Edmond Bricout

1904 - 1973

Informations générales
  • Né le 8 octobre 1904 à Walincourt (Nord - France)
  • Décédé le 3 mai 1973 à Gouy (Aisne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Aisne
Groupe
Rassemblement du peuple français
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Aisne
Groupe
Républicains sociaux
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Aisne
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Aisne
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Aisne
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Aisne
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies



Né le 8 octobre 1904 à Walincourt (Nord)

Décédé le 3 mai 1973 à Gouy (Aisne)

Député de l'Aisne de 1951 à 1958

Edmond Bricout est né le 8 octobre 1904 à Walincourt (Nord), où son père, Achille Bricout, exerçait la profession d'agriculteur.

Très actif dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe aux réseaux « Action » dans la région du Nord et termine le conflit comme capitaine de réserve. Sa conduite pendant les hostilités lui vaut d'être titulaire de nombreuses décorations : chevalier de la Légion d'honneur, cinq citations, Croix de guerre avec palmes, Rosette de la Résistance, chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique et Croix de guerre belge avec palmes, enfin, British military cross.

Son rôle pendant la guerre le conduit logiquement, à l'issue de celle-ci, à s'orienter vers la vie politique. Candidat U.D.S.R. aux élections cantonales de l'Aisne en septembre 1945, Edmond Bricout est adhérent « de la première heure au R.P.F. », et en sera délégué départemental pour l'Aisne.

Sa carrière politique commence donc, très normalement, par des responsabilités locales. En octobre 1947, il est élu maire de Gouy, localité où il est lui-même établi comme agriculteur. Edmond Bricout est également élu, le 14 octobre 1951, conseiller général du canton du Catelet (Aisne), puis vice-président du conseil général de l'Aisne.

Edmond Bricout conduit la liste R.P.F. dans l'Aisne aux élections législatives du 17 juin 1951. Ses engagements électoraux insistent sur l'importance de l'union de tous les Français, souhaitée « depuis quatre ans », par le Général de Gaulle. Le R.P.F. a envisagé la possibilité d'un apparentement dans l'Aisne, mais le refus de la S.F.I.O., « se retranchant derrière les ordres (de son) congrès national », a conduit cette tentative à l'échec : « il faut changer la majorité, c'est le but de ces élections ! Il faut que la France soit gouvernée ! »

Avec 45 521 voix sur 220 364 suffrages exprimés, Edmond Bricout est élu et s'inscrit au groupe R.P.F.

Le nouveau député, très actif, est nommé membre de la Commission de l'agriculture (1951, 1953-1955) et de celle de l'intérieur (1953-1955). Il dépose un très grand nombre de textes relatifs à des problèmes locaux (sinistres dans le département de l'Aisne), à la fiscalité, à l'agriculture ou à la chasse. Il intervient en outre très largement dans les discussions et, tout particulièrement, le 22 octobre 1953, sur la situation de l'agriculture et la gravité du problème social agricole : « Je souhaite que soit créé dans l'immédiat un grand ministère de l'agriculture française (...) qui, tenant compte des données logiques et assuré d'une stabilité que notre Constitution ne permet hélas ! pas, ne vienne pas, à tout instant, bouleverser les conditions économiques en trahissant ses promesses ou en les oubliant (...). Les citoyens de ce pays ont soif de confiance (...). Comment des gouvernements, assurés de ne pas durer plus de quelques mois, quelques semaines et parfois quelques jours, pourraient-ils travailler efficacement au renouveau auquel aspire le pays (...) ? Vraiment, je ne le vois pas, tant qu'il n'y aura pas eu une véritable réforme des institutions »... Edmond Bricout est en outre élu secrétaire de l'Assemblée nationale le 13 janvier 1954, puis réélu à ce poste à deux reprises les 12 janvier et 4 octobre 1955.

Il vote contre le pool charbon-acier (13 décembre 1951), pour l'ordre du jour du gouvernement Laniel à la suite du débat sur l'Indochine (27 octobre 1953) et pour la question préalable à la ratification du traité de Paris sur la C.E.D. (30 août 1954, vote équivalent au rejet du traité). Edmond Bricout s'abstient volontairement lors du scrutin du 10 décembre 1954 sur la situation en Algérie et adopte la même position dans le scrutin du 4 février 1955, à la suite duquel Pierre Mendès-France doit démissionner. Il vote pour l'état d'urgence en Algérie (31 mars 1955) et pour sa prorogation (29 juillet 1955), mais contre la confiance à Edgar Faure (29 novembre 1955).

Le 2 janvier 1956, Edmond Bricout conduit la liste d'action civique et de progrès social, présentée dans l'Aisne par le Centre national des républicains sociaux (ex R.P.F.). Ses engagements électoraux mettent d'abord en avant la dégradation de l'Etat, due à l'inadéquation des institutions : « les équipes ministérielles qui se sont succédé depuis 1951 n'ont réussi pour durer qu'à ne pas gouverner (...). La moindre marche en avant provoquait une crise au sein du cabinet... » Et de conclure : « la France doit retrouver sa grandeur. Je m'y emploierai de toutes mes forces, avec la foi, la ténacité et la volonté qui m'animaient au cours des années noires de l'Occupation, alors que tout semblait perdu ». Avec 25 006 voix sur 235 744 suffrages exprimés, Edmond Bricout est réélu député de l'Aisne.

A l'Assemblée, il s'inscrit au groupe des Républicains sociaux et est à nouveau membre de la Commission de l'agriculture (1956) et de celle de l'intérieur (1956,1957). Elu secrétaire de la Commission de l'agriculture le 10 février 1956, il est réélu à cette fonction le 4 octobre 1957 et désigné par cette Commission pour représenter l'Assemblée nationale au sein de la Commission consultative des assurances sociales agricoles (7 février 1958). Au cours de cette législature, le député de l'Aisne dépose un grand nombre de textes relatifs notamment aux problèmes agricoles, et intervient, sur les mêmes sujets, dans les discussions.

Edmond Bricout vote la confiance au gouvernement Guy Mollet sur sa politique générale (25 octobre 1956), mais s'abstient le 12 juin 1957 sur le programme du gouvernement Bourgès-Maunoury. Il vote contre la ratification des traités sur la C.E.E. et l'Euratom (9 juillet 1957), contre la loi-cadre sur l'Algérie (30 septembre 1957), contre la confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958), et contre la loi instituant l'état d'urgence sur le territoire métropolitain (16 mai 1958). Il vote en revanche pour la confiance au Général de Gaulle (1er juin 1958), et pour la révision constitutionnelle.

Edmond Bricout avait épousé, le 17 octobre 1934, Jeanne Legrand, née en 1910, mais ils n'eurent pas d'enfant.


BRICOUT (Edmond)
Né le 8 octobre 1904 à Walincourt (Nord)
Décédé le 3 mai 1973 à Gouy (Aisne)

Député de l’Aisne de 1951 à 1973

Candidat UNR aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 dans la deuxième circonscription de l’Aisne incluant notamment Saint-Quentin, Edmond Bricout arrive en tête du premier tour avec 14 821 des 55 061 suffrages exprimés, soit 26,9% des voix. Il devance de peu le communiste Adrien Renard (25,6%) et le SFIO Jean Pierre-Bloch (24,8%). Le maintien des deux candidats de gauche au second tour permet la réélection du gaulliste. Avec 26 393 des 56 704 suffrages exprimés, soit 46,55% des voix, il l’emporte sur Renard (27,8%) et Pierre-Bloch (25,65%).
Le 9 décembre 1958, Edmond Bricout est nommé membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générales. Il est élu questeur de l’Assemblée nationale le 10 décembre de la même année. Il est reconduit à la questure tout au long de la législature. Il est à l’origine de trois propositions de loi relatives à la pêche, les cours d’eau non navigables ou à l’assurance maladie des exploitants agricoles. Il n’intervient en séance qu’à trois reprises, essentiellement sur des questions cynégétiques.
Durant cette première législature de la Ve République, il vote la confiance au gouvernement Debré, rejette la plupart des amendements relatifs à la modification du règlement définitif de l’Assemblée nationale hormis celui du député Souchal mais vote la mouture finale du texte. Il se prononce en faveur du projet sur l’enseignement privé, les pouvoirs spéciaux ou encore la réforme du titre XII de la Constitution. Il vote l’investiture du gouvernement Pompidou et refuse de voter la motion de censure qui conduit à la dissolution de l’Assemblée nationale.
Edmond Bricout se représente aux élections législatives anticipées des 18 et 25 novembre 1962. Il recueille dès le premier tour 19 800 des 48 092 suffrages exprimés, soit quelque 41,2% des voix, devançant à nouveau le communiste Renard (29,36%) et le candidat SFIO Pierre Laroche (21%). Il est réélu au second tour face au communiste avec 29 407 des 51 355 suffrages exprimés, soit 57,26% des voix.
Dans la nouvelle Assemblée, il s’inscrit au groupe UNR-UDT et retrouve la questure où il demeure tout au long de la législature. Il est également nommé membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générales et de quelque huit Commissions spéciales ou mixtes paritaires. Il dépose trois propositions de loi et quatre rapport dont la plupart concerne une fois encore les questions rurales, qu’il s’agisse de pêche, de chasse, de la navigabilité des cours fluviaux ou de la modernisation du corps des lieutenants de louveterie. Durant la seconde législature de la Ve République, il prend la parole à une douzaine de reprises. Il intervient à l’occasion des projets de loi de finances pour 1963 et 1964, toujours à propos de problème d’ordre agricole ou cynégétique. Il est également rapporteur du projet de loi relatif à l’organisation des associations communales et intercommunales de chasse agréées. Il interroge de la même façon le ministre de l’Agriculture sur la politique du gouvernement face à l’exode rural, les débouchés agricoles ou la montée en puissance du Marché commun (13 mai 1966).
Lors de cette législature, il vote pour la ratification du traité franco-allemand, le projet de loi relatif à certaines modalités de grève dans les services publics, le projet de loi constitutionnelle portant modification des dispositions de l’article 28 de la Constitution qui fixe la durée et les dates légales des sessions parlementaires, la réforme électorale municipale et la réforme du service militaire.
Les élections législatives des 5 et 12 mars 1967 permettent à Edmond Bricout de retrouver son siège. Il recueille dès le premier tour 24 491 des 56 349 suffrages exprimés soit 43,46% des voix, loin devant le candidat communiste Julien Carrel (29,42%) et le FGDS Jean Pierre-Bloch (18,35%). Bricout l’emporte face à Carrel au second tour avec 29 108 des 55 728 suffrages exprimés, soit 52,23% des voix.
Le 3 avril 1967, Edmond Bricout s’inscrit au groupe UD-Ve République. Il est réélu questeur et nommé membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générales. Il est également nommé membre de la Commission spéciale relative à la fixation de règles en matière de messages publicitaires diffusés sur l’ORTF. Il dépose d’un rapport et de trois propositions de loi tendant à modifier le Code rural, réformer les sessions ordinaires des conseils généraux ou encore étendre les droits des associations de pêche et de pisciculture ou des fédérations de chasse. Il n’est intervenu en séance qu’à deux occasions, en posant une question au ministre de l’Agriculture sur le prix des produits laitiers et de la viande ou en prenant part à la discussion sur la modification partielle du Code rural.
À l’occasion des deux motions de censure déposées contre le gouvernement Pompidou les 20 mai et 9 juin 1967, Edmond Bricout refuse tout naturellement de les voter.
La dissolution de l’Assemblée nationale en 1968 conduit à des élections législatives anticipées les 23 et 30 juin. Edmond Bricout se représente mais doit affronter la candidature dissidente de son ancien suppléant Jacques Braconnier, le maire de Saint-Quentin. Au premier tour, le communiste Julien Carrel arrive en tête avec 31,47% des voix, devançant Edmond Bricout qui obtient 28,42% des voix, soit 15 987 des 56 257 suffrages exprimés, et Jacques Braconnier qui recueille 24,85% des voix. Ce dernier renonce toutefois à se maintenir au second tour. Ce faisant, il facilite la réélection du candidat UDR qui, avec 29 967 des 55 326 suffrages exprimés, soit 54,16% des voix, l’emporte une nouvelle fois sur Julien Carrel.
Une fois son élection validée le 11 juillet 1968, Bricout s’inscrit au groupe UDR et est réélu questeur de l’Assemblée nationale, ce qu’il demeure durant toute la législature. Il retrouve la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générales, est nommé membre d’une Commission chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire d’un député en novembre 1972.
Il est à l’origine de quatre rapports et de deux propositions de loi portant sur la réforme du mode de réunion des conseils généraux, celle des rentes viagères, des biens ruraux, du corps des lieutenants de louveterie ou bien encore du Fonds national d’accession à la propriété agricole. Il intervient huit fois en séance, essentiellement pour évoquer ses propositions de loi, notamment lors des discussions de la partie dépenses des projets de loi de finances pour 1969, 1971, 1972 et 1973, pour l’essentiel à propos du budget de l’Agriculture.
Durant cette quatrième législature, il vote comme toujours à l’unisson du groupe gaulliste. Il se prononce ainsi en faveur des projets de loi d’orientation de l’enseignement supérieur, relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises, tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens, à réprimer certaines formes nouvelles de délinquance, relatif au service national, relatif aux incompatibilités parlementaires ou portant création et organisation des régions. Il vote également la confiance au gouvernement les 15 octobre 1970 et 24 mai 1972.
À nouveau candidat de la majorité pour la Ve République aux élections législatives des 4 et 11 mars 1973, Edmond Bricout affronte une élection dans des conditions nationale et locale autrement plus délicates. Alors que la majorité présidentielle connaît au plan national un très net recul en termes de voix tandis que la gauche enregistre une poussée électorale importante, Bricout doit faire face dans la deuxième circonscription de l’Aisne à plusieurs candidatures se réclamant de la majorité. Au soir du premier tour, Edmond Bricout ne recueille que 12 957 des 59 927, soit 21,62% des voix, loin derrière le communiste Daniel Le Meur (31,22%). Le candidat socialiste obtient 17,56% des voix, les deux candidats dits de majorité présidentielle respectivement 13,94% et 2,8% et le candidat du mouvement réformateur 8,2%. Le second tour s’annonce donc très difficile pour le député sortant. Au soir du second tour, le communiste Daniel recueille 31 287 des 60 060 suffrages exprimés soit 52,1% des voix. Edmond Bricout, après 22 ans de mandat législatif ininterrompu, perd son siège de député, tout comme une centaine de ses collègues gaullistes.
Malgré cet échec, Edmond Bricout demeure maire de Gouy dont il était l’élu depuis 1948 et conseiller général du Catelet, ce qu’il était depuis octobre 1951. Edmond Bricout est décédé le 3 mai 1973.
Il était officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45, de la Rosette de la Résistance, de la Médaille des évadés, de la Croix de guerre belge, de la Médaille militaire britannique et enfin chevalier de l’ordre de Léopold.

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