Jacques, Charles Bailleul

1762 - 1843

Informations générales
  • Né le 12 décembre 1762 à Bretteville-du-Grand-Caux (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 16 mars 1843 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 20 janvier 1798 au 18 février 1798

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et membre du Tribunat, né à Bretteville-du-Grand-Caux (Seine Inférieure), le 12 décembre 1762, de Jean Bailleul et Marie Anne Vasse, mort à Paris le 16 mars 1843, fils de cultivateur, il reçut une sérieuse éducation et fut avocat au parlement de Paris, jusqu'à la suppression des parlements en 1790. Il revint dans son pays d'origine, exerça la profession d'avocat à Montivilliers, puis au Havre, où il fut nommé juge de paix.

Le 8 septembre 1792, il fut élu membre de la Convention par le département de la Seine-Inférieure à la pluralité des voix. Il fut du petit nombre des modérés.

Dans le procès de Louis XVI, au 3e appel nominal, il motiva ainsi son vote :
« Si l'esprit de vengeance vous anime, songez que devant, la postérité, l'illusion cessera et les passions disparaîtront. Le but de la Convention nationale est de faire le bonheur du peuple; avec une armée formidable et la tête de Louis, vous aurez la paix. Ne vous privez donc point d'un otage qui peut concourir à l'affermissement de la République. Je vote pour la détention, et je dépose mes motifs sur le bureau. »

Le 31 mai, lors de la mise en accusation des Girondins, il défendit l'inviolabilité de la représentation nationale, et signa, quelques jours après, la protestation des 73. Proscrit en octobre, il fuyait lorsqu'il fut reconnu, à Provins, par son collège Dubouchet qui s'y trouvait en mission. Dubouchet le fit arrêter, lui fit mettre les fers aux pieds et aux mains (Bailleul l'appela plus tard, dans un de ces livres, son maréchal-ferrant) et le renvoya à Paris où il fut enfermé à la conciergerie avec les 22 Girondins qui allaient être bientôt jugés et exécutés. Bailleul eut à subir une longue procédure, comparut successivement devant le tribunal révolutionnaire, puis devant les Comités de salut public et de sûreté générale, fut promené de prison en prison, et enfin remis en liberté au bout de seize mois.

Il rentra à la Convention (décembre 1794), y prit à toute occasion la défense des collègues qui avaient été arrêtés comme lui, et, devenu membre du Comité de salut public, fit poursuivre à son tour les plus turbulents terroristes.

Le 23 vendémiaire an IV, plusieurs départements l'élurent au Conseil des Cinq-Cents ; il opta pour la Seine-Inférieure. C'est lui qui présida l'Assemblée le jour de l'inauguration du Palais Bourbon, appelé alors Maison de la Révolution, et dont les architectes, Gisors et Lecomte, venaient de transformer en salle de séance les grands salons de réception (1795).

Appelé au Tribunat lors de sa création, le 4 nivôse an VIII, il s'y occupa surtout de questions de finances ; mais l'indépendance de son caractère l'en fit sortir, à la première élimination de 1802 ; il obtint en 1804 le poste de directeur des droits réunis dans le département de la Somme, et il s'y maintint jusque sous la seconde restauration.

Bailleul a publié un grand nombre d'ouvrages sur la géographie, la politique, les finances ; Quérard, dans la France Littéraire, en cite plus de cinquante; il a composé aussi quelques comédies, et a collaboré au Journal du Commerce, fondé par son frère Antoine, imprimeur libraire à Paris, et qui fusionna en 1816 avec le Constitutionnel.

Date de mise à jour: août 2019