Antoine, François Hardy

1748 - 1823

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1748 à Rouen (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 25 novembre 1823 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 19 février 1798 au 20 mars 1798

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Girondins
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 17 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Gauche
Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 25 décembre 1799 au 1er juillet 1802
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et au Corps législatif de l'an VIII à 1802, né à Rouen (Seine-Inférieure) en 1748, mort à Paris le 25 novembre 1823, étudia la médecine, fut reçu docteur, exerça sa profession dans sa ville natale,.

Partisan de la Révolution, il fut élu, le 5 septembre 1792, député de la Seine-Inférieure a la Convention nationale, le 3e sur 16, « à la pluralité des voix ». Il s'y fit remarquer par le ton véhément de ses discours, mais aussi par le « modérantisme » de ses opinions, et, lors du procès du roi, s'exprima en ces termes :
« Si le résultat des opinions de la Convention, d'accord avec le vœu national exprimé dans l'acte constitutionnel qui défend de juger le roi d'après le code pénal, n'est pas pour la mort, l'appel au peuple est inutile, et je dis non. Si, au contraire, au mépris de l'acte constitutionnel, on veut juger Louis comme un simple citoyen, d'après le code pénal, et le condamner à mort, l'appel au peuple est indispensable, et je dis oui. » Il se déclara ensuite « pour la détention et le bannissement », ainsi que pour le sursis.

Lié d'amitié avec les principaux Girondins, Hardy leur prêta plusieurs fois le concours d'une voix retentissante et se compromit avec eux ; il fut dénoncé par Rousselin, décrété d'accusation le 2 juin 1793, et mis hors la loi le 28 juillet ; mais il réussit à se dérober aux poursuites des agents de la Convention, et, bénéficiant des dispositions qui rapportèrent, après la chute de la Montagne, le décret de proscription des députés fédéralistes, il fut rappelé dans l'Assemblée le 18 ventôse an III, malgré l'opposition de Merlin de Douai, qui proposait de le tenir exclu. Hardy se fit remarquer parmi les plus exaltés thermidoriens, multiplia les dénonciations, demanda la mise hors la loi de Barère, Billaud-Varennes et Collot d'Herbois, et proposa, vers la même époque, l'arrestation de Charlier, de Maure, de Robert Lindet, à qui il reprocha d'avoir organisé « la boucherie de Robespierre ». Il dut cependant reconnaître que toute sa famille, mise hors la loi après le 31 mai, avait été sauvée par Lindet. Au moment de la disette de 1795, il fit la motion de déclarer nationale toute la récolte prochaine et de décréter la peine capitale contre quiconque refuserait telle mesure de grains pour une quantité donnée d'assignats. Il demanda aussi qu'on ôtât à Saint-Domingue le nom du « scélérat » qu'elle portait, se fondant sur ce que « saint Dominique avait créé le funeste tribunal de l'inquisition ». On le vit, à la séance du 30 août de la même année, s'élever contre l'agiotage, et s'écrier : « Il faut non seulement arrêter l'agiotage, mais faire rendre gorge aux agioteurs ! » Puis il proposa diverses mesures pour les atteindre. Le 1er septembre, il entra au comité de sûreté générale ; en cette qnalité, il se déclara contre les sections de Paris, fit suspendre leur permanence et autoriser l'arrestation des chefs de l'insurrection dite du 13 vendémiaire (15 octobre), parmi lesquels il désigna Aubry, Lomont et Miranda.

Réélu, le 25 vendémiaire an IV, député de la Seine-Inférieure au Conseil des Cinq-Cents, par 257 voix (485 votants), Hardy se montra attaché au maintien des institutions républicaines, combattit vivement le parti des clichyens, et fut un des plus zélés défenseurs du gouvernement directorial contre les royalistes. Secrétaire de l'Assemblée le 21 novembre 1796, il attaqua Job Aymé, dont il réclama l'exclusion, et, dans la discussion d'un projet contre les prêtres réfractaires, s'opposa à toute amnistie en leur faveur, déclarant qu'il « préférerait l'accorder à l'armée de Condé ». Il dénonça les écrivains du parti royaliste, et dit que « l'Europe monarchiste » voulait se servir d'eux pour parvenir à la contre-révolution en égarant l'opinion publique : parla, le 1er février 1797, sur la situation de la République, et annonça qu'un administrateur du département de l'Eure avait été arrêté par la seule raison qu'il était républicain. Puis il revint à la charge contre les députés de la réunion de Clichy, contre les prêtres et les émigrés. Lorsque Duprat dénonça aux Cinq-Cents le pamphlet de Bailleul contre la majorité des Conseils, Hardy défendit l'écrit de son collègue, soutint de nouveau qu'il existait une faction qui voulait détruire la République, et, sans s'émouvoir des protestations et des murmures, ajouta que plusieurs députés en étaient les chefs.

Au 18 fructidor an V (3 septembre 1797), il obtint la radiation de Tarbé (de l'Yonne) de la liste des émigrés, et celle de Doulcet-Pontécoulant. Peu après il signala l'état-major de la garde nationale de Rouen comme entretenant des relations avec « l'homme de Blankenbourg » (Louis XVIII).

Successivement secrétaire et président du Conseil des Cinq-Cents, il se prononça en faveur du système électoral scissionnaire établi par le Directoire, fut réélu député de la Seine-Inférieure, le 23 germinal au VI, prit encore la parole sur divers sujets, sur le régime de la presse, sur les écoles de médecine, sur la célébration de l'anniversaire du 9 thermidor, dont le culte commençait à tomber en discrédit, et, se ralliant brusquement aux projets de Bonaparte, applaudit au coup d'Etat de brumaire. Aussi fut-il compris (4 nivôse an VIII), par le Sénat conservateur, sur la liste des membres du nouveau Corps législatif, où il représenta la Seine-Inférieure jusqu'en 1802. A sa sortie, Hardy fut nommé directeur des droits réunis; mais il perdit cet emploi à la Restauration, et reprit jusqu'à sa mort l'exercice de la médecine.


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