René Caillaud

1891 - 1981

Informations générales
  • Né le 10 novembre 1891 à Issoudin (Indre - France)
  • Décédé le 13 juillet 1981 à Issoudun (Indre - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Indre
Groupe
Entente démocratique

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1955 au 1er janvier 1958

Biographies



Né le 10 novembre 1891, à Issoudun (Indre)
Décédé le 13 juillet 1981, à Issoudun

Sénateur de l'Indre de 1955 à 1958

Après l'obtention de son certificat d'études primaires, René Caillaud s'établit comme comptable dans sa ville natale. Mobilisé en 1914, il est blessé au combat.

Pendant l'entre-deux-guerres, il déploie une grande activité dans son département, et préside un nombre sans cesse croissant de sociétés locales.

A nouveau mobilisé en 1939, il est, durant l'occupation, correspondant du réseau de Résistance « Mithridate ».

Sa carrière politique débute avec son élection, en 1947, au conseil municipal d'Issoudun, dont il devient maire en 1949 ; il sera reconduit à ce poste sans interruption durant plus de vingt ans.

En 1949, il est également élu au conseil général de l'Indre, dont il devient vice-président. Puis il se présente comme candidat isolé, avec l'étiquette du Rassemblement des Gauches Républicaines, aux élections du 19 juin 1955 au Conseil de la République; deux sièges sont à pourvoir dans l'Indre. Il recueille au premier tour 265 voix sur 718 suffrages exprimés, et l'emporte au deuxième tour, avec 377 voix sur 746 exprimés, sur le sortant socialiste Anatole Ferrant, qui n'a rassemblé que 366 suffrages.

Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, et siège, comme titulaire, aux Commissions de la production industrielle, et de la reconstruction, et, comme suppléant, à la Commission des affaires économiques, mais n'intervient pas en séance publique.

Les 2 et 3 juin 1958, il vote pour les pleins pouvoirs, et pour la révision constitutionnelle.



CAILLAUD (René, Marcel)
Né le 10 novembre 1891 à Issoudun (Indre)
Décédé le 13 juillet 1981 à Issoudun

Sénateur de l’Indre de 1955 à 1958
Député de l’Indre de 1958 à 1962

Sénateur-maire d’Issoudun et vice-président du Conseil général de l’Indre, René Caillaud appelle à voter « oui » à la Constitution de la Vème République le 28 septembre 1958. Il décide de se présenter aux élections législatives quelques semaines plus tard dans la deuxième circonscription de l’Indre. Cet ancien membre du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (fondé en 1933 par Marcel Déat) reçoit l’investiture du Rassemblement des gauches républicaines, qui rassemble les anciens radicaux hostiles à Pierre Mendès France. René Caillaud dresse un bilan sans concession de la IVème République dans sa profession de foi électorale. Il y affirme en effet que la politique intérieure française a présenté « pendant de nombreuses années (…) le spectacle affligeant de gouvernements, dont les uns ne parvenaient au pouvoir que pour ne rien faire », tandis que « les autres ne s’en emparaient que pour constater qu’ils ne pouvaient rien faire ». Il se réjouit que la nouvelle Constitution permette au contraire « au pouvoir exécutif de s’imposer », juge qu’elle « remet de l’ordre dans la maison » et souhaite « que la lutte fratricide en Algérie se termine dans les plus brefs délais ». René Caillaud présente son action de premier magistrat à Issoudun comme un modèle de ce qu’il entend réaliser pour l’ensemble de la circonscription : implantation d’usines, soutien à l’artisanat et programmes ambitieux de construction de logements. Ses deux principaux adversaires sont Aimé Esmelin, soutenu par le Parti communiste, et Jean Toury, qui est proche des gaullistes. Robert Jospin, directeur d’école spécialisée, membre de la SFIO et père d’un futur Premier ministre socialiste, est également candidat le 23 novembre 1958 dans cette deuxième circonscription de l’Indre. Le premier tour est favorable à René Caillaud, qui recueille 34% des suffrages exprimés, contre 27,04% pour le candidat communiste. C’est le soutien des cantons d’Issoudun-Nord (45,9%) et d’Issoudun-Sud (49,8%) qui vaut au sénateur de l’Indre d’arriver en tête. Le 30 novembre 1958, René Caillaud est élu député de l’Indre à une majorité relative (41%), dans le cadre d’une triangulaire qui l’oppose à Aimé Esmelin (29,8%) et Jean Toury (29,2%).
Il siège d’abord parmi les non-inscrits, puis rejoint le groupe de l’Entente démocratique, qui rassemble l’essentiel de la famille radicale et quelques centristes, en juillet 1959. En novembre 1960, René Caillaud quitte cette formation parlementaire et redevient non-inscrit. Il appartient à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de janvier 1959 à novembre 1960. Le député berrichon ne prend pas la parole dans l’hémicycle sous la première législature de la Vème République. Il évolue progressivement vers l’opposition par hostilité à la gestion gaullienne de la décolonisation. Il approuve en effet le programme du gouvernement de Michel Debré le 16 janvier 1959, comme le nouveau règlement de l’Assemblée nationale, qui encadre l’initiative parlementaire (3 juin 1959) ou la déclaration de politique générale du Premier ministre, prononcée après que le général de Gaulle a pourtant parlé d’autodétermination pour l’Algérie (15 octobre 1959). Bien qu’investi par le RGR et proche d’une gauche très attachée à la laïcité, il vote la loi Debré, qui réforme le financement de l’enseignement privé (23 décembre 1959). Il accorde les pleins pouvoirs au gouvernement pour ramener l’ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (2 février 1960), mais s’abstient volontairement lors de la présentation du programme du gouvernement de Georges Pompidou à l’Assemblée nationale (27 avril 1962). Il s’oppose à la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président du Conseil Georges Bidault (5 juillet 1962) et vote la motion de censure qui renverse le gouvernement le 4 octobre 1962.
Le député-maire d’Issoudun est candidat au renouvellement de son mandat parlementaire à l’occasion des législatives de novembre 1962. Il n’affiche aucune étiquette partisane à cette occasion. L’opposition de René Caillaud au régime le prive de nombreux électeurs modérés le 18 novembre 1962. Il obtient 22% des suffrages exprimés au premier tour, malgré la fidélité des cantons d’Issoudun-nord et d’Issoudun-sud, où il est soutenu respectivement par 38,7% et 29,8% du corps électoral. Il se place néanmoins derrière le candidat communiste Aimé Esmelin (30,75%) et le maire UNR de La Châtre Jean Toury (30,69%). René Caillaud décide alors de se maintenir au second tour, au risque de favoriser le PCF. Le 25 novembre 1962, c’est toutefois Jean Toury qui est élu député dans la 2ème circonscription de l’Indre. La forte augmentation de la participation entre les deux tours (+17,2%) n’a guère profité à René Caillaud, approuvé par 21,6% des électeurs seulement lors du scrutin décisif.
L’ancien parlementaire reste très présent sur la scène politique locale jusqu’au début des années 1970. Réélu maire d’Issoudun en 1965, il sollicite à nouveau les suffrages à l’occasion des municipales de 1971. Sa liste fusionne entre les deux tours avec celle du jeune socialiste André Laignel, sans empêcher que la petite ville bascule à droite. En septembre 1973, René Caillaud quitte le Conseil général de l’Indre.
Il meurt à l’âge de 89 ans, peu après la victoire de François Mitterrand aux élections présidentielles.

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