Charles, Francisque Germain

1909 - 1979

Informations générales
  • Né le 4 novembre 1909 à Villefranche-sur-saône (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 14 avril 1979 à Villefranche-sur-saône (Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Rhône
Groupe
Centre démocratique

Biographies

Biographie de la Ve République

GERMAIN (Charles)
Né le 4 novembre 1909 à Villefranche-sur-Saône (Rhône)
Décédé le 14 novembre 1979 à Villefranche-sur-Saône

Député du Rhône de 1962 à 1967.


Né le 4 novembre 1909 à Villefranche-sur-Saône, Charles Germain lie intimement son destin professionnel comme son destin politique à sa ville natale. Diplômé du brevet d’Etat d’électro-mécanique de l’école d’électricité de Voiron, il y hérite de son père la direction d’une petite entreprise d’électricité, qu’il assume pendant 37 ans. Titulaire d’un brevet de mécanicien avion, il fait son service militaire au 37e régiment d’aviation au Maroc et, de retour en France, passe son brevet de pilote. Son ancrage local lui permet de déployer, tout au long de sa carrière, une intense activité associative : en 1962, il préside le syndicat des eaux de l’Ouest de Villefranche, l’Union des artisans des petits patrons, commerçants et artisans et l’Aéro-club de Villefranche, tout en occupant les fonctions d’administrateur du marché-gare de Lyon.

Servant pendant la campagne militaire de 1939-40 dans la chasse, Charles Germain n’entre en politique que dans les années de l’après-guerre. En 1951, il est élu conseiller général de Villefranche-Ouest : il conserve ce poste jusqu’en 1976, occupant lors de son dernier mandat la vice-présidence du conseil général du Rhône. Deux ans plus tard, à l’occasion des élections de 1953, il entre au conseil municipal de Villefranche-sur-Saône, dont il devient maire en 1959, pour le rester jusqu’en 1977.

Charles Germain est donc de ces élus qui lient leur destin à celui d’une ville, et c’est armé de très fortes positions locales qu’il s’attache à conquérir un mandat de député à l’occasion des élections de 1962. Il est à noter qu’il n’appartient à aucun parti national : il revendique ainsi son refus de se prononcer à l’occasion du référendum sur la réforme constitutionnelle du 28 octobre 1962, « en dépit des invitations et des pressions reçues de la droite comme de la gauche ». Cet « apolitisme » est placé au cœur de sa campagne législative de 1962 : Charles Germain se présente comme un homme « au service de tous », qui prodigue conseils et appuis « sans se soucier de l’appartenance politique », et qui a pour seul objectif « l’intérêt permanent de sa région beaujolaise » et l’édification du « grand Villefranche ». Sa campagne reste centrée sur les questions locales : en dehors de ses plaidoyers en faveur d’une « Europe unie », d’une ouverture accrue des responsabilités aux « jeunes », et de son refus de toute « opposition » entre villes et campagnes, ses prises de positions sur les questions nationales (« lutte contre le chômage par une politique de plein emploi, assurant à chacun un revenu suffisant ») ne permettent guère de le classer politiquement.

L’élection montre la suprématie, dans cette circonscription, des représentants des « petits partis ». Le député sortant, Louis Bréchard, membre du Centre national des indépendants (CNI), arrivé en troisième position au premier tour, est éliminé, tout comme les représentants du Parti communiste et de l’Union pour la nouvelle République (UNR). Le second tour oppose donc Charles Germain au radical Joseph Rosselli, ancien proche d’Edouard Herriot, qui compte 3000 voix de retard au soir du premier tour. Les reports s’effectuent moins bien des voix CNI et UNR vers Charles Germain que des voix communistes vers Joseph Rosselli, mais les réserves des deux candidats sont inégales : devenu de fait le candidat d’union de la droite, Charles Germain est élu au second tour avec près de 4000 voix d’avance sur son concurrent. Une fois élu, Charles Germain s’apparente au groupe du Centre Démocrate, et rejoint la commission de la production et des échanges. Il s’investit peu dans la part la plus visible du travail parlementaire : aucune intervention en séance publique, aucun rapport, aucune proposition de loi en cinq années de mandat. En revanche, il met sans doute à profit sa position pour défendre activement les intérêts de ses administrés, comme il le revendique lors de sa campagne de 1967. Symboliquement, durant ses années de député, il n’a pas de résidence permanente à Paris.

Néanmoins, ce positionnement centriste de Charles Germain souffre de la « politisation » plus importante des élections législatives de 1967, dans un champ politique bipolarisé. Candidat « Ve République », il est battu par le radical Joseph Rosselli, qui, prenant sa revanche de 1962, bénéficie notamment d’un fort report des voix communistes dans la dynamique de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS).

L’exercice du mandat national n’a finalement constitué qu’une parenthèse dans la vie politique de Charles Germain, avant tout mise au service de sa ville de Villefranche-sur-Saône. Cette parenthèse lui est permise par la spécificité politique de cette région du Beaujolais qui, à l’écart de Lyon, se refusera longtemps aux « partis nationaux » pour constituer un bastion de candidats centristes, indépendants ou radicaux.

Après avoir exercé ses mandats locaux jusqu’aux dernières années de sa vie, Charles Germain décède le 14 novembre 1979. Père de quatre filles, il était chevalier de la Légion d’honneur.