Céline, Victorine dite Germaine Degrond

1894 - 1991

Informations générales
  • Né le 3 juin 1894 à Vernouillet (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 18 avril 1991 à Marly-le-roi (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Née le 3 juin 1894 à Vernouillet (Seine-et-Oise)
Décédée le 18 avril 1991 à Marly-le-Roi (Yvelines)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine-et-Oise)
Députée de Seine-et-Oise de 1945 à 1958

Germaine Degrond est née le 3 juin 1894 à Vernouillet (Seine-et-Oise), où son père, ingénieur des Arts-et-métiers, travaillait à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. Sa mère, Victoire Michel, descendait, quant à elle, d'une famille de paysans bretons. Après un cursus scolaire à l'école primaire de Vernouillet, puis au cours complémentaire de Poissy-sur-Seine, Germaine Degrond travaille un temps comme secrétaire sténo-dactylo dans un cabinet d'avocats. Le 27 novembre 1915, elle épouse à la mairie de Vernouillet Gustave Buray.

Mais, sans doute influencée par l'exemple de son père, lequel était membre du Parti radical et proche de Maurice Berteaux, elle se sent bientôt attirée par un engagement politique actif, et s'oriente vers le journalisme, collaborant d'abord à La voix des Femmes (1915-1920), puis, plus tard, à d'autres titres comme Le travailleur de Seine-et-Oise, La mère éducatrice, etc. Militante du Parti socialiste S.F.I.O. dès 1916, Germaine Degrond contribue activement à la reconstruction de la Fédération de Seine-et-Oise après le congrès de Tours (décembre 1920). D'abord secrétaire de section, elle devient successivement secrétaire générale adjointe (1932-1937), puis secrétaire générale de la Fédération S.F.I.O. de Seine-et-Oise (1937-1940), tandis que, en 1934, elle entre au Comité central anti-fasciste de la région parisienne.

Enfin, son activité journalistique reste importante, notamment comme rédactrice au Populaire, où elle est responsable de la page féminine (1933-1940). Divorcée par décision judiciaire du 31 mars 1933, elle aura seule la charge d'élever ses deux enfants.

Employée de bureau à partir de 1940, Germaine Degrond, surveillée par la Gestapo dès août 1940, entre, en 1942, dans la lutte active contre l'occupant allemand dans le réseau « Ceux de la Résistance », dont elle deviendra secrétaire. Elle recevra, à l'issue des hostilités, la Croix de combattant volontaire de la Résistance.

C'est cet engagement constamment réaffirmé qui la pousse, à la Libération, à se présenter en seconde position sur la liste S.F.I.O. emmenée par Guillaume Detraves dans la 1re circonscription de la Seine-et-Oise, aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante. Avec 79 337 voix sur 355 987 suffrages exprimés (soit 22,3 % des voix), la liste obtient deux des huit sièges à pourvoir, et Germaine Degrond devient, à la plus forte moyenne, membre de la première Assemblée nationale Constituante.

Nommée membre de la Commission de la presse, de la radio et du cinéma, et de celle du ravitaillement, dont elle devient présidente, Germaine Degrond dépose notamment deux propositions de loi relatives aux problèmes, très difficiles, du ravitaillement, et elle intervient à plusieurs reprises dans les discussions sur ce sujet. Favorable à la nationalisation des banques (2 décembre 1945), puis de l'électricité et du gaz (23 mars 1946), elle soutient la dévolution des biens de presse (16 avril) et appuie le projet de Constitution (19 avril). Le rejet de celui-ci par le référendum du 5 mai suivant provoque l'élection le 2 juin 1946 d'une seconde Assemblée nationale Constituante.

Germaine Degrond sollicite, lors de ce scrutin, le renouvellement de son mandat, comme tête de liste socialiste S.F.I.O., toujours dans la même circonscription de la Seine-et-Oise. Malgré un certain ressac (74 763 voix sur 360 020 suffrages exprimés, soit un score de 20,7 % des voix), les socialistes conservent leurs deux sièges et Germaine Degrond est donc réélue. Elle retrouve à la Chambre les deux mêmes Commissions parlementaires que précédemment, et prend à nouveau la présidence de celle du ravitaillement.

Parlementaire fort active, Germaine Degrond dépose sept textes toujours essentiellement consacrés aux problèmes du ravitaillement et elle intervient largement dans les débats sur ce sujet. Revenant, plus tard, sur son action, elle déclarera notamment : « Mon activité durant mon mandat de député a toujours eu pour objet la défense des intérêts collectifs de la population laborieuse et ménagère : lutte contre la spéculation des Halles centrales de Paris, lutte contre l'alcoolisme, lutte en faveur des enfants adultérins, des adoptions etc., appuyée par des propositions de loi... »

Le 28 septembre 1946, elle approuve par son vote le projet de Constitution. Celui-ci ayant été entériné par le référendum du 27 octobre suivant, il est procédé à l'élection d'une Assemblée nationale législative dont l'élection se déroule le 10 novembre 1946. Germaine Degrond se présente à nouveau, comme tête de liste du Parti socialiste S.F.I.O., devant les électeurs de la première circonscription de la Seine-et-Oise. Le recul socialiste y est net, et, avec 53 810 voix sur 350 779 suffrages exprimés (soit 15,3 % des suffrages), la liste de Germaine Degrond perd un siège au profit de la liste communiste. Elle-même est cependant réélue.

A l'Assemblée, le député de Seine-et-Oise retrouve la Commission du ravitaillement (1946-1949), dont elle est réélue présidente (1946-1949) et siège en outre dans les deux Commissions des affaires économiques (1946-1950) et de la presse (1950-1951). Germaine Degrond ne dépose au cours de cette législature pas moins de dix-neuf textes dont notamment sa proposition de loi du 21 janvier 1947 sur la question des Halles centrales de Paris et de leur réorganisation devenue indispensable. Puis le 27 juillet 1949, la situation du ravitaillement s'étant normalisée, Germaine Degrond dépose une proposition de résolution tendant à modifier l'article 14 du Règlement de l'Assemblée nationale en vue de la suppression de la Commission du ravitaillement. Enfin, elle intervient très largement dans les débats parlementaires sur ces mêmes problèmes.

Germaine Degrond vote, logiquement, la confiance au gouvernement lors du scrutin du 4 mai 1947 à la suite duquel Paul Ramadier se séparera de ses ministres communistes. Favorable au statut de l'Algérie (27 août), à la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948) ainsi qu'à l'adoption du plan Marshall (7 juillet), elle approuve également la formation du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et la ratification du pacte de l'Atlantique (26 juillet). Enfin, le 7 mai 1951, elle se prononce pour la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements.

Son activité parlementaire très importante pousse Germaine Degrond à abandonner en 1947, sa charge de rédactrice à Franc-tireur, auquel elle collaborait depuis 1944.

Germaine Degrond conduit toujours la liste du Parti socialiste S.F.I.O. dans la première circonscription de Seine-et-Oise aux élections du 17 juin 1951 pour la deuxième législature. Dans ce département, comme dans celui de la Seine, continue à être appliquée la règle proportionnelle. Le recul socialiste se confirme, mais, avec 38 145 voix sur 359 281 suffrages exprimés (10,5 % des suffrages), Germaine Degrond est à nouveau réélue, seule de sa liste, député de Seine-et-Oise. Membre (1951-1955) et secrétaire (1951-1953) de la Commission de la presse, elle siège également à celle des affaires économiques (1953-1955), et, enfin, est nommée secrétaire de l'Assemblée nationale (14 janvier 1953).

Toujours très active et engagée dans le travail parlementaire, Germaine Degrond dépose treize propositions de loi ou de résolution ou rapports notamment sur les problèmes de la consommation et la protection de la famille. Elle intervient également largement dans les débats, en particulier sur le budget et le statut de la radiodiffusion télévision française, mais aussi à propos de la lutte contre l'alcoolisme, de la protection des enfants adultérins etc.

Favorable à l'échelle mobile des salaires (20 septembre 1951), Germaine Degrond se prononce le lendemain, contre la loi sur le compte spécial scolaire, mais approuve la ratification du traité de Paris instituant la C.E.C.A. (13 décembre). Elle refuse la confiance à Antoine Pinay lors du vote d'investiture du 6 mars 1952, puis à Joseph Laniel le 26 juin 1953, se prononce contre le cessez-le-feu en Indochine (9 mars 1954) et refuse à nouveau la confiance au gouvernement après Diên-Biên-Phû (13 mai).

Toujours opposée à la confiance lors du scrutin du 12 juin suivant qui entraîne la chute du cabinet Laniel, Germaine Degrond vote l'investiture de Pierre Mendès-France (17 juin) et approuve les accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet). Européenne convaincue, elle se prononce le 30 août 1954, contre la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la ratification du traité sur la Communauté européenne de défense et approuve les accords de Paris permettant l'entrée de l'Allemagne dans l'O.T.A.N. (29 décembre). Le 4 février 1955, Germaine Degrond soutient le gouvernement Mendès-France lors du scrutin sur l'Afrique du Nord à la suite duquel il est renversé, et refuse, le 23 février, sa confiance à Edgar Faure. Egalement opposée à l'état d'urgence en Algérie (31 mars), elle refuse à nouveau la confiance au gouvernement lors du scrutin du 29 novembre. Le 2 décembre 1955, l'Assemblée nationale est dissoute.

Les élections anticipées pour la troisième législature se déroulent le 2 janvier 1956, et Germaine Degrond conduit toujours la liste du Parti socialiste S.F.I.O. dans la même circonscription de Seine-et-Oise. Malgré un nouveau tassement de son score (40 933 voix sur 442 257 suffrages exprimés, soit 9,3 % des suffrages), elle réussit à conserver son siège.

A l'Assemblée, le député de Seine-et-Oise retrouve les Commissions des affaires économiques (1956-1957) et de la presse (1956), mais siège aussi à celle de la famille, de la population et de la santé publique (1957). Germaine Degrond est élue, le 10 février 1956, secrétaire de la Commission des affaires économiques.

Au cours de cette brève législature, elle ne dépose pas moins de dix sept textes parlementaires dont, sa proposition de loi du 2 août 1956 relative à la protection des enfants contre l'alcoolisme, et celle du 5 juillet 1957 sur la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés. Elle intervient en outre fréquemment dans les débats, notamment, le 26 juin 1956, à propos de la légitimation des enfants adultérins, mais aussi le 18 décembre suivant, sur les événements de Hongrie. Enfin, le 12 juillet 1957, Germaine Degrond prend la parole au cours d'une discussion sur la construction de logements collectifs, insistant tout particulièrement sur les problèmes posés aux communes de son département par l'afflux important de la population venant s'établir dans la banlieue parisienne.

Toujours favorable à l'intégration européenne, Germaine Degrond vote pour la ratification des traités instituant la C.E.E. et l'Euratom (9 juillet 1957). Favorable à l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), elle approuve l'état d'urgence (16 mai) et soutient la proposition de résolution tendant à réviser certains articles de la Constitution (27 mai). Le 1er juin, elle vote la confiance au général de Gaulle, avant de se prononcer pour les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Germaine Degrond est également membre du Haut comité consultatif de la population et de la famille (octobre 1956). Auteur, outre ses très nombreux articles, de plusieurs contes et nouvelles et d'un recueil de poèmes, elle est membre de la Société des Gens de lettres et chevalier de la Légion d'honneur.

Elle est décédée le 18 avril 1991 à Marly-le-Roi (Yvelines).



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