Marcel Clermontel

1906 - 1984

Informations générales
  • Né le 15 octobre 1906 à Clermont-ferrand (Puy-de-Dôme - France)
  • Décédé le 22 septembre 1984 à Beaumont (Puy-de-Dôme - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Puy-de-Dôme
Groupe
Union pour la nouvelle République

Biographies

Biographie de la Ve République

CLERMONTEL (Marcel, François, Fernand)
Né le 15 octobre 1906 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)
Décédé le 22 septembre 1984 à Beaumont (Puy-de-Dôme)

Député du Puy-de-Dôme de 1958 à 1962

Marcel Clermontel naît dans une famille modeste aux solides origines auvergnates. Son père travaille comme ouvrier menuisier à la SNCF, puis comme caoutchoutier aux usines Michelin. Après avoir fréquenté une école privée, Marcel Clermontel obtient son certificat d’études et entre à l’Ecole d’apprentissage mécanique de Michelin, à Clermont-Ferrand, en 1921. Ses qualités lui permettent d’occuper un emploi de dessinateur puis de technicien à la fin des années 1920. Le jeune Marcel Clermontel acquiert à cette époque de bonnes connaissances en droit et en gestion. Il se forme à ces disciplines en autodidacte. En 1930, il devient agent général d’assurances à Clermont-Ferrand. Exempté de service militaire pour raisons de santé, Marcel Clermontel est nommé directeur par intérim des Transports Citroën d’Auvergne et du Bourbonnais après la déclaration de guerre en septembre 1939. Au lendemain de la défaite française, il travaille à nouveau pour les usines Michelin, avant de reprendre son emploi dans les assurances. Marcel Clermontel participe à l’action clandestine en Auvergne sous le pseudonyme de « Desaix », mais refuse de faire homologuer ses titres de Résistance à la Libération. Son fils cadet, André, volontaire dans les Forces françaises de l’Intérieur, perd la vie le 11 juin 1944, à l’âge de 16 ans : il est déclaré « mort pour la France » quelques semaines plus tard. Vice-président de la Fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurances, Marcel Clermontel devait rester très impliqué dans des organisations professionnelles jusqu’à sa mort.

Au printemps 1947, il adhère au Rassemblement du peuple français (RPF), que vient de fonder le général de Gaulle. Vice-président du comité provisoire du RPF à Clermont-Ferrand en 1947, il appartient au Conseil départemental de cette formation politique dans le Puy-de-Dôme à partir de l’année suivante. Marcel Clermontel se consacre surtout aux questions financières et à la propagande dans le secteur des banques et des assurances pour l’Action ouvrière du RPF. Il fait partie des neuf conseillers municipaux gaullistes élus en octobre 1947 à Clermont-Ferrand. La ville est alors dirigée par le socialiste Gabriel Montpied, ancien résistant, qui choisit de ne pas s’engager dans un affrontement avec le RPF. Plusieurs membres du mouvement gaulliste deviennent alors adjoints au maire, comme Jean-Michel Flandin ou Jean Vèze. Au printemps 1951, Marcel Clermontel s’élève contre la composition de la liste RPF pour les élections législatives. Il souhaite que le docteur Guy Fric la dirige, mais le RPF désigne Jean-Michel Flandin. L’influence de Georges Pompidou, collaborateur du général de Gaulle et ancien condisciple de Flandin à l’Ecole normale supérieure, semble avoir pesé dans cette décision. La liste RPF obtient un résultat décevant dans le Puy-de-Dôme le 17 juin 1951 (10,9% des suffrages exprimés). Seul Jean-Michel Flandin est élu député. En octobre 1951, Marcel Clermontel devient conseiller général du canton de Clermont-Ferrand-Sud. En octobre 1952, il est nommé délégué départemental du RPF, peu de temps avant la mise en sommeil de ce mouvement.

Marcel Clermontel se réjouit du retour au pouvoir du général de Gaulle en juin 1958 et fait campagne pour le « oui » au référendum du 28 septembre de la même année. Réélu conseiller municipal de Clermont-Ferrand en 1953, puis conseiller général en 1957, il s’est spécialisé dans la question des transports et a beaucoup agi en faveur du développement de l’aéroport d’Aulnat. Sa fidélité au gaullisme et la qualité de son implantation lui valent d’être investi par l’Union pour la nouvelle République (UNR) dans la 1ère circonscription du Puy-de-Dôme pour les législatives de novembre 1958. Il reçoit en outre le soutien du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), du Mouvement des républicains populaires (MRP), du Centre républicain d’André Morice et du Rassemblement des gauches républicaines (RGR) autonome d’Edgar Faure. Dans sa profession de foi électorale, il appelle les électeurs à une « réconciliation fraternelle » dans un esprit d’ « amitié » pour œuvrer au « renouveau national ». S’il dénonce les « luttes stériles » qui ont affaibli la France, l’élu clermontois évite d’attaquer trop violemment les socialistes ou les communistes. Il se dit favorable à une réforme judiciaire qui assure une « véritable séparation des pouvoirs » et supprime les « lenteurs navrantes de la justice ». Partisan d’un « cessez-le-feu en Algérie », il ne formule pas d’autre engagement précis sur ce sujet. L’aspect le plus original de son programme est un plaidoyer en faveur de l’ « intéressement progressif des salariés aux résultats de l’entreprise ». Il présente en outre le choix de son suppléant, Michel Rouet, « simple employé aux usines Michelin » comme une illustration de son « désir de promotion ouvrière ». Marcel Clermontel arrive en tête du premier tour avec 38,9% des suffrages exprimés, contre 28,7% pour le socialiste Ambroise Brugière et 20,4% pour le député sortant communiste Pierre Besset. Le candidat UNR l’emporte dans quatre des six cantons de la circonscription. Son meilleur résultat se situe dans le canton de Clermont-Sud, qu’il représente à l’Assemblée départementale depuis 1951 (46,5%). Le 30 novembre 1958, l’absence de désistement entre communistes et socialistes permet à Marcel Clermontel d’être élu député du Puy-de-Dôme avec une majorité relative (47,8%).

Il s’inscrit au groupe UNR et rejoint d’emblée la Commission des finances, de l’économie générale et du plan à l’Assemblée nationale. Il siège également à la Commission centrale de contrôle des opérations immobilières poursuivies par le service public à partir de juillet 1960. Marcel Clermontel s’affirme comme un parlementaire très actif sous la première législature de la Vème République. S’il soutient l’action du gouvernement de Michel Debré, il entend néanmoins qu’elle reste fidèle aux promesses de campagne formulées à l’automne 1958. La « révolution fiscale » était de ce nombre, ou plutôt une « profonde réforme fiscale », comme le député du Puy-de-Dôme le rappelle lors de la séance du 21 octobre 1959. Il s’adresse à cette occasion à Valéry Giscard d’Estaing, secrétaire d’Etat aux finances et élu d’Auvergne comme lui, pour lui demander une « étude sérieuse et complète » du projet d’impôt sur l’énergie que défendent de nombreux élus. Déçu par la loi portant réforme fiscale, qui « n’a de réforme que le nom », Marcel Clermontel voit deux causes à la prudence du gouvernement : le manque de temps, l’essentiel de l’agenda gouvernemental étant occupé par le redressement de la situation financière ; et le conservatisme d’une administration qui serait particulièrement « sclérosée par la routine et de vieilles règles dont elle ne veut pas sortir ». Le 24 juin 1960, il dépose une proposition de loi tendant à réglementer le droit de grève et aborde plusieurs fois cette question entre 1959 et 1962, comme lors de la discussion du budget des travaux publics et des transports pour 1962 (séance du 7 novembre 1961). Il attribue en effet une partie du déficit d’exploitation de la SNCF et de la RATP aux « mouvements sporadiques de grève qui affectent trop souvent le fonctionnement de ces services publics ». Marcel Clermontel rappelle que les personnels des compagnies publiques de transports « ne sont pas au service d’un patron, ni même de l’Etat, mais beaucoup plus simplement de l’ensemble de leurs concitoyens » et plaide pour une « réglementation intelligente, sociale et humaine du droit de grève ». Il préconise notamment une généralisation des comités de conciliation et d’arbitrage des conflits du travail au sein des entreprises publiques et des administrations ; il souhaite qu’avant tout déclenchement d’une grève, un référendum au scrutin secret soit organisé par l’inspection du travail.

L’élu auvergnat s’intéresse beaucoup aux questions d’aménagement du territoire. La discussion du IVème plan lui offre l’occasion de regretter l’insuffisante association des élus locaux et des parlementaires à son élaboration (séance du 21 juin 1962). Le 11 juillet 1962, Marcel Clermontel n’hésite pas à dire sa « désillusion » à la lecture du projet de loi de finances rectificative : il constate en effet qu’aucune subvention d’équilibre n’y est prévue pour Air Inter, alors que cette compagnie aérienne doit « poursuivre l’exploitation de ses lignes intérieures et envisager l’extension souhaitable de son réseau ».

C’est en qualité de rapporteur spécial du budget de l’éducation nationale que Marcel Clermontel intervient le plus longuement dans l’hémicycle. Il assume en effet cette responsabilité en 1959, 1960 et 1961. Dès la fin des années 1950, le ministère de l’éducation nationale dispose du plus important budget des ministères civils (12,4% du budget général de 1960). Si le gouvernement de Michel Debré s’efforce de rétablir la situation des finances publiques, l’austérité ne s’applique pas à ce département ministériel entre 1959 et 1962. Compte tenu du défi démographique que représentent la scolarisation des générations du baby boom et la nécessaire démocratisation de l’enseignement, l’exécutif fait en effet le choix d’augmenter massivement les crédits de l’éducation nationale à partir de 1960. Marcel Clermontel invite donc à une utilisation rigoureuse de cette manne budgétaire lors de la séance publique du 21 novembre 1959. L’effort de la Nation en faveur de l’enseignement suppose à ses yeux que l’administration « pléthorique » de l’éducation nationale sorte « du jeu des habitudes routinières » et adopte « une organisation horizontale et non plus verticale ». Il estime en particulier excessive « la proportion de plus d’un emploi administratif pour trois emplois d’enseignants » à l’heure où la France manque de professeurs et d’instituteurs. Le député du Puy-de-Dôme ouvre des pistes de réflexion pour remédier à cette pénurie d’enseignants dans une intervention ultérieure, le 4 novembre 1960. Le recul volontaire de l’âge de la retraite, le retour de certains enseignants âgés à l’activité, le recours à la collaboration d’ingénieurs ou même d’officiers, enfin un usage étendu des « procédés audiovisuels » résoudraient, selon lui, une partie du problème. La presse se saisit de surcroît de la question du rythme des constructions des infrastructures scolaires à l’occasion de la rentrée de l’automne 1961. Le 28 octobre 1961, Marcel Clermontel rappelle ainsi à ses collègues que « des milliers d’adolescents vont être désœuvrés et livrés à eux-mêmes, avec tous les dangers que cela comporte pour eux et pour la société », faute d’établissements scolaires pour les accueillir en 1961-1962.

Le député clermontois est chargé du rapport d’information fait au nom de la Commission des finances, de l’économie générale et du plan à la suite de la mission effectuée aux Antilles et en Guyane du 19 mars au 2 avril 1962. Le texte traduit une inquiétude quant à la situation démographique de la Guadeloupe et de la Martinique. Marcel Clermontel se refuse cependant à considérer la contraception comme un moyen d’y réguler le taux de natalité. Cinq ans avant le vote de la loi Neuwirth, il juge qu’il s’agirait là d’une solution « contre nature ».
Marcel Clermontel respecte la discipline de vote du groupe UNR à l’Assemblée nationale sous la 1ère législature. Il approuve le programme du gouvernement Debré (16 janvier 1959) comme la déclaration de politique générale du même Premier ministre (15 octobre 1959). Il est favorable à la réforme du financement de l’enseignement privé (23 décembre 1959) et accorde les pouvoirs spéciaux au gouvernement pour ramener l’ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (2 février 1960). Marcel Clermontel soutient le nouveau Premier ministre Georges Pompidou après la présentation de son programme de gouvernement (27 avril 1962), est absent pour congé lors du vote sur la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault (5 juillet 1962) et ne vote pas la motion de censure du 4 octobre 1962.

Les électeurs du Puy-de-Dôme approuvent à 58,6% l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct, le 28 octobre 1962. Malgré la campagne de Valéry Giscard d’Estaing, membre du gouvernement, avocat du « oui » et élu du département, ce résultat est nettement inférieur à la moyenne nationale (62,25% de « oui »). Investi par l’UNR, Marcel Clermontel sollicite le renouvellement de son mandat parlementaire dans la première circonscription du Puy-de-Dôme en novembre 1962. La baisse de la participation (-7,2%) lui vaut de perdre plus de 2500 voix par rapport à novembre 1958. Il devance pourtant le socialiste Ambroise Brugière avec 35,1% contre 30,3% pour son adversaire. Le communiste Pierre Besset, le PSU Georges Servent et le MRP Gaston Pradelle se désistent en faveur du candidat de la SFIO. Ce dernier bat Marcel Clermontel avec une majorité de 60,4% des suffrages exprimés, le 25 novembre 1962.

Privé de mandat municipal depuis 1959, l’ancien député du Puy-de-Dôme quitte le Conseil général en 1963. Il se consacre à plein temps à sa profession d’agent d’assurances et à ses activités associatives. Les giscardiens et les gauches se partagent alors l’espace politique dans le Puy-de-Dôme, laissant peu de place au gaullisme. Marcel Clermontel prend sa retraite professionnelle au début des années 1970. Trésorier (1972-1973) puis secrétaire général de l’Union nationale des agents d’assurances retraités, il en prend la présidence en 1975. Il appartient au Conseil national de l’UDR après 1968, est longtemps vice-président de l’Amicale des anciens députés gaullistes et devient président d’honneur de la Fédération départementale du RPR dans le Puy-de-Dôme en 1977.

C’est dans une commune de l’agglomération clermontoise que l’ancien parlementaire, désormais domicilié à Chamalières, meurt dans sa soixante-dix huitième année. Il était chevalier de la Légion d’honneur et titulaire de l’Ordre national du mérite.