Charles-Emile Freppel

1827 - 1891

Informations générales
  • Né le 1er juin 1827 à Obernai (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 22 décembre 1891 à Angers (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 6 juin 1880 au 27 octobre 1881
Département
Finistère
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 9 novembre 1885
Département
Finistère
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 11 novembre 1889
Département
Finistère
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 22 décembre 1891
Département
Finistère
Groupe
Union des Droites

Biographies

Député depuis 1880, né à Obernai (Bas-Rhin) le 1er juin 1827, il fit ses études au petit et au grand séminaire de Strasbourg ; il fut reçu bachelier ès lettres, fut ordonné prêtre en 1850, et devint professeur au séminaire de Strasbourg puis professeur de philosophie à l'Ecole des Carmes à Paris, chapelain de Sainte-Geneviève, et, après avoir obtenu le grade de docteur en théologie, professeur d'éloquence sacrée à la faculté de théologie de Paris (1854)

Ses cours en Sorbonne furent très suivis ; il prêcha le carême aux Tuileries en 1862, fut nommé chanoine honoraire de Troyes, de Strasbourg, de Paris en 1864, et, en 1867, doyen du chapitre de Sainte-Geneviève.

Appelé par le pape à Rome, en 1869, pour les travaux préparatoires du Concile, il fut nommé (27 décembre suivant) à l'évêché d'Angers.

Pendant la guerre franco-allemande, il organisa des secours et des ambulances dans son palais épiscopal, protesta contre l'annexion de l'Alsace, sa patrie, à l'Allemagne, et opta pour la France.

Candidat aux élections complémentaires du 2 juillet 1871 à l'Assemblée nationale, dans le département de la Seine, il échoua avec 83 308 voix sur 290 823 votants. Cet échec ne l'éloigna pas de la politique militante vers laquelle l'entraînaient son tempérament de polémiste et un patriotisme très vif ; comme évêque, n'avait-il pas pris pour armes une abeille, avec la devise : Spontè favos, agrè spicula ? En décembre 1873, il attaqua dans un mandement « le roi de Piémont », anathématisa la Ligue de l'enseignement, et, recevant le maréchal de Mac-Mahon à Angers, l'invita à prêter son appui aux tentatives de restauration monarchique d'alors.

Après le vote de la loi sur l'enseignement supérieur, il créa à Angers une Université catholique.

En avril 1876, sur une question d'immeuble d'église, il excommunia le comte de Falloux (Voy. ce nom) ; mais le nonce du pape fit lever cet invraisemblable interdit.

L'évêque d'Angers entra au parlement lors de l'élection partielle nécessitée, dans la circonscription de Brest, par le décès de M. Monjaret de Kerjegu ; élu député, le 6 juin 1880, par 8 864 voix sur 13 045 votants et 16 907 inscrits, il siégea à droite, et prit une part des plus actives aux débats parlementaires ; il protesta (juillet 1880) contre la voie exécutive suivie de préférence à la voie judiciaire, dans l'application des décrets aux congrégations non autorisées ; combattit (novembre) la gratuité de l'instruction primaire au point de vue du gaspillage des finances communales ; tenta en vain de s'opposer (décembre) à l'application du droit de mutation aux biens des congrégations, et s'éleva, quelques jours après, contre l'instruction obligatoire, « inutile, inefficace, et tendant au socialisme d'Etat. »

En mai 1881, il demanda le rejet des articles de la nouvelle loi militaire imposant aux séminaristes l'obligation du service.

Réélu, le 21 août suivant, par 9 265 voix sur 12 554 votants et 17 205 inscrits, il monta fréquemment à la tribune, notamment pour combattre (juin 1882) le rétablissement du divorce, les exigences de la nouvelle loi sur l'enseignement secondaire, privé (juillet) et spécialement l'art. 10 relatif aux petits séminaires, l'inéligibilité absolue des ministres du culte aux fonctions municipales (février 1883), la désaffectation des immeubles communaux en dehors des prescriptions du Concordat (novembre).

Le 15 décembre, lors de la demande d'un crédit de 20 millions pour le Tonkin, l'évêque d'Angers se sépara résolument de la droite, et déclara qu'il voterait les crédits, parce que « les divergences politiques doivent s'effacer devant l'intérêt national, et que, quand le drapeau est engagé, Personne n'a plus à se demander quelles sont les mains qui le tiennent ». L'orateur fut à cette occasion vivement applaudi à gauche.

Il vota de même (juin 1884) les crédits demandés pour Madagascar, parla contre la loi sur les récidivistes (mai 1885), en faveur du traité de Tien-Tsin avec la Chine (juin), et continua de voter, avec la gauche opportuniste, les crédits demandés pour le Tonkin (décembre).

Il avait été réélu député le 14 octobre précédent, sur la liste conservatrice du Finistère, le 2e sur 10, par 61 551 voix sur 121 966 votants et 167 617 inscrits.

La session de 1886 le vit reparaître à la tribune, pour soutenir la demande d'amnistie (février); pour proposer un amendement (qui fut repoussé) à la loi sur la liberté des funérailles ; pour interpeller (11 mars) le ministre Goblet sur la suppression de près de deux mille vicariats ; pour combattre (octobre) la loi d'organisation de l'enseignement primaire ; pour reprocher au gouvernement (octobre) son manque d'énergie à Madagascar. En janvier 1887, il parla en faveur de l'allègement des programmes scolaires, et il demanda, en juin, l'ajournement de la loi militaire, en se fondant « sur l'état de trouble où se trouvait l'Europe » (rejeté par 414 voix contre 54). Sur la même loi, il fit adopter (19 janvier 1889), par 295 voix contre 231, un amendement assimilant aux professeurs, en temps de guerre, les curés de paroisses et les aumôniers des lycées ; le 9 avril suivant, il combattit vivement le projet de loi organisant le Sénat en Haute Cour de justice pour juger le général Boulanger, L'évêque d'Angers prit en outre la parole dans un grand nombre de débats moins importants, car un biographe constate que, de 1883 à 1889 seulement, il prononça à la tribune cent vingt discours.

Dans la dernière session, Mgr Freppel a voté :
- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- contre les poursuites contre le général Boulanger.

Chevalier de la Légion d'honneur (1868), officier de l'Université (1869).

On a de lui :
- les Pères apostoliques (1859),
- Les Apologistes chrétiens au deuxième siècle (1860),
- Saint Irénée et l'éloquence chrétienne dans la Gaule aux deux premiers siècles (1861),
- Examen critique de la « Vie de Jésus » de M. Renan (1863), etc.

La Révolution française à propos du centenaire de 1789 (1889).

Né le 1er juin 1827 à Obernai (Bas-Rhin), mort le 22 décembre 1891 à Angers (Maine-et-Loire).

Député du Finistère de 1880 à 1891.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III. p. 66.)

Réélu le 22 septembre 1889 par 11.506 voix sur 17.280 inscrits et 12.132 suffrages exprimés, Mgr Freppel continue à participer activement à la vie parlementaire, défendant avec véhémence l'enseignement religieux et les prérogatives de l'Eglise ainsi que la colonisation.

Il décède le 22 décembre 1891 à Angers (Maine-et-Loire)


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