Gabriel, Emile Delattre

1891 - 1984

Informations générales
  • Né le 23 février 1891 à Dom-le-mesnil (Ardennes - France)
  • Décédé le 23 mai 1984 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Ardennes
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né à Dom-le-Mesnil (Ardennes) le 23 février 1891.

Député des Ardennes de 1936 à 1942.

De souche paysanne, Gabriel Delattre naquit à Dom-le-Mesnil le 23 février 1891. Après avoir fait ses études secondaire à Reims, il s'inscrivit à la Faculté de droit et obtint sa licence. Il était sur le point de prêter serment au barreau de Paris lorsqu'éclata la guerre de 1914, qu'il fit brillamment, « toujours volontaire pour les missions périlleuses » ; il fut cité, décoré de la Croix de guerre, et démobilisé le 17 juillet 1919. Deuxième secrétaire à la Conférence du stage des avocats, en 1922, il devint avocat d'assises où son talent oratoire fit merveille. Il plaida quelques affaires célèbres, entre autres les affaires Fargue et Ricard, Fabre, Rebuffé, et celle des bandits de la Somme.

Il tenta, pour la première fois, sa chance dans la circonscription de Sedan, à la faveur de l'élection législative partielle du 4 novembre 1934, destinée à pourvoir au remplacement du député radical indépendant Riché, décédé le 31 juillet précédent. Ce fut M. Edmond Barrachin qui emporta le siège, Gabriel, Delattre ayant obtenu 1,739 Voix sur 12,951 votants. Lors des élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, il prit, au second tour, sa revanche sur Edmond Barrachin qui, en tête au premier tour, avait compté sur son nom 5.981 suffrages sur 13,976 votants, alors que lui-même en avait totalisé 3.391, le socialiste Vignon 2.759 et le communiste Galatry 1.726 ; au second tour, il était élu avec 7.776 voix sur 14.097 votants, contre 6.228 à Edmond Barrachin, seul maintenu contre lui.

Elu sur un programme radical, il se montrait partisan de la laïcité, « contre les méthodes fascistes » mais « avec le Tiers-Etat uni aux prolétaires », décidé à favoriser l'équipement rural, le crédit, la monnaie, à combattre les trusts et à voter les crédits militaires nécessaires à la défense d'une France forte et non isolée devant la menace hitlérienne.

A la Chambre, où il siégea dans les rangs des républicains-radicaux et radicaux-socialistes, il appartint aux Commissions de l'aéronautique, de la législation civile et criminelle (1936) et du travail (1938). Il déposa, en 1937, une proposition de loi, prématurée à l'époque, tendant à ouvrir aux femmes l'accès aux postes de juges assesseurs dans les tribunaux pour enfants. Il donna, au nom de la Commission de l'aéronautique, un avis favorable, qui fut suivi, sur la nationalisation des fabrications des matériels de guerre. Il rédigea, en matière judiciaire, divers rapports, sur la réorganisation du Ministère de la Justice, sur une mesure partielle de réorganisation judiciaire du département de la Seine (1936) et surtout sur le projet de loi, déjà adopté par le Sénat, sur la capacité de la femme mariée, à propos duquel on lui doit d'avoir appuyé la nouvelle rédaction de l'article 213 du Code civil, supprimant pour celle-ci l'obligation d'obéissance à son mari. Il présenta aussi, en 1937, un rapport sur les cadres et les effectifs de l'Armée de l'air et, en 1939, un autre sur les contingents de la Légion d'honneur attribués aux P.T.T. - Outre les interventions qu'il fit en tant que rapporteur à ces divers titres et pour les questions d'intérêt local, il se fit entendre à propos de l'amnistie (1936), des questions de conciliation et d'arbitrage, déposa des demandes d'interpellation sur les mesures d'évacuation des populations et des marchandises des régions frontières (1938), sur l'état de l'Armée de l'air et sur la propagande allemande (1938) ; il intervint à propos de la représentation proportionnelle dans l'élection des député (1939) et contre la diffusion des appareils à sous (1940), ainsi, la même année, que dans la discussion du budget des services civils de l'Exercice 1940 (problème des évacués, cantonnement chez les paysans, fournitures agricoles aux armées) et d'une interpellation sur la politique du Gouvernement.

Il n'eut pas à prendra part, le 10 juillet 1940, au vote du Congrès de Vichy accordant la délégation de pouvoir au maréchal Pétain, car il fit partie du groupe de parlementaires qui s'embarqua le 20 juin à bord du Massilia à destination de l'Afrique du Nord.

Après la libération, il reprit sa robe d'avocat et fut premier juré parlementaire au procès du maréchal Pétain en 1945.




Né le 23 février 1891 à Dom-le-Mesnil (Ardennes)
Décédé le 23 mai 1984 à Paris (7e)

Député des Ardennes de 1936 à 1942

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1305)

Embarqué à bord du Massilia, Gabriel Delattre ne prend pas part au vote du 10 juillet 1940.

Après la Libération, il reprend l'exercice de sa profession d'avocat et sera premier juré parlementaire au procès du Maréchal Pétain en 1945.

Il tente, sans succès, de retrouver son mandat parlementaire aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante. La liste radicale- socialiste qu'il conduit dans les Ardennes ne recueille que 6 899 voix sur 119 205 suffrages exprimés.

Il meurt à Paris le 23 mai 1984.



Retour haut de page