Charles Dutheil

1897 - 1970

Informations générales
  • Né le 22 août 1897 à Béziers (Hérault - France)
  • Décédé le 17 septembre 1970 à Millau (Aveyron - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Aveyron
Groupe
Républicains populaires et centre démocratique

Biographies

Biographie de la Ve République

DUTHEIL (Charles, Gaston)
Né le 21 août 1897 à Béziers (Hérault)
Décédé le 17 septembre 1970 à Millau (Aveyron)

Député de l’Aveyron de 1958 à 1962

Quoique ce député de la troisième circonscription de l’Aveyron ait délibérément limité sa carrière parlementaire à la première législature de la Cinquième République - du 9 décembre 1958 au 4 octobre 1962 – son action et son influence politiques ont été fortes et durables dans le département et, en particulier, à Millau dont il est à la fois maire de 1949 à 1965 et conseiller général de 1949 à 1967.
Né à Béziers (Hérault) le 21 août 1897, il s’engage dès le début de la première guerre mondiale et reçoit la Croix de guerre. Le 18 août 1920, il épouse Hélène Cabot, son aînée de trois ans, native du Caylar, qui lui donne sept enfants (trois filles et quatre garçons) entre 1921 et 1937. Front haut, belle stature, physionomie ouverte, expression de rigueur sans rigidité conviennent à sa fonction de directeur de banque et à son environnement social, en partie protestant. L’apparence n’est pas trompeuse car, dans les domaines professionnel, privé, public et politique, Charles Dutheil agit avec conscience et fiabilité, comme il l’a fait au cours des deux guerres mondiales et dans la Résistance, obtenant la croix de la Légion d’honneur, la médaille de combattant volontaire des deux guerres et deux citations dans l’ordre de la Résistance. Il rejoint le MRP dès sa création. A partir de 1949, ses mandats locaux de maire et de conseiller général, régulièrement renouvelés, mobilisent toute l’énergie de Charles Dutheil et bornent ses ambitions politiques de citoyen démocrate chrétien au service du bien public. C’est le traumatisme politique créé chez les républicains par le coup du 13 mai 1958 qui conduit Charles Dutheil à se présenter à la députation sous l’étiquette « Républicain populaire-Centre démocrate » en novembre 1958.
Arrivé en deuxième position au premier tour, avec 11 633 voix (sur 52 250 exprimées), il talonne de près (49 voix), le candidat UNR Louis-Alexis Delmas, politiquement inconnu dans la circonscription, et devance sensiblement (1200 voix) le député sortant CNI, Emmanuel Temple, ancien ministre des Anciens combattants. Le retrait du candidat SFIO « parachuté », Rouquet-Lagarrigue permet à Charles Dutheil de gagner 8 000 voix et de battre de 567 voix le candidat UNR , arrivé en tête dans 9 des 17 cantons de la circonscription. Les électeurs des villes et des Causses restent circonspects à l’égard de la nouvelle République.
A l’Assemblée nationale, Charles Dutheil développe une activité soutenue tout au long de la législature, notamment au sein de la Commission de la défense nationale et des forces armées où on note son rapport sur le service militaire des bi-nationaux franco-israéliens, le 12 juillet 1961. Ses nombreuses interventions (plus de quinze) montrent l’attention qu’il porte aux problèmes économiques aveyronnais, qu’il s’agisse de la crise des charbonnages qui touche dramatiquement le bassin de Decazeville, de la crise de la mégisserie et de la ganterie qui frappe Millau et ses environs, de l’exode rural, de la loi d’orientation agricole ou, enfin, des enseignements agricole et technique. Ses préoccupations sociales transparaissent dans ses intervention relatives aux aides aux chômeurs, aux handicapés (amblyopes), et aux personnes âgées. Il vote avec la majorité de l’Assemblée nationale les projets de loi sur l’enseignement privé (23 décembre 1959), sur les pouvoirs spéciaux (2 février 1960), sur la réforme constitutionnelle (11 mai 1960) mais il s’abstient, en revanche, le 27 avril 1962, sur le programme de gouvernement de Georges Pompidou ainsi que sur la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault le 5 juillet 1962. On note, surtout, qu’il vote la motion de censure du 4 octobre 1962, mettant fin, de fait, à son mandat de député.
Après quatre ans de pratique parlementaire et dans le climat tendu de la dissolution, Charles Dutheil, bien qu’il ne soit âgé que de 65 ans, décide de « passer la main » à plus jeune et plus agressif que lui. Sous l’étiquette « Action rurale, sociale et familiale », il se présente en qualité de suppléant de l’avocat Roger Julien, maire et conseiller général de Nant. Malgré un handicap de 5000 voix sur Louis, Alexis Delmas au premier tour, Roger Julien l’emporte le 25 novembre 1962 avec 4 000 voix d’avance venues de la gauche.
Resté actif dans la vie politique municipale et disposant d’un fort crédit moral dans sa ville, Charles Dutheil conçoit, pour les élections municipales de 1965, la constitution d’une liste - dont il s’exclut lui-même-, liste de rassemblement anti-gaulliste (sans représentant du PSU ni du PCF) qui l’emporte, sous la conduite d’André Maury.
C’est à Millau que Charles Dutheil décède le 17 septembre 1970.

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