Pierre Pouyade

1911 - 1979

Informations générales
  • Né le 25 juillet 1911 à Cerisiers (Yonne - France)
  • Décédé le 5 septembre 1979 à Bandol (Var - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 9 février 1966 au 2 avril 1967
Département
Corrèze
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Var
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Var
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

Pouyade (Pierre )

Né le 25 juillet 1911 à Cerisiers (Yonne)
Décédé le 5 septembre 1979 à Bandol (Var)

Député de Corrèze de 1966 à 1967
Député du Var de 1967 à 1973


Fils de militaire, Pierre Pouyade nait le 25 juillet 1911 à Cerisiers, dans l’Yonne. Sa vocation et ses études le poussent à suivre la tradition familiale. Après des études au Prytanée de La Flèche, il intègre Saint-Cyr en 1930, puis l’école aéronautique de Versailles. Pierre Pouyade n’a pas 30 ans quand éclate le second conflit mondial : après la débâcle de 1940, il est, à sa demande, affecté en Indochine, où il poursuit la lutte contre les puissances de l’Axe. En 1942, sur le point d’être arrêté pour ses activités antijaponaises, il s’enfuit en Chine, d’où il rejoint Londres et les Forces françaises libres.

Son nom restera pour toujours lié à son affectation militaire suivante, à la tête de l’escadrille Normandie-Niemen, unité alliée qui combat aux côtés de l’armée soviétique, plus précisément de la 303e division de chasse du général Zakharov. Le régiment est équipé de chasseurs soviétiques et, s’il inflige de lourdes pertes à l’ennemi, 70 de ses 110 pilotes trouvent la mort au cours du conflit. Cet épisode deviendra néanmoins un symbole fort de la coopération et de l’amitié franco-soviétique, à laquelle Pierre Pouyade restera fidèle jusqu’à sa mort.

Membre de l’ordre des compagnons de la Libération, Pierre Pouyade poursuit une carrière militaire sous la IVe République : nommé inspecteur de l’aviation civile, il rejoint à partir de 1948 le cabinet militaire du président de la République, Vincent Auriol, avant de rejoindre l’ambassade de France à Buenos Aires, comme attaché militaire.

C’est en 1955 que Pierre Pouyade quitte le service pour rejoindre le secteur privé, s’installant à Brive. C’est également dans ces dernières années de la IVe République que débute sa carrière politique, puisque l’on trouve trace d’une première candidature en Corrèze lors des élections législatives de 1958, sous l’étiquette d’Union républicaine, sociale et agricole. Avec 3062 voix, il arrive en dernière position des sept candidats au premier tour, loin derrière le candidat de l’Union pour la nouvelle République (UNR), Jean Filliol, qui l’emporte largement. L’entrée de Pierre Pouyade en gaullisme suit donc des voies complexes : c’est par le gaullisme de gauche, et l’Union démocratique du travail (UDT) que Pierre Pouyade intègre le nouveau parti majoritaire. Il est, en 1962, le suppléant de Jean Charbonnel, qui devient le nouveau député de la seconde circonscription de la Corrèze, en battant difficilement, de 600 voix au second tour, le candidat communiste Jean Goudoux. Le 9 janvier 1966, Jean Charbonnel devient secrétaire d’Etat aux affaires étrangères chargé de la coopération, et Pierre Pouyade lui succède au Palais-Bourbon.

Cette promotion arrive toutefois trop tard pour Pierre Pouyade, qui a donné un nouveau tour à sa vie professionnelle (en 1964, il s’installe à Toulouse, où il occupe un poste important dans l’aéronautique), mais également à sa vie politique : il a pris des contacts auprès des gaullistes du Var, qui l’investissent comme tête de liste dans la 3e circonscription pour les élections législatives de 1967. Pierre Pouyade, qui rejoint en avril 1966 la commission de la défense et des forces armées n’a pas d’activité parlementaire comme député de Corrèze. La campagne de 1967 dans le Var lui offre enfin l’occasion de manifester ses convictions gaullistes comme tête de liste. Sa profession de foi permet de distinguer plusieurs inflexions fortes : d’une part, une exaltation du renouveau offert à la France par la Ve République gaulliste, qu’il oppose aux « formules partisanes et stériles », aux « combinaisons politiques sans consistance et sans durée » de la IVe République, mais également un souci de privilégier une action « sur le plan économique », afin de suivre plusieurs objectifs : désenclaver Toulon, faciliter son expansion, notamment en accélérant l’implantation de la zone industrielle, enfin « donner à la jeunesse la possibilité de s’instruire », en obtenant l’implantation d’établissements d’enseignement supérieur. Cette priorité aux questions économiques est symbolisée par le choix de son suppléant, Jean-Pierre Séries, industriel et juge au tribunal de commerce. En tête au premier tour, Pierre Pouyade doit néanmoins faire face au second à une triangulaire périlleuse, au cours de laquelle il affronte le candidat communiste, Maurice Delplace, mais également Jean-Louis Tixier-Vignancour, qui se présente sous l’étiquette de l’Alliance républicaine pour les libertés et le progrès. L’assez nette victoire de Pierre Pouyade au second tour semble due au maire de Toulon, Maurice Arreckx, dont le candidat, Henri Fabre, lui-même ancien député du Var, reporte ses voix sur le candidat gaulliste. De fait, se réclamant du général de Gaulle, Pierre Pouyade a pris soin d’en appeler au second tour à « tous les républicains et les démocrates ». Ce succès est renforcé par son élection, quelques mois plus tard, comme conseiller général de Toulon.

La première législature que Pierre Pouyade aborde comme député titulaire ne lui laisse guère l’occasion de s’illustrer dans l’hémicycle : membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, dont il est élu vice-président, il n’intervient pas, n’est pas nommé rapporteur et ne dépose pas de proposition de loi. La crise de Mai 1968, et la dissolution qui s’ensuit, appelle Pierre Pouyade à mener une campagne électorale bien différente de la précédente. Sa profession de foi mentionne les « journées dramatiques » qu’a traversées la France, la « vague de violence » qui a submergé le pays : « Derrière les drapeaux rouges et noirs, nous avons vu pointer le totalitarisme et l’anarchie ». Pierre Pouyade appelle donc à l’ « union contre l’anarchie et la violence » comme à un « devoir sacré », et conclut : « Votre devoir est donc de voter, car jamais au point de vue national une consultation nationale n’a eu une telle importance nationale parce que, en effet, tout en dépend, tout est en cause ». A cette occasion, Pierre Pouyade bénéficie pleinement de la « vague » gaulliste pour battre très largement, au second tour, son adversaire communiste, Maurice Delplace.

Après deux législatures au cours desquelles il n’aura siégé qu’un an, Pierre Pouyade aborde en 1968 la première et seule législature « complète » de sa carrière. Membre de la commission de la défense et des forces armées puis, à partir de 1969, de la commission des affaires étrangères, il dépose trois propositions de loi (deux, le 24 juin 1970, sur l’attribution d’une rente viagère aux veuves des accidentés du travail et sur la pension de réversion versée au conjoint survivant, une le 25 novembre 1970, sur la définition de l’exploitation des carrières par le Code minier), qui le placent dans la veine du gaullisme « social » qui reste sa famille politique. Cependant, il ne se défait pas d’une certaine marginalité au sein de la famille gaulliste, en particulier dans son fief du Var. En février 1971, après avoir très difficilement obtenu qu’une tête de liste lui soit confiée pour affronter aux élections municipales le maire de Toulon, Maurice Arreckx (avec lequel de nombreux gaullistes du Var auraient souhaité s’entendre), Pierre Pouyade démissionne pour protester contre l’absence de soutien qu’il estime trouver dans sa propre famille politique. « Estimant que la position prise à mon égard, due pour une grande partie aux actions de certains élus et responsables locaux, ne s’accorde pas avec l’idée que j’ai de la défense de l’idéal qui a toujours été le mien et que j’entends continuer à servir, j’ai démissionné de l’UDR », déclare-t-il au Monde du 5 février 1971. Le 2 avril suivant, Pierre Pouyade quitte le groupe gaulliste à l’Assemblée nationale pour s’y apparenter.

Cet épisode marque la fin de sa carrière politique : en 1973, Pierre Pouyade abandonne ses mandats de député et de conseiller général, et consacre les dernières années de sa vie à une mission visant à animer la coopération franco-soviétique en matière aéronautique et spatiale. Membre de la présidence de l’association France-U.R.S.S, il reçoit le prix Lénine en 1977, qui consacre un attachement noué au cours des héroïques années de guerre.

Atteint d’une longue maladie, Pierre Pouyade s’éteint à Bandol le 5 septembre 1979. Symboliquement, les notices nécrologiques parlent de lui comme du « chef de l’escadrille Normandie-Niemen ». Commencée tardivement, sa carrière politique a souffert de s’inscrire dans le cadre d’une famille politique, celle des gaullistes de gauche, peu favorisée par l’évolution politique postérieure à 1965, et peu appréciée du successeur de Charles de Gaulle, Georges Pompidou.

Grand officier de la Légion d’honneur, Pierre Pouyade était titulaire de nombreuses distinctions britanniques et soviétiques.




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