvernement Pompidou le 27 avril 1962 et vote le 4 octobre 1962 la motion de censure qui conduit à la dissolution de l’Assemblée nationale.
Les élections législatives anticipées des 18 et 25 novembre 1962 offrent à Waldeck Rochet une réélection dès le premier tour. Avec 28 278 des 44 042 suffrages exprimés, soit 64,2% des voix, il l’emporte aisément sur le candidat gaulliste Lucien Poisson, qui ne rassemble sur son nom que 12 394 voix soit 28,2% des suffrages exprimés.
Il s’inscrit au groupe communiste le 11 décembre 1962 et est nommé membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il dépose six propositions de loi sur l’amélioration des petites retraites, l’amélioration du statut des baux ruraux ou la nationalisation du secteur aérien. Il prend à seize reprises la parole en séance et cherche toujours à faire entendre la voix du parti communiste à l’occasion des grands débats parlementaires, qu’il s’agisse de la déclaration du gouvernement sur sa politique économique du 9 mai 1963, des divers projets de loi successifs, de celui relatif à la règlementation de la grève dans les services publics ou de la préparation du Vème Plan. Dans tous les cas, il mène inlassablement une instruction à charge contre les choix gouvernementaux et la pratique institutionnelle du pouvoir en place. Crise du pouvoir d’achat, des logements, des retraites, choix économiques injustes, atteinte aux libertés publiques reviennent sans cesse dans les interventions de Waldeck Rochet.
Lors de cette législature, il vote contre la ratification du traité franco-allemand, le projet de loi relatif à certaines modalités de grève dans les services publics, le projet de loi constitutionnelle portant modification des dispositions de l’article 28 de la Constitution, la réforme électorale municipale et la réforme du service militaire.
Waldeck Rochet se représente à l’occasion des élections législatives des 4 et 11 mars 1967 dans sa circonscription devenue la troisième circonscription de la Seine-Saint-Denis. Avec 31 601 des 55 009 suffrages exprimés, soit 57,5% des voix, il l’emporte largement sur son principal adversaire, Jean Rivoire, qui se présente sous l’étiquette républicain indépendant-Vè République mais ne recueille que 27,7% des suffrages.
Il s’inscrit au groupe communiste et retrouve la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il est à l’origine du dépôt de trois propositions de loi relatives aux pensions de retraite, au perfectionnement continu des cadres et, de nouveau, à la nationalisation du secteur aérien. Il ne prend la parole qu’en quatre occasions, sur le financement de l’équipement hospitalier et les problèmes de logement et à l’occasion des deux motions de censure. Il critique l’échec des pleins pouvoirs, la transformation de l’Assemblée en chambre d’enregistrement, la politique économique, fiscale, sociale, universitaire et territoriale du gouvernement et en appelle à de nouvelles nationalisations des monopoles capitalistes et à l’établissement d’un « régime démocratique authentique ».
Waldeck Rochet vote naturellement les deux motions de censure déposées contre le gouvernement Pompidou les 20 mai et 9 juin 1967.
De nouveau candidat à sa propre succession à l’occasion des élections législatives anticipées des 23 et 30 juin 1968, Waldeck Rochet est réélu dès le premier tour avec 27 036 des 52 163 suffrages exprimés, soit 51,8% contre 31,2% à son concurrent UDR et indépendant, le journaliste Michel Marteau.
Il s’inscrit au groupe communiste et est nommé membre de la Commission de la production et des échanges. Signe d’une amorce de retrait progressif de la vie politique et parlementaire active, Waldeck Rochet ne prend à aucune occasion la parole en séance et ne procède au dépôt que d’une seule proposition de loi sur l’amélioration du système de pensions de retraite le 31 octobre 1968.
Durant cette quatrième législature, il vote comme toujours à l’unisson du groupe communiste. Il se prononce ainsi contre les projets de loi d’orientation de l’enseignement supérieur, relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises, tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens, à réprimer certaines formes nouvelles de délinquance, relatif au service national, relatif aux incompatibilités parlementaires ou portant création et organisation des régions. Il refuse également la confiance au gouvernement Jacques Chaban-Delmas les 15 octobre 1970 et 24 mai 1972.
Comptant parmi les principaux responsables des orientations idéologiques et des questions organisationnelles du Parti à la fin des années 1950, Waldeck Rochet y poursuit son ascension sans obstacle majeur. Doté d’une circonscription inexpugnable, il accède en 1962 à la présidence du groupe communiste à l’Assemblée qu’il conserve jusqu’en 1964 et il est promu secrétaire du Parti en 1959. Deux ans plus tard, après avoir instruit les procès internes de Casanova et Servin, il accède aux fonctions de secrétaire général adjoint avant de devenir, en mai 1964, secrétaire général à l’occasion du XVIIème Congrès du PCF, selon le vœu de Maurice Thorez lui-même qui se proclame alors président du Parti.
La mort brutale de ce dernier le 12 juillet suivant offre à Waldeck Rochet les coudées franches pour mener une politique d’ouverture et notamment, dans la perspective des élections présidentielles de 1965, pour encourager la candidature unique de François Mitterrand qu’il a rencontré secrètement à différentes reprises. Cette décision, à terme, a permis à celui-ci de s’emparer du Parti socialiste et de marginaliser le PCF.
Cette stratégie se double d’une volonté clairement affichée d’autonomisation vis-à-vis de Moscou. Il fait condamner par Aragon dans les colonnes de L’Humanité le procès des deux écrivains russes Daniel et Siniavski et impose en août 1968 au bureau politique un communiqué réprouvant la répression sanglante du printemps de Prague. Il va dès lors s’attirer les foudres de la vieille garde stalinienne, au premier chef de Jacques Duclos, Etienne Fajon ou Jeannette Vermeersch qui décident de mettre en avant l’un des leurs, Georges Marchais.
Atteint par d’anciens et douloureux troubles neurovégétatifs, gagné par le doute sur son engagement, affaibli par deux interventions chirurgicales, Waldeck Rochet voit son autorité décliner et se voit dans l’obligation d’accepter Georges Marchais comme secrétaire général adjoint en février 1970. Ce dernier accède finalement au poste de secrétaire général en décembre 1972.
Waldeck Rochet est certes nommé président d’honneur du PCF, titre qu’il conserve jusqu’en 1979, mais il décide de se retirer définitivement de la vie politique et partisane. Il abandonne son siège de député à l’occasion des élections législatives des 4 et 11 mars 1973, cédant la place à Jack Ralite.
Il est l’auteur de divers ouvrages dont Vers l'émancipation paysanne (1952), Qu'est-ce que la philosophie marxiste ? (1962), L'Avenir démocratique de la France (1962), Ceux de la terre (1963), La marche de la France au socialisme (1966), Qu'est-ce qu'un révolutionnaire dans la France de notre temps ? (1967), Les Enseignements de mai-juin 1968 (1968), L'Avenir du Parti communiste français (1969) ou encore Ecrits politiques : 1956-1969 (1976).

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