Raymond Gernez

1906 - 1991

Informations générales
  • Né le 27 novembre 1906 à Avesnes-lez-aubert (Nord - France)
  • Décédé le 13 décembre 1991 à Cambrai (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Nord
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Nord
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 27 novembre 1906 à Avesne-lez-Aubert (Nord).

Député du Nord de 1936 à 1942.

Né à Avesnes en 1906, dans une famille de condition sociale modeste, Raymond Gernez quitte l'école assez rapidement pour apprendre le métier d'ébéniste qu'il exerça avec autant de goût que de talent.

Très vite il s'intéressa à la politique et s'inscrivit au parti socialiste (S.F.I.O.).

Secrétaire de section du parti, puis élu conseiller d'arrondissement, ses qualités de « militant ardent et propagandiste infatigable », selon ses camarades du parti, le firent choisir en 1936 comme candidat du parti S.F.I.O. pour la 1re circonscription de Cambrai (Nord).

Le 26 avril 1936, au premier tour, M. Gernez se plaçait avec 6.702 voix derrière le candidat radical, M. Deltour (11.288 voix) mais devant le candidat communiste M. Glay (4.486 voix) et M. Moithy (2.291 voix), disciple de Camille Pelletan, sur 25.800 votants et 28.603 inscrits. Au second tour, le 3 mai 1936, il était élu grâce au désistement communiste par 13.375 voix contre 12.382 pour M. Deltour et 273 voix pour des candidats divers.

A la Chambre des députés, il fit partie des commissions de l'Algérie, des colonies et du commerce et industrie en 1936, puis aussi de la commission de l'aéronautique en 1938.

Il intervint le 24 février 1938 en qualité de rapporteur pour avis à la commission du commerce et de l'industrie sur le projet de loi modifiant les conventions collectives du travail.

Le 10 juillet 1940, il vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.



Né le 27 novembre 1906 à Avesnes-les-Aubert (Nord)

Décédé le 13 février 1991 à Cambrai (Nord)

Député du Nord de 1936 à 1942

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Nord) Député du Nord de 1946 à 1958

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1826)

Démobilisé le 11 juillet 1940, avec le grade de sous-lieutenant de réserve, Raymond Gemez entre dans la Résistance dès le mois de juillet 1940. Il y déploie une activité intense, luttant efficacement contre le STO, organisant les actions de résistance dans la région de Saint Etienne et dirigeant les opérations de sabotage dans le Nord. Membre du réseau « Brutus », il est également responsable de presse clandestine en zone sud.

Appelé au commandement militaire du corps franc de la région de la vallée des Baux, il apporte, par son intervention judicieuse, un concours essentiel à l'entrée des troupes alliées dans cette région.

Cette brillante et courageuse participation aux combats de la Résistance est rappelée dans la citation accompagnant sa nomination au grade de Chevalier de la Légion d'honneur, à titre militaire (1948). Elle lui vaut également la médaille de la résistance avec Rosette (1946), la croix de guerre avec palmes (1948) et la croix du combattant volontaire de la Résistance (1953)

Promu au grade de lieutenant (1944), de capitaine (1947), puis de chef de bataillon (1957), il est admis à l'honorariat de son grade en 1965.

Raymond Gemez se présente aux élections à la première Assemblée nationale constituante, le 21 octobre 1945, dans le département du Nord (3e circonscription). Il figure en deuxième position, derrière l'ancien ministre Eugène Thomas, sur la liste SFIO qui recueille 133 674 voix sur 430 182 suffrages exprimés. Trois des neuf sièges de la circonscription sont attribués à cette liste. Raymond Gemez est donc élu, ainsi qu'Eugène Thomas et Madeleine Léo Lagrange. La liste du Parti communiste recueille 159 623 suffrages et obtient quatre sièges. les deux sièges restants vont à la liste MRP qui a recueille 87 396 suffrages. Les listes Union des Républicains (37 286 suffrages), Radical-socialiste (7 823 suffrages) et UDSR (4 380 suffrages) n'ont pas d'élus.

Raymond Gemez siège à la commission de la reconstruction et des dommages de guerre.

Lors des élections à la seconde Assemblée nationale constituante, le 2 juin 1946, il figure encore en deuxième position sur la liste SFIO, toujours conduite par Eugène Thomas. Il est l'un des trois élus à cette liste, qui recueille 126 770 voix sur 439 159 suffrages exprimés. La liste du Parti communiste avec 153 590 suffrages obtient également trois sièges, celle du MRP (107 795 voix) emporte deux sièges, le neuvième siège de la circonscription étant attribué à la liste de l'Union des républicains du Nord (41 040 voix). La liste RGR qui recueille 9 965 suffrages, n'a pas d'élu.

Raymond Gernez retrouve son siège à la commission de la reconstruction et des dommages de guerre.

Il est réélu député du Nord aux élections générales du 10 novembre 1946 (première législature de l'Assemblée nationale), de nouveau en deuxième position sur la liste SFIO qui réunit 110 977 voix sur 435 161 suffrages exprimés et a deux élus. La liste du Parti communiste (160 074 voix) a quatre élus, celle du MRP (76 202 voix), deux élus et a liste de l'Union des républicains et du rassemblement gaulliste (87 908 voix) emporte également deux sièges, le nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription étant passé de neuf à dix.

Raymond Gernez est nommé membre de la commission de la reconstruction et des dommages de guerre, de la commission du travail et de la sécurité sociale, de la commission du ravitaillement et de la commission de la production industrielle.

Nommé à trois reprises juré de la Haute cour de justice, il y est désigné en qualité de juge suppléant, le 11 mars 1947.

Son activité parlementaire témoigne à la fois de son souci des problèmes concernant sa circonscription et de l'intérêt qu'il porte aux anciens combattants de la guerre et de la Résistance.

C'est ainsi qu'il dépose, le 25 février 1948, une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à accorder un secours d'urgence aux victimes de la catastrophe de chemin de fer de Thumeries (Nord), et, le 25 juillet 1950, une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à mettre une somme de cinq milliards à la disposition de la région du Cambrésis ravagée par la tornade du 21 juillet 1950. Il prend également part à la discussion d'une proposition de loi relative à l'imposition des tisseurs à domicile, particulièrement nombreux dans le département du Nord (mai 1950).

Le 2 novembre 1950, il dépose une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à autoriser le port de la médaille des engagés volontaires aux membres des Forces françaises de l'intérieur et aux membres des Forces françaises combattantes engagées pour la durée de la guerre.

Raymond Gemez sollicite à nouveau les suffrages des électeurs de la 3e circonscription du Nord, lors des élections législatives du 17 juin 1951. Conservant la deuxième place derrière Eugène Thomas, sur la liste SFIO qui recueille 105 348 voix sur 440 256 suffrages exprimés, le jeu des apparentements entre les listes SFIO, RGR, MRP et Indépendants-paysans, qui recueillent au total 177 574 voix, vaut au trois premiers de la liste d'être élus. Parmi les autres listes apparentées, seule celle du MRP emporte un siège avec 50 217 voix, la liste Indépendants-paysans et la liste RGR obtenant respectivement 120 985 et 9 024 voix. La liste du Parti communiste, avec 163 809 voix, a quatre élus et la liste RPF (97 351 voix) deux élus.

Raymond Gemez est nommé membre de la commission de la reconstruction et des dommages de guerre. Le 21 novembre 1951, il dépose, au nom de cette commission, un rapport sur la proposition de résolution de plusieurs députés tendant à inviter le Gouvernement à passer avec le Gouvernement belge, une convention de réciprocité concernant les dommages mobiliers et immobiliers provoqués par la guerre aux ressortissants français habitant la Belgique et aux ressortissants belges habitant la France.

Le 20 mai 1952, il dépose une proposition de loi tendant à compléter l'article 22 de la loi de finances du 24 mai 1951 pour l'extension aux ventes de bière de la taxe unique.

Le 3 mai 1955, il interpelle la Gouvernement sur les incidents électoraux du Nord.

Raymond Gemez est renouvelé dans son siège de député, aux élections législative du 2 février 1956. Il occupe encore la deuxième place, sur la liste SFIO conduite par Eugène Thomas. Des apparentements ont cette fois, été conclus entre les listes SFIO et Radical-socialiste qui recueillent respectivement 114 601 et 41 482 voix sur 485 909 suffrages exprimés. L'application de la règle de la représentation proportionnelle entraîne l'attribution de trois sièges à la liste SFIO et d'un siège à la liste Radical-socialiste. La liste du Parti communiste emporte à nouveau quatre sièges, avec 181 593 voix, celles du MRP et des Indépendants-paysans ont chacun un élu, obtenant respectivement 47 329 et 60 130 voix. Enfin, la liste d'Union et de fraternité française présentée par Pierre Poujade, recueille 38 982 voix et n'a pas d'élu.

Raymond Gemez est à nouveau nommé membre de la commission de la reconstruction des dommages de guerre et du logement.

Le 1" juin 1958, il vote la confiance au général de Gaulle, et le 2 juin, les pleins pouvoirs.

Parallèlement à son mandat national, Raymond Gemez a été élu maire de Cambrai en 1945 et à conservé ces fonctions jusqu'en 1977. Il s'est attaché avec succès à la reconstruction de sa ville, sinistrée à 56 °o, faisant preuve de grandes qualités d'administrateur.

Il a également exercé les responsabilités de conseiller général du canton de Cambrai-Ouest de 1945 à 1951.

Sous la Ve République, aux élections de novembre 1958, Raymond Gemez est réélu député dans la 16e circonscription du Nord (Cambrai). Il conserve son mandat lors des renouvellements de 1962, 1967 et 1968.

Raymond Gemez a été promu officier de la légion d'honneur, à titre militaire le 2 décembre 1958.

Il était également titulaire de la Médaille d'or de l'éducation physique.

Il a publié plusieurs ouvrages qui reflètent ses préoccupations politiques et son souci du respect des libertés et de la démocratie (Les responsables de la défaite, Socialistes et communistes peuvent-ils s'unir ?, Les saboteurs du redressement français, Preuves, Le Parti communiste et l'Algérie, Laïcité, source de liberté et de paix, rempart contre la dictature).

Il meurt à Cambrai le 13 février 1991.



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