Claude Tircuy de Corcelle

1768 - 1843

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1768 à Gleizé (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 21 juin 1843 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 mars 1819 au 1er mai 1822
Département
Rhône
Groupe
Gauche
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 21 avril 1828 au 16 mai 1830
Département
Seine
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 12 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Seine
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 1er octobre 1831 au 25 mai 1834
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1819 à 1822 et de 1828 à 1834, né à Gleizé (Rhône), le 1er juillet 1768, mort à Paris le 21 juin 1843, il fut élevé à l'Ecole militaire, et passa officier dans un régiment de chasseurs, il fut entraîné par les circonstances à servir dans l'armée de Condé, « où il eût été difficile, dit un biographe libéral, de deviner le tribun énergique qui devait plus tard être un des défenseurs les plus intrépides et les plus constants de l'honneur national et de la démocratie. »

Après avoir fait la campagne de 1792, il se retira en Angleterre et revint en France en 1799. Il vécut dans la retraite jusqu'en 1813, se présenta à cette époque pour défendre la ville de Lyon, menacée par l'invasion étrangère, fut fait, par le maréchal Augereau, lieutenant-colonel des gardes nationales du Rhône, et suivit en Languedoc la retraite de l'armée.

Il rentra dans ses foyers pendant la première Restauration, et fut, lors des Cent-Jours, promu colonel de la garde nationale.

Proscrit au second retour des Bourbons, il dut chercher un asile jusqu'en Suède, et n'obtint qu'en 1817 la permission de revenir dans son pays.

Le 25 mars 1819, le collège de département du Rhône l'appela, par 746 voix (1 417 votants, 1 796 inscrits), contre 528 à M. Pavy et 138 à M. Rambaud, à prendre à la Chambre des députés la succession de M. de Fargues. Il siégea au côté gauche. Un de ses premiers discours, fréquemment interrompu par les cris et les interruptions de la droite et du centre, fut en faveur des bannis : il dut faire imprimer, hors la Chambre, son opinion qu'il lui avait été impossible de développer. Il soutint la pétition des élèves de l'Ecole de droit, pour leur professeur Bavoux, (V. ce nom), parla sur le budget, et réclama des indemnités pour les militaires infirmes. Plus tard, il s'éleva contre le projet de loi restrictif de la liberté individuelle, et combattit énergiquement les amendements de la commission. Il déposa sur la loi de censure plusieurs contre-propositions qui furent rejetées. Il s'opposa à l'adoption du projet de loi relatif aux élections, et dénonça les empiètements ministériels et la violation de la Charte.
« Qu'un seul cri, s'écria-t-il, parti de cette enceinte, rallie tous les Français... Députés, magistrats, citoyens, soldats, tous vous aviez juré de maintenir la charte, de la défendre... On ose la toucher : malheur aux traîtres !... »

Il attaqua l'amendement de Courvoisier qui augmentait la Chambre de 172 membres, et favorisait les électeurs les plus imposés, et critiqua vivement, à plusieurs reprises, le système des impôts. Un jour, il apporta à la Chambre la lame d'un sabre de cuirassier de la garde, qui avait été brisée dans une charge de cavalerie contre les fenêtres d'un marchand de vin. En 1820, peu de temps après la mort du duc de Berry, M. de Corcelle fit preuve de courage et de sang-froid dans une circonstance critique qu'un biographe raconte ainsi : « Les héros du café Montansier avaient envahi le Palais-Royal. Ils se présentèrent au café Lemblin, effrayèrent deux femmes de comptoir et parvinrent à mettre en fuite un vieux rentier qui y laissa sa perruque. M. de Corcelle, assis à l'une des tables, lisait très paisiblement le Constitutionnel. Soixante ou quatre-vingts de ces guerriers improvisés s'avancèrent vers lui d'un air menaçant :
« Fermez toutes les portes, s'écria M. de Corcelles, et voyons qui fléchira de toute cette bande ou d'un vieux soldat. »
Le biographe ajoute que le vieux soldat fut respecté et que la bande se retira sans avoir cassé les glaces.

M. de Corcelle ne fut pas réélu le 9 mai 1822 : il n'obtint alors dans le premier arrondissement du Rhône (Lyon-Nord), que 375 voix contre 444 au candidat du gouvernement, M. Delphin, qui fut élu.

Mais le 4e arrondissement électoral de Paris le renvoya à la Chambre, le 21 avril 1828, par 628 voix (1 137 votants, 1 311 inscrits), en remplacement de Benjamin Constant, qui avait opté pour Strasbourg.

Il vota comme précédemment avec la gauche, fut des 221, et, réélu en juillet 1830, contribua à la chute de Charles X. Après l'avènement de Louis Philippe, il prêta serment au pouvoir, « sauf l'approbation nationale », et ne tarda pas à se ranger dans la nouvelle opposition libérale.

Le 5 juillet 1831, n'ayant pas été réélu par Paris, il devint député du 4e collège de Saône-et-Loire (Chalon-sur-Saône), le 1er octobre 1831, avec 189 voix (326 votants, 452 inscrits), contre 134 à M. Lerouge. Il remplaçait M. de Thiard, qui venait d'opter pour une autre circonscription du même département.

Il se montra fidèle à ses antécédents, défendit la liberté de la presse, combattit les « prodigalités de la liste civile », et se récusa (1833) dans l'affaire de la Tribune. « Je déclare que je me récuse, fit-il, et que je siégerai, à moins qu'on ne m'empoigne. » Dans la discussion du budget des affaires étrangères, il protesta contre les traités de 1815, et, lors du débat sur l'adresse (session de 1834), il demanda des explications sur la politique extérieure du gouvernement :
« Quel est donc, dit-il, cet ordre politique inimaginable qui n'est ni la paix, ni la guerre, ni sympathie, ni antipathie, ni menace, ni bienveillance, ni confiance, ni méfiance ? »

Il proposa, mais inutilement, que la loi sur les crieurs publics ne fût discutée qu'après le budget, et essaya, sans plus de succès, de faire excepter des dispositions pénales de la loi sur les associations les sociétés ayant pour but de maintenir la Charte.

Il quitta la Chambre en 1834, et vécut dans la retraite jusqu'à sa mort.


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