Hippolyte, Roc, Aristide Ducos

1881 - 1970

Informations générales
  • Né le 4 octobre 1881 à Saint-andré (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 14 novembre 1970 à Toulouse (Haute-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Haute-Garonne
Groupe
Parti radical et radical socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Haute-Garonne
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Haute-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Haute-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Haute-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Haute-Garonne
Groupe
Entente démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Haute-Garonne
Groupe
Rassemblement démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Haute-Garonne
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 14 novembre 1970
Département
Haute-Garonne
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 3 octobre 1881 à Saint-André (Haute-Garonne).

Député de la Haute-Garonne de 1919 à 1942.

Député de la Haute-Garonne à l'Assemblée Nationale de 1951 à 1958.

Député de la Haute-Garonne à l'Assemblée Nationale depuis 1958

Sous-Secrétaire d'Etat à l'Education nationale du 3 juin 1932 au 26 octobre 1933.

Ministre des Pensions du 26 octobre 1933 au 9 février 1934.

Sous-Secrétaire d'Etat à la Défense nationale du 10 avril 1938 au 21 mars 1940.

Fils d'un cultivateur père de cinq enfants, Hippolyte Ducos fait toutes ses études secondaires comme boursier au collège de Revel (Haute-Garonne) où il est le condisciple de Vincent Auriol. Boursier de licence, puis « agrégatif », à la Faculté des lettres de Montpellier, il affronte avec succès le concours de l'agrégation des lettres, exerçant ensuite effectivement la carrière professorale à Carcassonne, Montauban, Foix, Albi et Toulouse. Comme étudiant et comme professeur, il donne de nombreuses conférences dans les universités populaires. Mobilisé dès le premier jour de la guerre de 1914, comme caporal d'infanterie, il fait brillamment toute la campagne dans cette arme (215e puis 81e R. I.), nommé successivement sous-lieutenant, puis lieutenant, dans une compagnie de mitrailleuses, cinq fois blessé, quatre fois cité dans les termes les plus élogieux, décoré en 1916 de la Légion d'honneur sur le champ de bataille.

Elu dès son retour de la guerre conseiller général du canton de Barbazan, en Haute-Garonne, il se présente dans ce département aux élections générales législatives du 16 novembre 1919, en troisième position sur la liste d'Union républicaine radicale et radicale- socialiste. Partisans de réformes, les candidats souhaitent qu'elles s'accomplissent sans bouleversement de l'ordre social et dans le respect de la propriété, préconisant notamment une décentralisation administrative, la réduction du nombre des fonctionnaires, la taxation des trafiquants, un changement des méthodes de travail parlementaire, la reconnaissance des droits des anciens combattants, la défense de l'agriculture et le développement de l'éducation nationale. H. Ducos est élu en compagnie de son colistier Gheusi, sa liste obtenant en moyenne 28.542 voix sur 93.624 suffrages exprimés, lui-même en recueillant 30.013.

Inscrit au groupe radical-socialiste, comme tout au long de sa carrière et autant que ce groupe conservera une existence propre, il est membre de la Commission de l'enseignement et des beaux-arts et de celle des mines et de la force motrice. Sa première proposition de loi (1921) concerne l'organisation de l'enseignement postscolaire. La France « a besoin de clairs cerveaux, de caractères bien trempés et de corps robustes ». « Eduqués, les travailleurs comprendront que progresser, pour un peuple, veut dire s'harmoniser et, rejetant comme une absurdité la conception de l'ordre enfanté par le désordre, de la santé provenant des pires convulsions, de la civilisation la plus parfaite résultant des plus terribles éruptions des instincts primitifs, ils mettront la puissance du nombre au service de la raison et chercheront la justice dans une adaptation de plus en plus exacte de notre société au rythme universel. » Ces lignes, extraites de l'exposé des motifs, pourraient servir d'exergue à l'œuvre parlementaire de H. Ducos, presque tout entière consacrée à la défense d'une conception de l'éducation directement issue de l'enseignement des anciens.

Sa première interpellation (1922), elle aussi relative aux problèmes de l'enseignement, et plus particulièrement à la réforme en cours, n'est pourtant pas placée sous le signe exclusif du grec et du latin puisque, dénonçant le caractère de classe de 1 enseignement classique, il se prononce pour le « maintien intégral des humanités modernes à côté des humanités classiques » et affirme que « ce n'est pas de latin et de grec, mais de sciences et de langues vivantes que nous avons besoin pour nous relever économiquement ». Il se déclare par ailleurs adversaire de la militarisation de l'université et, dans un autre ordre d'idées, du bachotage. Porte-parole du Parti radical en la matière - il avait rapporté sur la question de la réorganisation de l'enseignement au congrès du Parti de 1922 - il signe en juillet 1923, à la conclusion du débat, un ordre du jour invitant le ministre à « laisser subsister, de la 6e à la 1re, la branche moderne à côté de la branche classique ».

Il était auparavant intervenu en séance publique dans la discussion d'un projet de loi ayant trait à l'éducation physique et à la préparation militaire obligatoire (1921). Il s'y présentait comme un fervent défenseur de l'éducation physique, qu'il souhaitait rendre obligatoire pour les garçons jusqu'à leur incorporation militaire et pour les filles jusqu'à l'âge de 16 ans, le sport devant être pratiqué dans un esprit désintéressé et non comme un spectacle.

Au cours de ce mandat, il est également rapporteur d'une proposition de loi relative à la nationalisation des fonctions des contremaîtres et des maîtresses d'atelier des écoles pratiques d'industrie (1920), rapporteur pour avis d'un projet de loi portant ouverture des crédits nécessaires à la création d'écoles pratiques de commerce et d'industrie ou d'écoles de métiers (1921), rapporteur d'un projet de loi autorisant la vente aux enchères publiques de quatre joyaux appartenant au Louvre (1922). Il intervient dans les discussions budgétaires à propos de l'enseignement et des pensions civiles et militaires (1923) et dans des débats sur des projets de loi relatifs à l'organisation générale de l'armée (1924) et aux assurances sociales (1924).

Aux élections générales du 11 mai 1924, il conduit la liste du Parti républicain radical-socialiste et du Parti socialiste français, menant une campagne hostile au bloc national et promettant aux électeurs de faire payer l'Allemagne, de faire rendre gorge aux profiteurs de la guerre et de soutenir, au cas où il faudrait dégager des ressources exceptionnelles, le recours à un prélèvement équitable sur les grosses fortunes. Il est élu, mais cette fois seul de la liste, avec 30.507 voix sur 109.567 suffrages exprimés.

Il entre à la Commission des finances, qui le porte à sa vice-présidence en 1926.

Son activité politique est intense. Au Parti radical, dont il devient vice-président en 1926, il est un militant écouté, souvent rapporteur dans les congrès. A la Chambre, il est un parlementaire qui se dépense sans compter.

Il dépose des propositions de loi relatives à la création d'un office national autonome des allumettes (1924), à l'emploi obligatoire des mutilés de guerre (1924), à l'enseignement postscolaire (1925), à l'institution d'une banque d'amortissement (1926). Il est rapporteur de projets ou de propositions concernant la création de l'Institut international de coopération intellectuelle à Paris (1924), l'agrandissement du Collège de France (1926), les pupilles de la Nation (1926), des constructions scolaires dans la banlieue parisienne (1927), les professeurs de gymnastique (1927), la responsabilité des membres de l'enseignement public (1927), sans oublier la réparation des trop fréquents dommages causés par des calamités naturelles survenues dans sa région.

Il prend part en séance publique à des discussions concernant l'amnistie - où il intervient en faveur de Joseph Caillaux - (1924), la poste aérienne (1925), la dette flottante (1925), les retraites de l'Etat (1925), les tarifs des chemins de fer (1926), les travaux de génie rural (1926), etc. Il demande à interpeller sur les intentions du Gouvernement à l'égard du projet de cession du monopole des allumettes à une société privée (1926) et sur la mévente du cheptel bovin (1927).

Mais il reste principalement attaché aux questions d'enseignement. En 1926, il demande à interpeller « sur les mesures que le Ministre de l'Instruction publique compte prendre pour que l'indispensable organisation des humanités modernes, édictées par le décret du 9 août 1924, ne se fasse pas au détriment des humanités classiques, présentement menacées, et par le projet de suppression du grec obligatoire ». Surtout, nommé rapporteur du budget de l'Instruction publique, il se consacre passionnément a sa tâche. Les huit volumineux rapports qu'il fournit pour les budgets des exercices 1925 à 1932 attestent l'œuvre accomplie. Documents précieux sur la situation de l'enseignement en France pendant cette période, ils sont aussi le reflet du vif débat d'idées alors mené sur l'école, et dans lequel H. Ducos prend vigoureusement parti. Schématiquement, ses thèses peuvent se résumer dans les propositions suivantes : le problème de l'enseignement est, au fond, le problème capital; il exige, pour sa solution, la création d'un grand Ministère de l'Education nationale ; l'enseignement doit être démocratique, et pour ce faire, totalement gratuit ; l'école unique qu'il préconise n'est autre chose que l'égalité de tous les petits Français devant le droit à l'instruction, cette égalité étant assurée, d'une part par un système de bourses, d'allocations familiales et de prêts d'honneur, d'autre part par un assouplissement des structures de l'enseignement permettant l'accès à l'enseignement supérieur d'étudiants non titulaires du baccalauréat ; le caractère traditionnel de l'enseignement secondaire doit être préservé, les humanités classiques maintenues, l'éducation physique, l'enseignement de la musique et le chant mis en honneur ; l'enseignement public, dont le caractère laïque est intangible, ne doit pas tendre au monopole ; la liberté de l'enseignement doit être respectée.

Il intervient naturellement dans toutes les discussions intéressant l'instruction publique, se trouvant au premier rang des promoteurs de l'extension progressive de la gratuité de l'enseignement secondaire.

Aux élections générales de 1928, marquées par le retour au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, il se présenté dans la circonscription de Saint-Gaudens. Il est élu le 29 avril, au deuxième tour, l'emportant sur le socialiste Labatut par 12.482 voix contre 10.185, 23.290 suffrages étant exprimés.

Il ajoute à ses fonctions de la précédente législature celles de membre des Commissions des pensions civiles et de l'aéronautique.

Il dépose diverses propositions de loi, dont une relative aux services de l'éducation physique (1932). Il est l'auteur de très nombreux rapports et avis concernant, entre autres sujets, des fouilles en Egypte (1929), le scoutisme, les pupilles de la nation (1929), les bibliothèques publiques (1930), la célébration du centenaire de Jules Ferry et la commémoration des lois qui ont créé l'enseignement public (1931), le personnel de l'Instruction publique (1932), la personnalité civile et l'autonomie financière à accorder au collège de France (1932). Outre ses interventions touchant l'Instruction publique, il prend part à des discussions concernant la crise de l'habitation (1928) et les dépenses en vue de la participation de la France aux Jeux olympiques (1931). Il demande à interpeller en 1929 et en 1931 sur la crise et la protection de l'élevage.

Ses électeurs lui renouvellent leur confiance aux élections générales des 1er et 8 mai 1932 où, au deuxième tour de scrutin, il bat le candidat communiste Arrieu par 15.593 voix contre 1.069 sur 17.407 suffrages exprimés.

Il inaugure sa carrière ministérielle le 3 juin 1932 en participant comme sous-secrétaire d'Etat à l'Education nationale, chargé de l'enseignement technique, au cabinet formé après les élections par Edouard Herriot. Il ne quittera pas les Gouvernements qui lui succéderont jusqu'au 9 février 1934, dans lesquels il restera sous-secrétaire d'Etat à l'Education nationale (cabinets Paul-Boncour et Daladier) et deviendra Ministre des Pensions (cabinets A. Sarraut, Chautemps et deuxième cabinet Daladier). C'est au titre de sous-secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement technique qu'il participe à la discussion budgétaire de 1933.

Redevenu simple député, il est membre des Commissions de l'enseignement et des pensions et de l'hygiène. Il dépose une proposition de loi relative à la création d'une Caisse des pensions de guerre (1935) dont il rédige le rapport (1936). Il participe à la discussion du budget de l'exercice 1935, s'intéressant toujours aux questions d'éducation physique et d'enseignement. Il est élu vice-président de la Chambre le 7 février 1936.

Se représentant aux élections des 26 avril et 3 mai 1936, il invite les électeurs à « confier les destinées de la République, non à des perturbateurs et à des révolutionnaires, mais à des hommes d'ordre et de progrès, non à des négateurs et à des destructeurs, mais à des réalisateurs et à des constructeurs ». Il est entendu et réélu au deuxième tour de scrutin par 11.867 voix contre 11.215 au socialiste Labatut sur 23.364 suffrages exprimés.

Membre de la Commission de l'enseignement et des beaux-arts, il en assure la présidence, qu'il cumule avec la vice-présidence de la Chambre. Il participe en ces qualités aux séances publiques mais intervient aussi, notamment comme rapporteur pour avis de la Commission du commerce sur le projet de loi tendant à l'institution d'un office national professionnel du blé (1936), et comme interpellateur relativement à la réparation des dommages causés par les inondations en Haute-Garonne (1937). Il dépose une proposition de résolution tendant à créer à Paris un institut d'université des sciences domestiques (1937).

Ses compétences lui font attribuer la présidence du Palais de l'Enseignement a l'exposition universelle de 1937.

Il renoue avec les fonctions ministérielles le 13 septembre 1939 en devenant sous-secrétaire d'Etat à la Défense nationale dans le troisième cabinet Daladier, portefeuille qu'il conserve dans le cabinet Paul Reynaud, jusqu'au 10 mai 1940. C'est à ce titre qu'il répond, le 1er mars 1940 aux interpellations sur la politique agricole du Gouvernement en matière de permissions agricoles, réquisitions, etc.

Le 10 juillet 1940, il vote, avec la majorité de ses collègues, la délégation de pouvoirs à Philippe Pétain. Il deviendra par la suite l'un des premiers et des principaux animateurs de la Résistance dans la partie méridionale de la Haute-Garonne.

Affilié au réseau Combat, il diffuse et fait lui-même imprimer des journaux clandestins, puis crée la section locale du M.U.R., réalisant ainsi l'intégration de la plupart des mouvements de résistance du Comminges.

Il donne l'hospitalité, à Saint-Gaudens puis à Albi, aux réunions clandestines des dirigeants du M.U.R., puis à l'E.M. de l'Armée régulière réfugié dans la région de Carmaux, organise des filières d'évasion vers la frontière espagnole, ravitaille en armes le maquis local et, fait un instant prisonnier par les Allemands, réussit à leur échapper sous le feu des mitrailleuses.

Affilié à l'organisation des Parlementaires Résistants présidée par le docteur Mazé (ancien secrétaire général du parti radical), il est reçu avec ce dernier par Georges Bidault, président du C.N.R. le 14 janvier 1944, en vue d'organiser la liaison et l'extension des maquis.

Cette activité de résistant lui vaut d'être relevé de l'inéligibilité parlementaire dès le 1er février 1945, par arrêté préfectoral.

Candidat à la première Assemblée Nationale constituante, il est battu aux élections du 21 octobre 1945, sa liste n'obtenant que 17.308 voix sur 229.719 suffrages exprimés. Mais il est élu maire de Lilhac en 1947 et conseiller général de l'Isle-en-Dodon en 1949, mandats qui lui seront renouvelés comme l'avait été celui de conseiller général de Barbazan de 1919 à 1945.

Il fait sa rentrée parlementaire à la suite des élections du 17 janvier 1951 où il figure au deuxième rang, après Maurice Bourgès-Maunoury, sur la liste présentée par le Rassemblement des gauches républicaines, le Parti républicain radical et radical-socialiste et l'U.D.S.R. et apparentée aux listes socialiste et M.R.P. Sa liste recueille 58.953 voix de moyenne sur 228.534 suffrages exprimés, lui-même en totalisant 58.996. Il retrouve sa place au groupe républicain radical et radical-socialiste et est membre des Commissions de la défense nationale, des pensions, de l'éducation nationale et de celle formée spécialement pour examiner les problèmes intéressant les Etats associés d'Indochine.

Il est l'auteur de diverses propositions tendant notamment à la réparation des dommages causés par les calamités naturelles en Haute-Garonne (1952), à la protection du musée Delacroix (1952), à la révision de l'article 83 de la Constitution relatif au Conseil supérieur de la magistrature (1953) et à la retraite du combattant (1955). Il intervient au cours des discussions budgétaires intéressant l'éducation nationale, l'agriculture, la défense nationale et les travaux publics, particulièrement pour réclamer une augmentation des crédits affectés au Centre national de la recherche scientifique et défendre l'industrie aéronautique. Il dépose des demandes d'interpellation sur la réforme de l'orthographe (1952) et les licenciements dans les usines d'aviation (1953) et prend part à la discussion d'interpellations visant la politique agricole du Gouvernement (1953). Mais c'est en développant, en juillet 1953, une demande d'interpellation sur la réforme de l'enseignement qu'il reprend son grand combat parlementaire pour une éducation humaniste. Il met en garde contre toute atteinte à l'organisation de l'enseignement secondaire français, mieux conçu que tout autre pour dispenser une culture générale désintéressée. Reconnaissant la valeur des humanités modernes, il proclame la préexcellence de la tradition culturelle gréco-latine et s'élève contre les « méthodes actives »; le principe d'une agrégation des lettres modernes, le règne des orienteurs et psycho-techniciens et l'influence de la pédagogie américaine.

Le 9 novembre 1955 il refuse, avec la majorité de ses collègues, la confiance au Gouvernement Edgard Faure, vote qui provoque la dissolution de l'Assemblée Nationale.

Il est réélu aux élections générales du 2 janvier 1956 dans les mêmes conditions qu'en 1951, sa liste, apparentée cette fois à celles des socialistes et des républicains sociaux, obtenant 62.277 voix sur 259.520 suffrages exprimés, lui-même en recueillant 63.680.

Il fait partie de la Commission de la défense nationale et de celle de l'éducation nationale. Celle-ci l'élit vice-président et le désigne pour représenter l'Assemblée Nationale au sein de la Commission de la République française pour l'UNESCO. Il est en outre président du groupe parlementaire de défense de l'agriculture et des industries agricoles.

Il est l'auteur de plusieurs propositions de loi et de résolution parmi lesquelles une tendant à prolonger l'obligation scolaire jusqu'à 16 ans (1956) et une autre tendant à inviter le Gouvernement à déposer un projet de loi portant création d'une Caisse nationale des calamités agricoles. La présentation des budgets lui donne l'occasion de prendre de nouveau la défense de l'agriculture et de l'enseignement, tandis que la discussion d'une interpellation sur la politique scientifique du Gouvernement lui permet d'exposer ses vues sur la matière et d'insister sur le besoin de renforcer le rôle du C.N.R.S. (1957). Mais c'est encore comme rapporteur, en 1957, d'un projet et de propositions de loi de réforme de l'enseignement qu'il intervient longuement, faisant l'historique de la question, rappelant les principes pour lui essentiels de la nécessité d'une culture humaine dans une civilisation technicienne, de la démocratisation par la gratuité réelle- et - élément nouveau - le versement d'une allocation-salaire aux étudiants, soulignant le danger des innovations intempestives, exaltant la valeur de l'éducation du peuple pour la vie de la nation.

Il vote le 2 juin 1958 les pleins pouvoirs au général de Gaulle et fait campagne pour le oui au référendum du 28 septembre 1958, entrant ainsi en opposition avec une partie de la fédération radicale de la Haute-Garonne, conduite par Maurice Bourgès-Maunoury.

C'est fort des 82 % de « oui » qui se sont manifestés dans sa circonscription de Saint-Gaudens qu'il s'y présente aux élections des 23 et 30 novembre 1958 comme candidat républicain radical-socialiste et de défense paysanne. Il est élu au deuxième tour de scrutin, totalisant 19.393 voix contre 11.213 au socialiste Lasserre, 4.380 au candidat de la Convention républicaine Lioux et 3.477 au communiste Champinot, sur 38.463 suffrages exprimés. Seul parlementaire radical de la Haute-Garonne réélu, partisan du Gouvernement Debré, ses dissentiments avec la majorité de la fédération radicale du département l'amènent à créer une « fédération orthodoxe du parti radical » en janvier 1959.

Avec ses collègues radicaux, en nombre insuffisant selon le nouveau règlement pour constituer un groupe autonome, il s'inscrit à l'Assemblée Nationale à la formation administrative des non-inscrits, puis au groupe de l'Entente démocratique. Il fait partie de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales.

Il dépose une proposition de loi tendant à interdire à tous les établissements scolaires et universitaires publics de se donner ou de continuer à porter le nom d'une personne vivante (1959) et une autre relative au baccalauréat et à la date des vacances (1960). Il prend part à la discussion du budget de l'exercice 1960, s'intéressant particulièrement à l'électrification rurale, s'oppose dans une question avec débat à la création d'une agrégation de lettres modernes (1959) et participe à la discussion d'un projet de loi complémentaire à la loi d'orientation agricole (1962). Il se prononce, le 4 octobre 1962, pour la motion de censure dont l'adoption entraînera la dissolution de l'Assemblée Nationale par le Président de la République.

Les électeurs de la circonscription de Saint-Gaudens l'élisent une fois de plus le 25 novembre 1962, au deuxième tour de scrutin, lui accordant 19.137 voix contre 18.501 au socialiste Lasserre et 2.590 à Jean Blanc, M.R.P. indépendant, sur 40.228 suffrages exprimés. Il se présentait sous l'étiquette de « républicain radical-socialiste de l'Entente démocratique, de la défense agricole et de défense des contribuables ».

Il est membre du groupe du rassemblement démocratique et de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il est aussi le plus ancien parlementaire siégeant à l'Assemblée.

Il intervient dans les discussions budgétaires de 1963 et 1964, notamment en faveur des rapatriés d'Algérie, et prend part à un débat sur une question orale concernant les difficultés économiques du Sud-Ouest (1963). Mais les problèmes de l'enseignement restent au centre de ses préoccupations. Ses inquiétudes quant à une réforme projetée de l'orthographe sont exposées dans une question écrite en 1965. Et sa voix se fait de nouveau inlassablement entendre au cours de trois débats sur l'éducation nationale, en 1963, 1964 et 1965. Dans le premier, il termine son intervention en pressant le ministre de réaliser la seule vraie réforme qui vaille, celle conduisant à la démocratisation de l'enseignement par la gratuité qui « ne peut être effective que si l'on instaure un régime nouveau et plus réaliste pour l'attribution des bourses, si l'on prévoit l'allocation d'un présalaire au troisième cycle du premier degré, si l'on considère enfin l'étudiant comme le travailleur qu'il est en réalité et qu'on lui alloue un salaire en rapport avec les services qu'il rend et qu'il est appelé à rendre à la collectivité ». Dans le second, provoqué par le dépôt de plusieurs questions orales dont la sienne, il exprime ses craintes quant à l'abaissement des études secondaires et des études supérieures en vue de l'acquisition de la licence. Dans le troisième, s'adressant au ministre de l'Education nationale, il illustre sa protestation par ces mots : « Quoi qu'il en soit, nous n'admettrons pas que l'enseignement général supérieur devienne un enseignement purement technique et - permettez-moi de vous le dire - nous n'admettrons pas que Minerve et Apollon soient chassés de leurs autels par Vulcain et Mercure, et encore moins qu'ils soient scandaleusement honorés sur ceux qui leur resteront. »

Hippolyte Ducos est Commandeur de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1914-1918 (5 citations), Commandeur du Mérite hongrois, Commandeur du Mérite maritime (de la République espagnole), Commandeur de la Distinction d'honneur (de la République autrichienne).

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages
- Pourquoi l'école unique ? ;
- Paroles en province ;
- Le service de santé militaire en France ;
- 13 septembre 1939-10 mai 1940 ;
- Marxisme ou liberté ?




Né le 4 octobre 1881 à Saint-André (Haute-Garonne)
Décédé le 14 novembre 1970 à Toulouse (Haute-Garonne)

Député de la Haute-Garonne de 1919 à 1942
Sous-secrétaire d'Etat à l'Education nationale du 3 juin 1932 au 26 octobre 1933
Ministre des Pensions du 26 octobre 1933 au 9 février 1934
Sous-secrétaire d'Etat à la Défense nationale du 10 avril 1938 au 10 mars 1940
Député de la Haute-Garonne de 1951 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1524 à 1529)

Pendant l'Occupation, Hippolyte Ducos est parmi les premiers à s'engager dans la Résistance en Haute-Garonne. Membre du réseau « Combat », il crée la section locale des Mouvements unis de la Résistance (M.U.R.). Il imprime des journaux clandestins, reçoit chez lui les dirigeants du M.U.R., met au point des filières d'évasion vers l'Espagne, ravitaille le maquis local et, fait prisonnier par les Allemands, parvient à leur échapper sous le feu des mitrailleuses. Le 14 janvier 1944, il rencontre Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance pour organiser la liaison et l'extension des maquis en vue de la Libération. Son activité de résistant vaut à Hippolyte Ducos d'être relevé, par arrêté prétectoral du 1er février 1945, de l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de révision constitutionnelle.

Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, l'ancien député conduit la liste radicale-socialiste en Haute-Garonne. Elle ne réalise que 7,5 % des suffrages exprimés et n'obtient aucun élu. Aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante, Maurice Bourgès-Maunoury dirige la liste du rassemblement des gauches républicaines, sur laquelle Hippolyte Ducos ne figure pas. Quatre listes au lieu de six sollicitent les suffrages des électeurs et l'absence des modérés permet l'élection du futur président du Conseil au détriment du parti communiste qui perd un de ses deux sièges, la S.F.I.O. (deux élus) et le M.R.P. (un élu) conservant les leurs.

Hippolyte Ducos demeure absent des élections législatives du 10 novembre 1946 mais devient maire de Lilhac en 1947 et conseiller général de l'Isle-en-Dodon en 1949, mandats qui lui seront renouvelés respectivement en 1953 et 1955. En décembre 1946 et en novembre 1948 il tente sans succès de se faire élire conseiller de la République.

Aux élections législatives du 17 juin 1951 il occupe la seconde position sur la liste du rassemblement des gauches républicaines de Maurice Bourgès-Maunoury apparentée à la S.F.I.O. et au M.R.P. Dans ses engagements électoraux le R.G.R. réclame le retour au scrutin d'arrondissement, la dépolitisation des nationalisations, une politique favorable à l'initiative individuelle et la généralisation de la propriété privée par la multiplication des travailleurs autonomes. Il justifie l'apparentement : « la défaite des communistes » et le refus de « l'aventure gaulliste susceptible d'amener par réaction la dictature moscoutaire ».

Au soir du 17 juin le R.G.R. arrive en tête avec 25,8 % des suffrages exprimés, devant le parti communiste (24 %), la S.F.I.O. (22,7 %), le R.P.F. (12,9 %) et le M.R.P. (10,5 %). Le succès des listes apparentées leur permet de se répartir les sept sièges à pourvoir : trois vont au R.G.R. dont Hippolyte Ducos, le second de liste, aurait été élu même en cas d'échec de l'apparentement- trois autres à la S.F.I.O. et le dernier au M.R.P.

Inscrit au groupe radical-socialiste, le député de la Haute-Garonne siège aux Commissions de la défense et de l'éducation nationale pendant toute la durée de la législature et, jusqu'à la fin de 1952, il participe aux travaux de la Commission des pensions. Il dépose des propositions de loi ou de résolution et des rapports ayant trait à des questions culturelles - cinquième centenaire de la naissance de Léonard de Vinci, Musée Eugène Delacroix - concernant la défense nationale : centenaire de la naissance du Maréchal Lyautey, retraite du combattant. Enfin à plusieurs reprises il demande au Gouvernement de venir en aide aux habitants de la Haute-Garonne victimes d'orages ou d'inondations.

En séance - souvent à l'occasion des débats budgétaires - il intervient principalement dans trois domaines : l'agriculture, la défense et l'éducation nationale. Il prend part à la discussion d'interpellations sur la politique agricole du Gouvernement et de propositions de loi relatives au prix des baux à ferme et à la conversion du métayage en fermage. Il rapporte une proposition de résolution concernant le service militaire actif des sursitaires. Mais il prononce ses plus grands discours quand il traite de l'enseignement. Il s'oppose aux « classes nouvelles », à la multiplication des spécialités dans l'enseignement secondaire et à la réforme de l'orthographe. Il défend les « humanités », stigmatise les « orienteurs et psycho-techniciens » et met en garde contre la « pédagogie américaine ».

Hippolyte Ducos vote contre les lois Marie et Barangé, favorables à l'enseignement privé (21 septembre 1951), accorde l'investiture à Edgar Faure (17 janvier 1952) mais contribue à la chute du cabinet sur les mesures fiscales (29 février). Il vote l'investiture à Joseph Laniel (26 juin 1953) et fait partie des radicaux qui soutiennent sa politique indochinoise, y compris le 12 juin 1954 (chute du cabinet). Il vote naturellement l'investiture à Pierre Mendès-France (17 juin) puis approuve les accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet). Opposé à la Communauté européenne de défense (30 août 1954), il vote pour la ratification des accords de Londres relatifs à la cessation de l'occupation de l'Allemagne (12 octobre) mais refuse celle des accords de Paris qui autorisent le réarmement de la République fédérale d'Allemagne et son entrée dans l'O.T.A.N. (29 décembre). Il soutient Pierre Mendès-France sur sa politique en Afrique du Nord (chute du cabinet le 4 février 1955) puis le Gouvernement Edgar Faure mais il contribue à la chute de celui-ci sur la date des élections législatives et le mode de scrutin (29 novembre 1955).

Après la dissolution de l'Assemblée nationale, consécutive au vote du 29 novembre, Hippolyte Ducos se représente aux élections du 2 janvier 1956, toujours en deuxième position sur la liste radicale-socialiste conduite par Maurice Bourgès-Maunoury. Les radicaux concluent un apparentement de front républicain avec la S.F.I.O. et les républicains sociaux. Dans leurs engagements électoraux ils condamnent la dissolution et le mode de scrutin « nécessaire aux mal élus pour se faire réélire et aux soviétiques pour maintenir la dictature du Parti ». Toujours en tête avec 24 % des suffrages exprimés, le parti radical enregistre un recul de même que la S.F.I.O. (21,8 %) et les républicains sociaux réalisent moins de 3 % des voix. L'apparentement n'obtient que les quatre sièges qui lui seraient de toute façon revenus à la proportionnelle.

Toujours inscrit au groupe radical-socialiste le député de la Haute-Garonne retrouve les Commissions de la défense et de l'éducation nationale et devient vice-président de cette dernière. Parmi d'autres textes il dépose des propositions de résolution tendant à simplifier la fiscalité (il avait voté l'introduction de la T.V.A. le 9 avril 1954) et à créer une caisse nationale autonome des calamités agricoles. En matière d'enseignement et de formation il propose la prolongation de l'obligation scolaire jusqu'à l'âge de 16 ans et l'institution d'un haut-comité de la formation professionnelle.

C'est encore dans ces domaines qu'il prononce ses interventions les plus importantes : discussion d'une interpellation sur la politique scientifique du Gouvernement et surtout d'un projet de loi sur la réforme de l'enseignement public.

Il vote les investitures des présidents du conseil de la législature et soutient leurs Gouvernements avec une exception le 21 mai 1957 ; il s'abstient volontairement sur les mesures fiscales (chute du cabinet Guy Mollet). En juin 1958 il fait partie des radicaux favorables au retour du Général de Gaulle : il vote la confiance (1er juin), les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).



DUCOS (Roc, Hippolyte, Aristide)
Né le 4 octobre 1881 à Saint-André (Haute-Garonne)
Décédé le 14 novembre 1970 à Toulouse (Haute-Garonne)

Député de la Haute-Garonne de 1919 à 1942 et de 1951 à 1970
Sous-secrétaire d’Etat à l’éducation nationale du 3 juin 1932 au 26 octobre 1933
Ministre des pensions du 26 octobre 1933 au 9 février 1934
Sous-secrétaire d’Etat à la défense nationale du 10 avril 1938 au 10 mars 1940

Après avoir voté la confiance et les pleins pouvoirs au général de Gaulle en juin 1958 et activement fait campagne en faveur du « oui » au référendum du 28 septembre, plébiscité par sa circonscription de Saint-Gaudens, Hippolyte Ducos se présente aux élections des 23 et 30 novembre 1958 sous l’étiquette du Rassemblement républicain radical-socialiste et de défense paysanne. Confronté à quatre candidats dont le socialiste Jean Lassère, le député sortant arrive largement en tête au premier tour avec 16 667 des 38 747 suffrages exprimés soit 43% des voix. Il se retrouve en ballottage extrêmement favorable dans la quadrangulaire qui l’oppose aux candidats socialiste, communiste et convention républicaine. Avec 19 393 des 38 463 suffrages exprimés, soit 50,42% des voix, il l’emporte haut-la-main sur le socialiste qui ne recueille que 29,15%. Seul parlementaire radical à avoir survécu électoralement à la IVème République dans la Haute-Garonne, il avait d’emblée soutenu le gouvernement Debré contre l’avis des radicaux de son département. Ce désaccord le conduisit à fonder une fédération orthodoxe du parti radical en janvier 1959.

Une fois son élection validée, le 9 décembre 1958, il siège dans un premier temps parmi la formation administrative des non inscrits, faute d’un nombre suffisant de radicaux élus ou réélus pour pouvoir former un groupe autonome. Il décide finalement de s’inscrire au groupe de l’Entente démocratique le 27 juillet 1959. Il est élu à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales.

Ses dépôts se résument à trois propositions de loi relatives à l’interdiction faite à tous les établissements scolaires et universitaires de se donner ou de continuer à porter, comme appellation, le nom d’une personnalité vivante (8 octobre 1959), au baccalauréat de l’enseignement du second degré (19 mai 1960) ou à la modification des dates des grandes vacances scolaires (8 juin 1960). Ses interventions en séance portent pour leur part essentiellement sur la discussion relative aux projets de loi des finances de 1960 ou de 1962, sur les volets agricoles et infrastructurels, ou visent à interpeller le ministre de l’éducation nationale sur la création d’une agrégation de lettres modernes qu’il conteste étant donné le risque d’un effacement des humanités auxquelles il ne laisse de rappeler son attachement.

Il vote l’investiture de Michel Debré dont il soutient la politique générale en octobre 1959 mais se prononce contre le projet de règlement définitif de l’Assemblée nationale. Il accueille favorablement l’octroi des pouvoirs spéciaux en février 1960 mais refuse la modification du titre XII de la Constitution deux mois plus tard. Il ne prend pas part au vote de l’investiture de Georges Pompidou (avril 1962), vote la levée de l’immunité de Georges Bidault (juillet 1962) et se prononce en faveur de la motion de censure contre le gouvernement en octobre 1962.

Les élections législatives anticipées des 18 et 25 novembre qui en procèdent conduisent Ducos à briguer une fois encore la confiance des électeurs de sa circonscription.

De nouveau confronté à Jean Lassère ainsi qu’à un candidat communiste et à un démocrate-chrétien, Hippolyte Ducos recueille quelque 15 219 des 35 812 suffrages exprimés au premier tour soit 42,5% des voix devant son concurrent socialiste qui obtient 33,34%. Le retrait du communiste au profit du socialiste comme le maintien du candidat MRP permettent certes à Ducos de l’emporter avec 19 137 voix soit 47,6% des suffrages exprimés, mais avec une avance réduite sur son adversaire Lassère qui recueille 46% des voix.

Son élection est validée le 6 décembre 1962 et le nouvel élu s’inscrit alors au groupe du Rassemblement démocratique. Il retrouve également la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il devient à cette même occasion le parlementaire le plus anciennement élu à l’Assemblée.

Ses dépôts se résument tout au long de cette deuxième législature à une seule proposition de loi tendant à réglementer le droit d’inscription sur les listes électorales des pensionnaires des hôpitaux, des hospices, des maisons de repos ou de retraite des communes de moins de 2 000 habitants.

Ses interventions, en revanche, sont autrement plus nombreuses sinon politiques. Il prend ainsi la parole à l’occasion des discussions budgétaires de 1963 et 1964, plus particulièrement au sujet des tout nouveaux rapatriés d’Algérie, et s’exprime avec constance et passion sur les problèmes d’enseignement. Quels qu’en soient la nature ou l’objet, il intervient volontiers, aussi bien sur les questions d’orthographe soulevées en 1965 que sur les trois débats relatifs à l’éducation nationale en 1963, 1964 ou 1965. Son discours ressortit toujours aux vertus de la gratuité de l’enseignement selon lui fréquemment mise à mal, à celles du maintien d’une instruction fondée sur l’élitisme comme la défense de l’enseignement fondé sur le savoir plus que sur la technique. Ne déclara-t-il pas en 1965 que « quoi qu’il en soit, nous n’admettrons pas que l’enseignement général supérieur devienne un enseignement purement technique et - permettez-moi de vous le dire – nous n’admettrons pas que Minerve et Apollon soient chassés de leurs autels par Vulcain et Mercure ».
Hippolyte Ducos s’abstient volontairement sur le traité franco-allemand de l’Elysée du 22 janvier 1963, vote pour la modification des dispositions de l’article 28 de la Constitution relatif à la durée du travail parlementaire en décembre de la même année, contre le projet de loi sur l’élection des conseillers municipaux en mai et juin 1964. D’une façon générale, il s’oppose sans exception aux projets ou propositions de loi émanant de la majorité gaulliste d’alors.

Les législatives des 5 et 12 mars 1967 incitent Hippolyte Ducos à se présenter à nouveau devant les électeurs de Saint-Gaudens. Investi par la FGDS avec l’étiquette radicale, il doit affronter les candidatures communiste d’André Gélis, socialiste de Jean Lassère et républicaine indépendante du maire de Marsoulas, Hugues Barbe. Sans surprise, Ducos émarge en tête de ce premier tour avec 14 183 des 42 971 suffrages exprimés soit 33% des voix, mais à peine plus que son habituel opposant socialiste qui enregistre un score de 32,6%. Le second tour, laissant en lice les deux candidats, permet la réélection du député sortant qui l’emporte avec 21 671 des 41 281 voix exprimées, soit 52,5%, grâce à un assez bon report des voix de la droite sur son nom et dans un contexte de baisse de la participation de près de quatre points entre les deux tours.

L’Assemblée prend acte de son élection le 3 avril 1967 et Ducos s’inscrit alors au groupe de la FGDS. Il est en outre nommé à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales, à la commission spéciale chargée d’examiner la proposition de loi organique visant à préciser et compléter certaines dispositions de l’article 34 de la Constitution dont il prend la présidence le 2 avril 1968. Il appartient par ailleurs à diverses commissions spéciales chargées d’examiner la réforme de l’ORTF.

Le chanoine Kir n’ayant pas retrouvé son siège de député, Ducos devint le doyen d’âge de la nouvelle Assemblée et en présida à ce titre la séance d’ouverture. Il prononça le discours d’usage dans lequel il s’éleva contre l’injustice sociale et proclama que « l’homme ne peut se sauver que par l’humanisme ». S’il ne dépose guère de proposition durant cette courte législature, il fait régulièrement entendre sa voix, le plus souvent avec autorité et éloquence, sur la réforme de l’enseignement, l’enseignement des humanités classiques, le CAPES ou la défense de l’agrégation ou du CNRS. De même ne ménage-t-il pas son énergie pour célébrer l’indépendance de la presse et donner son sentiment sur le statut de l’ORTF.

Il vote les 20 mai et 9 juin 1967 pour les pouvoirs spéciaux attribués au gouvernement.

Lors des élections qui suivent les événements de mai 1968, Hippolyte Ducos, alors âgé de près de quatre-vingt-sept ans, se présente à sa propre succession. A nouveau candidat sous l’étiquette FGDS, il n’affronte à gauche que les candidatures d’un représentant du PSU et d’un communiste. A droite, le maire UDR de Saint-Gaudens et un Républicain indépendant se mesurent à lui. Ducos, avec 13 122 des 40 834 suffrages exprimés, soit 32,15 %, sort très largement vainqueur de ce premier tour, loin devant Hugues Barbe qui, avec 24,15% des voix, est seul qualifié pour le second tour. Le 30 juin 1968, Ducos l’emporte aisément avec 23 042 des 41 556 voix, soit 55,45% des suffrages, sur son adversaire.

Après la validation de son élection le 11 juillet 1968, il rejoint dans un premier temps le groupe FGDS puis, le 21 octobre 1969, le groupe socialiste. Il est membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée.

Présidant derechef la séance inaugurale de la nouvelle législature, il consacra un propos émaillé de références classiques à la « révolte des classes laborieuses », à la « révolte des étudiants » comme aux vertus de la participation.

Il vote le 10 octobre 1968 en faveur du projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur, celui relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises, le 4 décembre suivant, ou de celui tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens. Il se prononce en revanche contre le projet de loi sur la répression de nouvelles formes de délinquance.
Toujours épris de la défense des humanités, il ne manqua pas, quelques mois après, de s’élever contre le report à la classe de quatrième le début de l’enseignement du latin. C’était le 12 décembre 1969. L’homme avait alors pris la parole dans un état de santé jugé préoccupant par le médecin du Palais-Bourbon. Et ce fut là la dernière fois qu’il s’exprima au sein de l’Hémicycle. Au terme de cette ultime allocution à l’adresse d’Olivier Guichard, alors ministre de l’éducation nationale de Jacques Chaban-Delmas, il dut, aidé des huissiers, quitter son banc à la suite d’un malaise et être hospitalisé dans la foulée. Il ne devait plus revoir l’Assemblée nationale et décède quelques mois plus tard sur ses terres gasconnes.
Commandeur de la Légion d’honneur et titulaire de la croix de guerre 1914-1918 avec cinq citations, Hippolyte Ducos est également l’auteur d’un certain nombre d’ouvrages dont Qu’est-ce que l’école unique ? préfacé par Edouard Herriot, Paroles en province, Le Service de santé militaire en France, 13 septembre 1939 – 10 mai 1940 ou encore Marxisme en liberté.