Georges Dayan

1915 - 1979

Informations générales
  • Né le 6 mars 1915 à Oran (Algérie)
  • Décédé le 28 mai 1979 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Gard
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 3 octobre 1977 au 28 mai 1979

Biographies

Biographie de la Ve République

DAYAN (Georges)
Né le 6 mars 1915 à Oran (Algérie)
Décédé le 28 mai 1979 à Paris (Seine)

Député du Gard de 1967 à 1968
Sénateur de Paris de 1977 à 1979

Né à Oran d’un père directeur de l’agence oranaise de la Compagnie des messageries maritimes, Georges Dayan est issu d’une famille juive bourgeoise d’Afrique du Nord. Après d’excellentes études secondaires au lycée d’Oran, il opte pour les études de droit et part pour Paris où il s’inscrit à l’Ecole libre des sciences politiques et à la faculté de droit où il obtient sa licence et son certificat. Il croise en 1937 pour la première fois François Mitterrand dont la trajectoire personnelle, professionnelle et politique est indissolublement liée à la sienne.

Mais leur amitié ne naît véritablement qu’en 1938. Alors que Dayan se faisait chahuter par des étudiants de l’Action française au café Le Biarritz, boulevard Saint-Michel, François Mitterrand et l’un de ses amis s’étaient alors interposés. Dès lors, les deux hommes deviennent autant que faire se peut inséparables. Leurs amis respectifs les surnomment du reste Jallez et Jerphanion, les héros siamois des Hommes de bonne volonté. Ils se retrouvent en 1939 sous l’uniforme au fort d’Ivry puis à la caserne de Lourcine, boulevard de Port-Royal. Ils louent même ensemble une chambre pour leurs permissions rue Gay-Lussac.

L’annonce de la déclaration de guerre les conduit avec leur régiment, le 23ème régiment d’infanterie coloniale, à rejoindre les avant-postes, au-delà de la ligne Maginot à Bitche puis Sedan. Les chemins des deux amis se séparent en 1940, puisque Georges Dayan est affecté au peloton des élèves officiers à Châteauroux.

Avec l’armistice et sa démobilisation, Georges Dayan décide de repartir pour l’Algérie où il s’inscrit au barreau d’Oran la même année. Il y demeure jusqu’en 1947 où il rejoint alors la cour d’appel de Paris. Il a épousé entretemps Irène Djian, elle aussi avocate, dont il a deux enfants.

Socialiste de cœur, heurté par la législation antisémite de Vichy, Georges Dayan reste proche de François Mitterrand engagé dans la Résistance. Il l’accompagne du reste lors de sa rencontre avec le général de Gaulle le 5 décembre 1943 à la villa des Glycines.

De 1947 à 1954, l’ami fidèle Dayan accepte de suivre François Mitterrand dans toutes ses fonctions ministérielles. Il est ainsi le chef de cabinet de la plupart des secrétariats d'Etat ou ministères exercés par celui-ci (ministère des anciens combattants et victimes de la guerre en 1947, secrétariat d’État à la présidence du Conseil chargé de l’information en 1948, ministère de la France d’outre-mer en 1950, ministère d'Etat en 1952, ministère délégué au conseil de l'Europe en 1953, ministère de l'intérieur en 1954). Il tient en particulier un rôle important de médiation et de dialogue en 1950-1951 au ministère de la France d'outre-mer, au sein duquel François Mitterrand se trouve aux prises avec les administrateurs coloniaux.

Il est par la suite nommé conseiller technique en 1956-1957, lorsque François Mitterrand, à nouveau ministre d’Etat, décroche le portefeuille de la Justice, à un moment où la guerre d'Algérie pose la question des conditions de mise en œuvre de la loi dans un tel contexte.

Georges Dayan a en outre toujours suivi et épaulé son mentor en politique dans ses activités partisanes. Très à la manœuvre aux côtés de François Mitterrand pour prendre la majorité au sein de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) contre René Pleven, il en est récompensé en 1951 après le succès de la ligne qu’il soutient par l’obtention d’un des quatre secrétariats généraux de ce parti. Il exerce ces fonctions jusqu’en 1962. Il devient ainsi un homme-clé des réseaux de la gauche non communiste et de ce parti charnière dans la constitution des majorités de la IVe République.

Poussé par Mitterrand à descendre dans l’arène électorale, Georges Dayan se présente pour la première fois aux élections législatives de janvier 1956 en Saône-et-Loire, sans succès dans un département dominé par les personnalités de Waldeck Rochet et de Paul Devinat.

La même année, il est nommé maître des requêtes au Conseil d'Etat où il siège pendant près de vingt ans à la section du contentieux. Il est promu conseiller d'Etat en 1974.

Sous la Ve République, Georges Dayan s’impose comme l'un des plus proches sinon le plus intime des collaborateurs de François Mitterrand. Réputé homme de contacts et d’influence, il participe activement à la création, en juin 1964, de la Convention des institutions républicaines (CIR) et en assure en partie l’audience et le succès politiques. Après l'échec de la candidature de Gaston Defferre en 1965, il joue un rôle décisif dans l'organisation de celle de François Mitterrand. De nouveau très impliqué dans la constitution de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), il représente très officiellement le candidat présidentiel de la gauche non communiste auprès des différentes composantes de la Fédération et obtient en 1967 une alliance électorale avec le PSU, à la suite d'une série de négociations âpres mais fructueuses.

Candidat aux élections législatives des 5 et 12 mars 1967, Georges Dayan se présente naturellement sous les couleurs de la FGDS face au député gaulliste, Paul Tondut, dans la première circonscription du Gard. Au soir du premier tour, Georges Dayan, avec 10 301 des 53 272 suffrages exprimés, soit 19,34% des voix, arrive en troisième position derrière le député sortant qui obtient 31,9% des voix et le candidat communiste, Robert Jonis, qui rassemble 26% des voix.

Mais en vertu des accords électoraux du 20 décembre 1966 fixant des désistements réciproques entre communistes et fédérés, Georges Dayan bénéficie du report des voix du candidat Jonis pourtant arrivé en tête du duel à gauche et, en outre, de l’appoint du candidat du Centre démocrate et d’un adjoint au maire de Nîmes, Marius Arra. Ainsi, Dayan l’emporte sur le député sortant le 12 mars 1967 avec 31 125 des 54 248 suffrages exprimés, soit près de 57,4% des voix.

Il est nommé membre de la Commission de la production et des échanges, puis de celle des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Il est inscrit au groupe parlementaire de la FGDS, dont il est élu vice-président. En séance publique, il prend part au débat sur les questions orales relatives à la situation de la viticulture, et évoque la situation des rapatriés d'Algérie lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1968. Il vote naturellement en faveur des deux motions de censure déposées contre le gouvernement Pompidou les 20 mai et 9 juin 1967.

Il se représente aux élections anticipées des 23 et 30 juin 1968, défendant une fois encore les couleurs de la FGDS. Les candidats en présence sont l’ancien député UDR Paul Tondut, le communiste Robert Jonis et Paul Arnassan qui se présente sous l’étiquette PSU. Le candidat gaulliste arrive très nettement en tête au premier tour puisqu’avec 46,72%, il devance nettement Jonis (24,04%) et Georges Dayan lui-même qui ne recueille que 12 572 des 52439 suffrages exprimés, soit 23,97% des voix. Au second tour, le communiste se désistant une fois encore à son profit, Georges Dayan échoue cependant. Avec 25 823 des 52 666 suffrages exprimés, soit 49% des voix, il s’incline face à Paul Tondut, un relatif mauvais report des voix de gauche s’étant opéré à son profit tandis qu’aucune mobilisation particulière n’a été enregistrée d’un tour à l’autre.

Georges Dayan perd donc son mandat législatif mais n’abandonne pas pour autant la vie politique. Il rejoint la même année le groupe permanent et le présidium de la CIR, ralentissant ses activités au sein d'une FGDS en voie de délitement et d’extinction. Il continue d’œuvrer inlassablement à la recomposition de la gauche en prenant part aux différentes discussions entre la Convention et la SFIO, qui échouent. Puis en juillet, il participe aux négociations préparatoires au congrès d'Issy-les-Moulineaux qui préfigure la naissance du nouveau Parti socialiste, la CIR restant en dehors de celui-ci. Georges Dayan devient le vice-président de la convention entre 1970 et 1971.

Après le congrès d'Epinay, en 1971 et le ralliement des membres de la CIR au Parti socialiste, il devient le représentant personnel de François Mitterrand au sein du comité directeur. La même année, il est élu conseiller municipal, puis maire de Caveirac, dans le Gard, où il conserve des attaches.

À l’occasion des élections législatives de 1973, Georges Dayan, fort de son nouvel ancrage local, escompte bien reconquérir son siège de député dans son ancienne circonscription. Il se présente donc sous l’étiquette PS face au gaulliste de gauche Jean-Claude Servan-Schreiber et au maire communiste de Nîmes Émile Jourdan. Au soir du premier tour face aux scores respectifs de ces deux derniers (32,22% et 33,24%), Dayan ne recueille que 12 683 des 59 388 des suffrages exprimés, soit 21,36% des voix. En toute logique, il se retire après le premier tour. La même année, il devient vice-président de la Fédération des élus socialistes et républicains. Entre 1973 et 1978, il demeure en outre le représentant du premier secrétaire du Parti socialiste, son ami François Mitterrand.

Georges Dayan a joué un rôle important dans le recrutement des « sabras », nom donné aux nouveaux cadres du PS entrés après le congrès d'Epinay et dont Laurent Fabius, Lionel Jospin, Louis Joxe ou Paul Quilès sont parmi les représentants les plus significatifs. Ainsi, il est investi tête de liste de la gauche du 2ème secteur de Paris lors des municipales de Paris en 1977 et opposé à Jacques Dominati. Il mène contre lui une campagne très active contre le projet de réaménagement des Halles. Partisan de l'alliance avec le Parti communiste français (PCF), il affirme lors de l'élection municipale de Paris: « On ne peut exclure des millions de communistes de la vie politique française ». En mars 1977, il accompagne François Mitterrand en Israël où ils rencontrent Golda Meir et les dirigeants du parti travailliste.

Élu sénateur de Paris, le 25 septembre 1977, il adhère au groupe socialiste et devient membre de la Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale. Il est l'une des chevilles ouvrières de la délégation de parlementaires socialistes à la conférence de la CSCE à Belgrade, le 15 octobre 1977. Il y défend notamment le sort des Juifs soviétiques, auquel il a été sensibilisé durant sa campagne électorale à Paris. Il intervient sur le projet de loi relatif à l'indemnisation des Français rapatriés d'outre-mer dépossédés de leurs biens (14 décembre 1977), un sujet auquel il tient personnellement et qui constitue un enjeu électoral important pour le Parti socialiste. En 1978, un grave accident de santé, en l’occurrence une rupture d’anévrisme, l'affecte. Diminué physiquement, il ne peut participer activement aux travaux du Sénat. Georges Dayan ne se remet pas de sa maladie et disparaît d’une crise cardiaque l'année suivante. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

Au lendemain de son élection, le 11 mai 1981, le président François Mitterrand se rend sur sa tombe au cimetière du Montparnasse pour lui rendre hommage. Au mois de juin de l’année suivante, le président socialiste se déplace en personne à Nîmes pour inaugurer une avenue portant son nom.


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