Jean, Bertrand Feraud

1764 - 1795

Informations générales
  • Né le 3 août 1764 à Arreau (Hautes-Pyrénées - France)
  • Décédé le 20 mai 1795 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 20 mai 1795
Département
Hautes-Pyrénées
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Arreau (Hautes-Pyrénées) le 21 mai 1764, assassiné à Paris le 21 mai 1795, partisan des idées de la Révolution, il fut élu, le 5 septembre 1792, le 5e sur 6, avec 145 voix sur 222 votants, membre de la Convention par le département des Hautes-Pyrénées.

En novembre 1792, il présenta le rapport sur les pétitions hostiles au roi, envoyées par les sociétés populaires. Puis il vota la mort de Louis XVI, sans appel ni sursis, en disant :
« Fidèle à la Déclaration des droits, je vote pour la mort. Je n'attends rien pour ma patrie de la reclusion du ci-devant roi; son existence ne fait rien aux autres despotes. Tous nos succès contre nos ennemis extérieurs dépendent du courage de nos soldats ; contre les ennemis intérieurs, du règne des lois, du retour de l'ordre et de la cessation des métiances. Je vote pour la mort. »

Féraud inclinait vers le parti des Girondins ; il fit tous ses efforts pour les sauver.

Envoyé en mission à l'armée des Pyrénées-Orientales, il s'y comporta bravement et fut blessé plusieurs fois.

De retour à la Convention, il prit parti contre les Jacobins, et, dans la journée du neuf thermidor, fut adjoint à Barras pour commander la force armée contre Robespierre.

Il s'acquitta ensuite d'une nouvelle mission aux armées du Nord et de Rhin-et-Moselle, annonça à la Convention les succès de nos soldats, et lui envoya des détails sur la position des troupes devant Mayence.

Il revint à Paris peu de temps avant les événements de prairial an III, qui devaient lui coûter la vie. Lors de l'envahissement de la Convention, le 1er prairial, à deux heures, un homme parut, qui semblait chercher refuge dans l'Assemblée. C'était le député Féraud. Il était pâle ; ses vêtements étaient en lambeaux ; il tomba évanoui. Cependant la foule grossissait de minute en minute. Féraud, revenu de son évanouissement, s'était jeté en travers de la porte ; on lui passa sur le corps, et la salle fut bientôt pleine de peuple. On criait : Du pain et la Constitution de 93 ! Comme le président Boissy d'Anglas était couché en joue, Féraud tenta d'escalader la tribune pour le défendre, aidé par un officier qui eut l'imprudence d'écarter d'un coup de poing un insurgé qui résistait. La foule riposta par un coup de pistolet qui frappa Féraud mortellement. Ce meurtre, dû à une circonstance accidentelle, a été attribué par M. Jules Claretie (Les derniers Montagnards) à une folle, nommée Aspasie Carlemigelli, qui aurait pris Féraud pour Fréron, l'inspirateur des excès de la jeunesse dorée. Mais le corps sanglant ayant été traîné dans un couloir voisin, quelques furieux coupèrent la tête, qui ne tarda pas à être promenée au bout d'une pique. On sait qu'elle fut présentée ainsi au président Boissy d'Anglas, et que celui-ci salua religieusement le sanglant trophée. La tête fut remise le soir à un commissaire de police, par les soins d'un huissier de la Convention, et réunie au cadavre.

Le 14 prairial, dans une séance solennelle, la Convention rendit des honneurs funèbres à Féraud, et Louvet prononça son éloge à la tribune.


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