Jules, Eugène, Edouard Catoire

1899 - 1988

Informations générales
  • Né le 31 janvier 1899 à Beaurains-les-arras (Pas-de-Calais - France)
  • Décédé le 15 décembre 1988 à Arras (Pas-de-Calais - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 31 janvier 1899 à Beaurains-les-Arras (Pas-de-Calais)
Décédé le 15 décembre 1988 à Arras (Pas-de-Calais)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Pas-de-Calais)
Député du Pas-de-Calais de 1946 à 1958
Ministre des Anciens combattants et Victimes de guerre du 5 au 11 septembre 1948
Sous-secrétaire d'Etat à la Santé publique et à la Population du 11 septembre 1948 au 28 octobre 1949
Secrétaire d'Etat à la Santé publique et à la Population du 12 juillet 1950 au 11 août 1951

Né dans une famille ouvrière, Jules Catoire fait ses études primaires au Collège Saint-Joseph d'Arras. En 1914, il accompagne ses parents dans l'exode qui suit l'invasion de la région du Nord par les armées allemandes. Il est successivement ouvrier agricole et garçon épicier. En 1917, il est engagé comme surveillant au collège de Villers-Bretonneux. Mobilisé en 1918 au 33e régiment d'infanterie puis au 509e régiment de chars, il est promu sous-lieutenant en septembre 1920.

Démobilisé en avril 1921, il est attiré par le syndicalisme chrétien. Il est appelé au secrétariat de l'Union des œuvres catholiques et sociales qu'il conserve jusqu'en 1924. Il se marie en juillet 1922 et aura deux enfants, un garçon et une fille. En 1924, il devient Secrétaire général de l'Union départementale des Syndicats libres du Pas-de-Calais. Il est un des fondateurs du Syndicat des mineurs du Pas-de-Calais et de la Fédération des syndicats chrétiens des mineurs dont il est Secrétaire délégué de 1925 à 1950. En 1934, il est élu membre du Bureau confédéral de la C.F.T.C. et en est vice-président de 1936 à 1945. En 1934, il est fait par Rome, Chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire le Grand. Capitaine de réserve au 509e régiment de Chars de combat depuis 1935, il est mobilisé du 20 septembre 1939 au 2 juillet 1940. Dès cette date, il s'engage dans la Résistance et travaille avec divers réseaux et mouvements, tout particulièrement avec l'« Organisation civile et militaire », « Libération Nord », « la Voix du Nord ». En 1944, recherché avec son fils par la Gestapo, il échappe à l'arrestation et se réfugie dans les mines jusqu'au 30 août, date de la Libération. Il aura la Médaille de la Résistance en 1947. Pendant toute l'Occupation, il est membre du Comité inter confédéral de Résistance C.G.T. et C.F.T.C. Il est membre fondateur du Comité départemental de Libération du Pas-de-Calais. Il participe à la création du Rassemblement démocratique des résistants d'inspiration chrétienne (le R.I.C.), qui donnera naissance au Mouvement républicain populaire dans la région Nord-Pas-de-Calais. Il est un des créateurs du journal Nord-Eclair à Roubaix.

Le 6 novembre 1944, il est nommé délégué représentant la C.F.T.C. à l'Assemblée consultative provisoire siégeant à Paris. Il est nommé membre des Commissions de la défense nationale, de l'agriculture et du ravitaillement, du travail et des affaires sociales. Il appartient à la Commission permanente de coordination. Il s'affirme d'emblée comme le porte-parole du M.R.P. pour les questions minières et commence ainsi une carrière politique. Membre du Comité local d'Arras, il est élu Conseiller municipal en mai 1945 et le demeure jusqu'en 1949.

Le 21 octobre 1945, pour les élections à la première Assemblée nationale Constituante, Jules Catoire mène la liste du M.R.P. dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais où huit sièges sont à pourvoir. Pour 420 819 électeurs inscrits et 361413 suffrages exprimés, la S.F.I.O. arrive en tête avec 137 506 voix, et emporte trois sièges, le Parti communiste avec 120 540 voix, obtient également trois sièges, le M.R.P., avec 103 367 voix, a les deux derniers. Le député du Pas-de-Calais est nommé membre de la Commission de l'équipement national et de la production. Il est nommé en outre, juré à la Haute Cour de justice. Il prend une part importante aux débats qui conduisent à la création des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais. « Tous nos efforts, déclare-t-il le 29 décembre 1945, doivent tendre à obtenir le maximum de production. Mais ce maximum, nous devons vouloir l'atteindre par une organisation économique et sociale garantissant à tous les droits sociaux de la personne humaine ». Il défend une nationalisation qui associe effectivement les travailleurs à la gestion et qui évite la centralisation. En juin 1946, il est nommé vice-président des Houillères du Nord-Pas-de-Calais poste dont il démissionnera en 1950.

Le 2 juin 1946, les élections à la seconde Assemblée nationale Constituante voient une modification du rapport des forces électorales. Sur 420 828 électeurs inscrits et 371411 suffrages exprimés, le Parti communiste prend la première place avec 122 122 voix et trois sièges. la S.F.I.O. la deuxième avec 120 571 voix et trois sièges, le M.R.P. la troisième avec 93 401 suffrages et deux sièges. La droite et les radicaux, absents en 1945, ont constitué deux autres listes. Jules Catoire retrouve la Commission de l'équipement national et de la production. Il est, en outre, nommé membre de la Commission de la comptabilité.

En novembre 1946, neuf sièges sont désormais à pourvoir dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais. Quatre listes s'affrontent. Sur 425 735 électeurs inscrits et 369 892 suffrages exprimés, le Parti communiste conforte sa position avec 131 605 voix et trois sièges, la S.F.I.O., emmenée par Guy Mollet, son nouveau Secrétaire général, demeure en deuxième position, et conserve trois sièges, mais régresse en voix avec 105 611 suffrages, le M.R.P., qui a deux élus, décline avec 70 938 voix, le neuvième siège, avec 61 730 voix, échoit à une liste d'Union gaulliste et d'union des républicains.

Jules Catoire est nommé membre de la Commission de la production industrielle (1946), de la Commission de la comptabilité (1948), des Commissions de la famille, de la population et de la santé publique et de la reconstruction et des dommages de guerre (1950). Il consacre son activité parlementaire et ministérielle dans cette législature aux questions sociales : Sécurité sociale, habitat, comités d'entreprise, etc. Le 5 septembre, Robert Schuman l'appelle dans son cabinet comme ministre des Anciens combattants et victimes de Guerre. Mais, le gouvernement est démissionnaire le 7 septembre. Le 11, Henri Queuille lui propose le sous-secrétariat d'Etat à la Santé publique et à la population. Il conserve cette responsabilité jusqu'au 28 octobre 1949. Il est, enfin, Secrétaire d'Etat à la Santé publique et à la population dans le gouvernement René Pleven du 12 juillet 1950 au 10 mars 1951 et conserve cette charge dans le gouvernement Henri Queuille du 10 mars au 11 août 1951.

Les élections législatives du 17 juin 1951 se font au scrutin majoritaire à un tour avec apparentement. Six listes sont en présence pour neuf sièges à pourvoir. Un apparentement est conclu entre la S.F.I.O., le M.R.P. et l'U.D.S.R., mais, avec 156 674 suffrages, il n'obtient pas la majorité absolue requise de 190 143 suffrages. Les sièges sont répartis à la proportionnelle. Sur 434 566 électeurs inscrits et 380 284 suffrages exprimés, le Parti communiste, avec 138 376 voix, emporte quatre sièges, la S.F.I.O., avec 97 021 voix, trois sièges, le Rassemblement du peuple français, avec 63 546 voix, un siège, le M.R.P., pâtissant de la concurrence gaulliste, voit ses voix fortement diminuées, avec 43 139 suffrages, il ne conserve qu'un siège.

Au cours de cette législature, Jules Catoire est nommé membre des Commissions de la production industrielle (1951) et des affaires économiques (1953). Le 30 janvier 1953, la Commission de la production industrielle le désigne pour faire partie de la Sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises industrielles nationalisées et des sociétés d'économie mixte. Le 3 juin de la même année, la Commission des affaires économique l'élit membre de la Commission de coordination pour l'étude des questions relatives à la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Le 16 juillet, il est nommé vice-président de cette Commission. Enfin, le 16 mars 1954, il est nommé membre du comité de contrôle du fonds d'encouragement à la production textile. Il présente plusieurs rapports et dépose plus d'une dizaine de propositions de loi et de résolution sur les questions sociales. Il est notamment amené à plaider, fort de son expérience d'administration des houillères, pour une plus grande autonomie des entreprises nationalisées. Ainsi, le 11 mars 1954, dans un débat sur les entreprises publiques, il déclare : « Nous en sommes au contrôle a priori, au contrôle préventif. Qu'on le veuille ou non, c'est la subordination de la direction et des administrateurs à de hauts fonctionnaires qui n'ont aucune responsabilité de gestion. Les conséquences en sont extrêmement graves : incohérence dans les contrôles, alors que l'industrie houillère forme un tout, crise d'autorité, temps perdu, etc. ». Le 30 août 1954, il suit son groupe dans le vote contre la question préalable dont l'adoption entraîne le rejet de la Communauté européenne de défense. Le 4 février 1955 il vote contre la confiance au gouvernement Pierre Mendès-France (chute du cabinet).

Le 2 janvier 1956, pour les élections législatives anticipées, aucun apparentement n'est conclu dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais. La profession de foi du M.R.P. indique les objectifs poursuivis : « Votez et surtout faites voter pour la liste Catoire, Beugniez, Dubus, Ducroquet, seule capable de reprendre aux partisans de la dictature communiste le siège que la dispersion des voix de nos amis leur a donné en 1951 (...). Entre le communisme totalitaire, le socialisme sectaire et le conservatisme égoïste, le M.R.P. vous propose la voie du progrès social dans la liberté ». Le Parti communiste demeure cependant la première force politique de la circonscription avec 151 540 voix, sur 423 567 suffrages exprimés, et quatre sièges. La S.F.I.O., avec 139 352, conserve trois sièges. Les 52 675 voix du M.R.P. assurent la réélection de Jules Catoire. Le dernier siège échoit cette fois à une liste d'Union des républicains indépendants et des paysans avec 41 494 voix.

Jules Catoire le 31 janvier retrouve la Commission des affaires économiques et la Commission de la production industrielle et de l'énergie. Le 24 février, il est à nouveau désigné pour faire partie de la Sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises industrielles et des sociétés d'économie mixte. Le 6 mars, il est nommé membre du Comité de contrôle du fonds d'encouragement à la production textile. Il dépose le 21 mars 1956, une proposition de résolution pour l'institution de comités économiques régionaux. En juin 1958, il vote la confiance au général de Gaulle, accorde les pleins pouvoirs au gouvernement et approuve la révision constitutionnelle.

Jules Catoire était Chevalier de la Légion d'honneur.



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