Hégésippe, Jean Legitimus

1868 - 1944

Informations générales
  • Né le 8 avril 1868 à Pointe-à-pitre (Guadeloupe - France)
  • Décédé le 29 novembre 1944 à Angles-sur-l'anglin (Vienne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Guadeloupe
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Guadeloupe
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Guadeloupe
Groupe
Républicain socialiste

Biographies

Né le 8 avril 1868 à Pointe-à-Pître (Guadeloupe).

Député de la Guadeloupe de 1898 à 1902 et de 1906 à 1914.

Issu d'une modeste famille aborigène, Hégésippe Légitimus, après avoir fait ses études dans son île natale, fut très vite tenté par les luttes politiques. Il participa à la fondation, en 1891, du périodique Le Peuple, organe socialiste fondé par un groupe d'étudiants indigènes et qui, après diverses vicissitudes, devint successivement Le Cri du peuple et La Cravache.

Doué d'une plume incisive, le publiciste Légitimus se veut le défenseur des classes les plus déshéritées de l'île, dont il souhaite l'autonomie. Il acquiert sans tarder une grande popularité.

Le ton de ses polémiques, la virulence de ses critiques inquiètent certains planteurs, qui saisissent la justice. Le jeune et bouillant contempteur de la bourgeoisie possédante sera condamné deux fois par le tribunal correctionnel pour délits de presse. Il sera même accusé d'être à l'origine de graves désordres, mais la cour d'assises de Pointe-à-Pître l'acquittera.

Mis ainsi en vedette, Hégésippe Légitimus voit son influence s'accroître parmi la population indigène. Il songe alors à embrasser la carrière politique. En 1893, il est élu conseiller général du canton de Lamentin. Il présidera l'assemblée départementale en 1898.

Aux élections législatives de 1893, le comité socialiste de l'île le porte candidat. Dans son programme, Légitimus insiste sur la nécessité d'organiser le prolétariat colonial en parti de classe distinct, pour la conquête des pouvoirs publics, « dont la possession peut seule conduire à l'éviction de la bourgeoisie capitaliste ».

Il obtient 4.378 voix, mais ne réussit pas à battre le député sortant, Isaac, qui est réélu par 5.788 voix.

Il aura sa revanche aux élections de 1898. Au premier tour, il obtient 5.129 voix contre 3.580 à Isaac. Au deuxième tour, il est élu, pratiquement sans concurrent, avec 5.655 voix.

Battu en 1902, Hégésippe Légitimus retrouvera son siège en 1906 et le conservera jusqu'en 1914.

Ses deux premières législatures sont marquées par un absentéisme qui lui sera reproché. En effet, son élection de 1910 ayant été contestée, le 11e bureau de la Chambre conclut, non pas à l'invalidation, mais à l'annulation des opérations électorales. Un député des Antilles, Sévère, monte à la tribune pour faire le procès de l'administration, « qui a proclamé Légitimus élu contre la volonté du suffrage universel ».

« Ayant longtemps appartenu à cette Chambre sans s'y être jamais présenté, s'écrie Sévère, peut-être M. Légitimus comprendra-t-il mal que le jour où il veut siéger parmi nous, le bureau lui ferme la porte au nez ! »

Finalement, un amendement de Gérault-Richard, tendant à la validation des opérations électorales, est adopté par 161 voix contre 118.

De 1910 à 1914, Hégésippe Légitimus ne se manifestera guère plus à la Chambre. En revanche, il poursuit à la Guadeloupe son combat pour l'émancipation de ses compatriotes et l'éviction de la bourgeoisie capitaliste, ce qui lui vaudra d'être condamné, en février 1911, à deux ans de prison et cinq ans d'interdiction des droits civiques. Mais la Chambre décidait, le 7 mars 1912, qu'il ne serait pas procédé à son arrestation pendant la session.

Hégésippe Légitimus, qui ne se représenta pas aux élections de 1914, était chevalier de la Légion d'honneur.




Né le 8 avril 1868 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)
Décédé le 29 novembre 1944 à Angles-sur-l'Anglin (Vienne)

Député de la Guadeloupe de 1898 à 1902 et de 1906 à 1914

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français, 1889-1940, Tome VI, p. 2215, 2216)

Hégésippe Légitimus meurt à Angles-sur-L'Anglin, le 29 novembre 1944, à l'âge de 76 ans.



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